Quand vous êtes un ex-ivrogne, il y a tout un tas de gens qui s’ interrogent sur tout un tas de trucs à votre sujet. C’est souvent sous toutes les formes de questions, qui vont de celles franchement indiscrètes jusqu’ à celles qui ne sont pas plus brillantes mais envoyées avec plus de délicatesse. Ce qui frappe, c’est les deux extrêmes dans lesquels se balladent les intéressés.
- Ah ouin! Tu peux pus boire pantoute!
- C’est ça, je prends des pilules d’hydratation et ça m’immunise contre les stupidités! Voilà, t’as tout compris! Je consomme plus rien d’alcoolisé!
- Faque tu prends même pas de la .5%?
- Ah ben oui, ça c’est correct, c’comme quelqu’un d’allergique au chat, il est pas allergique aux chatons tsé! Non je risque pas!
- Il arriverait quoi mettons?
- Je sais pas hein? Poser des questions niaiseuses sans m’en rendre compte? Ben ce serait comme pour toi mais avec le risque que ça dure plus longtemps!
- Ça doit être difficile hein!
- Ça dépend à quelle genre de maudite discussion niaiseuse tu dois t’en tenir! Non, avec le temps, on apprend à gérer notre intolérance!
- Mais tsé, il arriverait quoi mettons…
- J’aurais peut-être le courage de te demander de changer de christ de sujet! J’ai pas trop envie d’y penser!
- Mais ta femme elle te boit pas dans la face!
- C’est ça, pis profites-en donc pour décoller ton haleine de vino de trop proche de mon nez! Ma femme fait ce qu’elle veut, c’est moi qui a le trouble tsé!
- Ça te manques-tu des fois?
- Tu peux pas savoir combien en ce moment, Maria Callas chanterait toutes mes colonnes de son, combien je prendrais une grande page blanche, combien j’écrirais à mon fils qu’il me manque, combien je parlerais de ce que je cherche autour et en dedans, combien j’en profiterais pour me verser un rouge capiteux, me planter le nez dans le ballon quand l’alcool glisse sur ses pentes, et combien je tenterais de me dire, une minute ou deux, que je m’aime encore.
- Ben là…
C’est ça, je sais pas vous mais, je pose plus les questions que je sais pas accueillir les réponses.