Vos désirs sont presque des ordres!
Version imprimable de ce billet
Classé sous (La vie ensuite) par Exivrogne le 16-02-2008
Ça va faire deux ans bientôt que je t’ai pas écrit un mot ma puce. Tu te souviens? Il y en avait partout, je t’en aurais fait des étoiles si mon cerveau avait pu les illuminer. C’était souvent la nuit, ou au petit matin, je les collais sur ton lit, pour que tu les vois quand t’allais plus me voir. D’ailleurs tiens! Ces jours-ci, j’ai la mémoire gentille, je me souviens le tout premier, c’était celui-là:
“Suis parti trouver plein de milliers de façons de plus devoir partir! Je t’embrasse!”
* * *
Tu t’es jamais trop posé la question qu’est-ce qu’il me fallait trouver pour arriver ici, dans vos deux vies. Pas mal de courage tu sauras. On affronte pas deux femmes le coeur à moitié. Il lui faut battre comme on est prêt à le faire, pour toutes les craintes et les espoirs, pour tous les démons tant qu’à faire. Ça les femmes aussi en ont plein les placards, souvent ceux que les hommes laissent derrière pour pas devoir les porter. C’est facile à savoir dans ce temps-là, il y a même pas de place pour une cravate.
Fallait pas trop déconner pour arriver à faire ensemble. Puis je savais bien que t’en avait pas trop à cirer que je traîne dans tes parages, toi c’était les papillons, une chute, des dessins, du McDo et aussi d’autres cossins. D’ailleurs c’est là qu’on a pris cette décision, ta mère en avait marre de travailler, moi je venais d’arriver, équipé comme un ivrogne, j’avais qu’une chose à donner, du temps. Le mien pour le sien, le mien pour le tien, le mien pour que ta mère t’en donne autant, juste qu’à en avoir trop.
Je te raconte pas la crainte du fils quand il a su que t’étais dans ma vie chaque jour. Il s’est demandé quelle place la chose allait lui laisser. Vous vous êtes reniflé un bout de temps, vous êtes dit que ce serait bien d’avoir l’air de vous apprécier, je t’ai même jamais raconté qu’il t’aime bien pour vrai, l’est con comme son père le fils. Il ferait toutes sortes de trucs débiles pour qu’on l’aime. Je sais ce que c’est, ça fait sauter à la corde, acheter des tas de trucs, prendre tout un tas de temps, ça fait même partir pour Québec, entre deux femmes.
* * *
S’il y a un truc qu’on est bien débiles de faire ma puce, nous les parents, c’est de vous expliquer comment et pourquoi on a divorcé. On est à vous dire qu’on ne s’entendait plus, que c’était mieux comme ça, qu’on s’aimait plus tellement, qu’on se voyait plus passer notre vie ensemble, que c’était la seule solution, malgré pas mal d’efforts. Dans ce temps-là, on s’imagine jamais que quand on couvre plus de cadeaux, quand on couvre de trop de cadeaux aussi, quand on est trop ou pas assez là, quand on sait plus quel nez de clown mettre pour faire rire encore la puce, dans ce temps-là, donc, on s’imagine jamais qu’elle nous dira, un soir à la table:
- J’aimerais ça que vous divorciez!
Je vais te filer un truc, je t’ai écouté, j’ai fait la moitié du chemin nécessaire pour y arriver hier. Je l’ai pas fait parce que toi, encore moins parce que nous, je l’ai fait parce que je me fais vieux, parce que j’en ai toujours un peu rêvé, parce que c’est la seule chose que je peux réussir et qui ne dépend que de moi, parce que c’est la seule chose qui compte, quand vous décidez égoïstement, un peu comme les grands, d’aller au plus facile plutôt qu’aimer. Ça a été difficile ce soir-là de vous dire que ce serait peut-être mieux de pas nous menacer d’un choix, que c’est jamais bon les flingues sur la nuque, en amour. Ça a été difficile hier, parce que depuis que j’y pensais, jamais j’avais imaginé que tu voulais la fin avant le début.
* * *
En passant je déteste parfois vous écrire à vous aussi, prenez comme maintenant, il me passe à l’esprit que peut-être dans les idées d’un con d’entre-nous, il va y avoir cette pensée que la demande d’hier était pour me protéger de cette situation, c’est aussi pour ça que je vous aime. Parce que je dois me souvenir que vous allez faire trop vite que comprendre. Ou alors, vous savez pas calculer vous!

non pas que le texte doit envier le titre, mais je l’aime bien ce titre avec cette nuance du “presque”. Je n’avais rien besoin de plus pour sourire en ce vendredi…simplement cette petite nuance.
J’aime bien varier dans le sexy des textes…
Ils font pas le combo divorce/mariage à 75% off dans les églises maintenant? Sinon j’vais déposer une patente là-dessus. