Le besoin de la souffrance de l’autre!

Filed Under (Ex-Ivrogneries) by Exivrogne on 27-11-2007

Vous le savez peut-être pas alors je vais pas prendre de chance et vous le dire tout de suite:  la famille de l’alcoolique et du toxicomane est aussi malade que celui qu’elle tente ou dit tenter d’aider.  Je vais aller plus loin puisque vous semblez pas vous remuer:  la famille de l’alcoolique ou du toxicomane participe bien souvent à catalyser le comportement de l’alcoolique ou du toxicomane.  Je vais pousser un peu, juste un peu plus loin, en vous disant que la famille de l’alcoolique ou du toxicomane a parfois besoin de la maladie de l’alcoolisme pour garder un semblant d’équilibre.  Voilà? Vous êtes encore des nôtres? Alors on va s’amuser un peu.

J’aime à comparer la famille à un mobile.  Vous savez, ce truc qui tient en équilibre avec des poids retenus par des ficelles à des bouts de bois.  La famille est un système qui est tout à fait comparable à ce mobile.  Or, malgré l’alcoolisme actif de l’un de ces membres, le mobile peut bouger bien sûr, mais le système demeure tout de même dans un équilibre relatif, apparent.  L’un se sert de l’alcoolisme de l’autre pour cacher son sentiment d’échec, l’autre pour se mettre en valeur en rapport à l’alcoolique ou au toxicomane.  L’autre sera le sauveur, prenant sa valeur dans ses tentatives de tirer d’affaires notre ivrogne tandis que certains membres de la famille en profiteront pour tout simplement passer incognitos. 

Ce sytème, notre mobile, peut fonctionner en fait tant et autant que tous les morceaux demeurent bien en place.  Souvent, le couple réussira tant bien que mal à survivre à l’alcoolisme de son enfant.  Les parents ainsi centrés sur la “maladie” de l’enfant alcoolique ou toxicomane pourront ainsi mieux s’écarter de l’affection qu’ils seraient sinon peut-être incapable de se donner.  Or, tout le système peut survivre assez bien jusqu’à temps que… l’alcoolique ou le toxicomane décide de cesser de consommer.

On retire alors du mobile, du système, un point d’équilibre autour duquel gravitaient tout le système familial, avec plus ou moins d’authenticité.  L’alcoolique ou le toxicomane en cure laisse derrière lui un mobile déséquilibré.  Les rôles de chacun sont à se redéfinir, le sauveur n’a plus de victime, le persécuteur non plus d’ailleurs, nos parents font face aux silences de l’autre, à l’absence de mission, les frères, les amis, les soeurs, les proches, cherchent par quoi se définir.  L’échec de l’autre n’étant plus, confronté maintenant à sa propre évaluation selon une juste échelle, la tâche est autrement plus lourde.  Qu’arrive-t’il alors?  On réincarne l’alcoolique d’abord… ce sera le sujet du billet de demain… amusez-vous en attendant à dire que je suis dans le champs. C’est comme ça que je vous aime, dans mon mobile!

Me suis rallumé un clou

Filed Under (Ex-Ivrogneries) by Exivrogne on 23-11-2007

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Vous avez pas besoin de savoir comment il s’appelle.  Vous avez surtout besoin de savoir qu’il a 63 ans, qu’il a le corps pas plus gras que les années qui restent, qu’il a le dos qui courbent, pas juste sous les ans, aussi sous les coups de la vie, sous le courage qui quitte et qui est remplacé par quelque désespoir.

 

Je prends la clope avec lui tous les matins.  Alors il me parle de sa femme.  Je vous en parlerai un jour aussi, je vous dirai qu’elle en est à son 3ième cancer, autant de rémission, la maladie vient de lui donner un coup de rame à elle aussi, dans les reins, elle en a laissé un sur la table d’opération.  Il est dans une poubelle quelque part, avec les rêves de la vieille dame.

 

Alors souvent son vieux il me raconte comment elle va, il me dit qu’elle demande de mes nouvelles, qu’elle a apprécié la tourtière qu’on lui a cuisinée, qu’elle voudrait bien qu’on aille prendre un café, qu’elle aime bien me voir la bouille, qu’elle trouve que je suis drôle, que je suis gentil, que je me débrouille bien, elle trouve ce que trouvent ceux qui me connaissent bien peu.

Puis ça me rappelle ma grand-mère tout ça, partie avec le vent du matin qui emporte ceux qui font pas 80 livres, puis je tourne le regard vers le patron qui part, en jetant sa clope, qui marche le vent dans la face, les mains dans les poches, qui se retournent à mi-chemin en se rappelant l’arrivée de la fin du sien, qui me regarde les yeux plissés et qui me dit « Mon voisin qui avait le cancer, l’est mort hier! ».

 

Me suis rallumé un clou.

Entre la blonde et le patron!

