Par la bouche d’une autre!
Filed Under (La vie ensuite) by Exivrogne on 30-12-2007
Tiens je vais vous le dire. Pour pas boire, un ivrogne, ça doit donner un grand coup de pied dans sa façon traditionnelle de gérer la vie et tout ce qui va avec. Les plus chiants ont l’habitude de parler d’un mode de vie, c’est la façon la plus efficace d’ailleurs de faire fuir celui qui vient vous demander de l’aide remarquez bien. Alors je vais pas faire comme si et prendre cette expression, je vais me contenter de vous parler de chambardement dans la façon de négocier les courbes de la vie, c’est pareil mais c’est moins sectaire me semble comme propos.
Tiens pour pas boire il me faut pas du tout me mettre à en vouloir à quelqu’un. C’est ce qui fait que j’ai parfois l’air d’un tapis de porte sur lequel s’ essuiera les pieds mon ex mais il n’en est rien. C’est au contraire le seul moyen de cesser de lui donner l’ultime contrôle sur ma personne, celui qu’elle a quand je suis tellement en hostie que je vais en virer une, celle-là même qui amène toujours l’argument préféré de l’entourage de l’ivrogne: “Je te l’avais dit que ça allait pas durer!”
En plus de pas en vouloir à personne, j’ai aussi à faire un pas de plus que celui qu’on me demande, puis un pas de plus que celui que je me demande, aussi. C’est ce qui fait que j’ai parfois l’air d’un tapis de porte à garder silence plus longtemps qu’on s’y attend, plus longtemps que je me le demande au départ, plus longtemps que juge raisonnable d’ailleur le commun des mortels.
En plus de ça, je dois aussi faire le contraire de ce que je pense, encore aujourd’hui. Les vieilles idées sont jamais loins, les vieilles solutions non plus. J’aime à me rappeler 2003, j’aime à me dire que cette année là, depuis ma naissance, l’ensemble, la somme de mes bonnes idées, m’ont toutes mené vers le mur que j’ai frappé à 250 km|h des émotions. Maintenant, quand il me prend une idée, spécialement si je me dis que c’en est une maudite bonne, la meilleure, c’est là que je fais le contraire.
Me rappeler, finalement, qu’après 33 ans à foutre la merde, je suis pas certains d’en avoir autant pour réparer le tout. Alors je m’y occupe, dès que j’y pense, dès que je surmonte cette drôle de paresse qui est jamais plus loin de celle du chat bien évaché sur le rebord de la fenêtre à regarder les autres d’agiter.
Comment on le vit au quotidien? Voici une chic mise en situation!
Votre voisine fait fi de toutes vos paroles et continue de mettre la neige, de la taper du mieux qu’elle le peut, dans votre entrée qui mène au stationnement. Elle se stationne bien devant la sortie de votre chemin bien tapé et sous la neige question qu’il vous reste pas un pied entre le banc de neige et la voiture. Quel banc de neige? Celui que vous avez mis devant votre voiture pour faire chier personne, pour pas le mettre derrière, parce qu’en allant le porter vous empirer votre sentier déjà bien tapé qui mène à chez-vous. La même voisine qui le remplie en plus d’emplir le fort de neige de vos enfants. Comment fait l’ivrogne concrètement donc?
Dans ce temps-là il ferme sa gueule. Il prend ensuite quelques minutes pour dire à la fêlée qu’il va bientôt s’énerver. Il sort ensuite avec ses culottes de neige. Il se dit qu’il va pas pelleter un pouce de la neige de la voisine (il a une idée!), donc il fait le contraire! Il pellette donc derrière la voiture de la voisine, puis le tour, puis la neige devant ses marches, ensuite il regarde le putain d’énorme banc de neige devant sa voiture, 6′ par 6′ par 6′. Alors il le enlève bien la moitié, amenant tout derrière la maison, là où il se disait que ce serait bien de plus en avoir. Il le fait en tapant bien son sentier qui mène à chez-lui. La voisine sort, elle est en rogne, elle cherche un chaudron dans sa remise et en trouve pas. L’ivrogne a l’idée de lui en revirer un sur la tête mais alors il fait le contraire, il lui en offre un bien prêt, bien gros, tout lavé.
Puis elle jase un peu avec l’ivrogne, elle lui raconte qu’elle se fait un bien beau Noël, même mieux que les autres. C’est qu’avant, son mari, un ivrogne, il lui foutait des râclées, la dernière il y a dix-sept ans. Juste avant de se tirer une balle, il en avait d’autres pour les enfants mais il a eu une meilleure idée, les garder pour lui. Elle me racontait ça avec un truc dans la gorge, puis me demandait si je trouvais ça difficile, après toutes ces années. Na! que je lui ai dit. S’agit de faire le contraire de ce qu’on pense. Elle a semblé plus heureuse de repartir le chaudron dans les mains plutôt que sur la tête, et moi, pour finir l’année, mon Dieu à moi, ma grand-maman, est venue me parler par la bouche d’une autre femme.

Bon le fils il attend son nouveau petit frère, un tout neuf, un vrai de vrai. C’est prévu pour dans quelques jours. Sa mère a le ventre plein à craquer. Sa maman elle s’est refait un mec, il a été un beau-père extraordinaire pour mon fils, elle lui a fait tous les tests. Le premier pour pouvoir l’amener au lit, le deuxième pour être certaine qu’elle pouvait le faire sans rien pour empêcher une grossesse, le dernier pour s’assurer qu’il allait faire un bon père. Alors voilà, le nouveau Jules va être papa, mon fils demi-frère, beau-fils, fils de sa mère, bien assis dans sa troisième cellule familiale en presque autant d’années.