Filed Under (Ex-Ivrogneries) by Exivrogne on 23-11-2007

Je dois la remercier pour les fois où elle trouve les mots…  Bon, c’est d’ailleurs presque dans le même ordre d’idée, c’est les discussions que je tiens au bureau, avec mon patron, quand on se fume la clope dehors et que j’aime à voir s’il écoute, j’aime à voir s’il entend, j’aime à savoir s’il est mentalement présent.

-  Comment ça peut te prendre de temps l’Ivrogne à pelleter ta cour à la maison dans une tempête pareil? qu’il me demande.

-  Bah! Ça prend au moins deux bonnes heures à ma femme, pas loin de ça…

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On a une grande entrée mais on a pas de place où mettre la neige, on la partage avec deux lâches qui utilisent jamais la pelle, c’était pareil l’an passée.  Cette année j’ai décidé de contre-attaquer.  J’ai envoyé un de ces monstres de tracteurs, un énorme engin, qui… passe parfaitement entre les deux voitures de mes voisins.  Il a juste fait ma trace à moi.  Il est entré dans les 25 cms de neige, sans peur de faire des jaloux, il a tout poussé plus loin, il a reculé une dernière fois, soufflant en moins dde 5 minutes le tout dans la cour arrière.  Les autres? Z’en ont au moins pour une heure à pelleter.  C’est la rançon de ceux qui me font chier l’année d’avant!

Parce que l’année passée, je vous le jure, chaque jour, j’ai pelleté ma place et celle du voisin.  Il est jamais sorti une seule fois pour aider.  Rien, Niet, Nada.  J’allais même jusqu’à faire un chemin vers sa boîte aux lettres pour le facteur.  Jamais il a levé le petit doigt.  Cette année j’ai interdit les abris tempo dans la cour, je suis en guerre.  J’ai un tracteur gros comme un monstre, gros comme je suis lâche aussi, quand je reviens de travailler.

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-  C’est fou comment ma femme est en feu ces jours-ci patron! que je lui dis.

-  Ah oui l’Ivrogne, comment ça?

-  Elle a fait ci, puis ça!

-  Tu devais être content en christ l’Ivrogne!

-  Ouep, je lui ai laissé mon corps pour la remercier!  Me suis placé sur le dos et hop, voilà pour la gâtée!

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Dans ce temps-là il me regarde juste un peu bizarrement, jamais trop certain si je suis sérieux ou non.  J’aime à le dérouter, même que parfois, quand il se plante devant mon bureau, je prends le téléphone et j’appelle ma femme:

-  Chérie, va donc pelleter au lieu de rien foutre s’il-te-plaît!

Si vous pouviez lui voir la tronche.

Amy Winehouse et votre amour du déclin

Filed Under (Ex-Ivrogneries) by Exivrogne on 22-11-2007

C’est parce que vous refusez de vous souvenir des meilleurs moments, c’est parce que vous avez un drôle de penchant à préférer les gens quand ils sont au mauvais tournant de leur vie, c’est parce que toutes ces raisons que vous contribuez à ce que mon blogue soit de plus en plus populaire… et c’est ce qui est souvent triste.  Peu de gens ont eu autant de succès que Amy Winehouse l’an passé.  Peu de gens ont aussi eu à composer avec autant de génie.  Peu de gens ont finalement en eux ce gène de l’alcoolisme et de la toxicomanie qui vient hanter autant le bonheur que le malheur de certains.  Mais voilà, pour vous punir, je vous laisse ce vidéo, question de pas oublier le talent qui veille, quelque part en elle, derrière la brume de l’ivrognerie.  En attendant qu’elle revienne, dans le bonheur, plutôt que le “back to black!”
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Généreux et paresseux, au choix

Filed Under (Ex-Ivrogneries) by Exivrogne on 20-11-2007

Un billet généreux ou paresseux ce matin? Suggérer des lectures est un mélange des deux…  J’aime les blogues parce qu’ils présentent parfois de ces bijoux de texte, celui-ci en est un. Je vous file un extrait mais vous n’avez pas le droit de ne pas aller le lire en entier. Vous vous priveriez alors de quelqu’un que j’avais oublié de retourner lire… plein de génie! Et hop dans le blogroll du coup!

La recette est simple : dans un endroit public, n’importe lequel, au centre-ville de Montréal ou dans le village le plus reculé, peignez un grand mur blanc, puis allez patienter en prenant un verre ou trois dans un débit à votre goût.

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Je vous ai parlé de ma haine de novembre… un texte pour le faire plus beau… l’extrait suivant se trouve en entier ici… Un autre dans le blogroll…

“Alors, je voulais te dire merci. Merci pour ta patiente. Merci pour ta compréhension. Merci d’avoir su adapter ta conduite à l’état de ma route. Merci aussi de ne pas avoir cédé, de ne pas avoir été complaisant toutes ces années durant. D’avoir su et d’avoir eu le courage de faire comme si tu ne savais pas. Merci d’être passé par dessus tout ça.

D’avoir supporté mes regards larmoyants et mes soupirs de tragédienne; mes coups de folie et mes envies impulsives.”

Ex-Ivrogne, à sec! is using WP-Gravatar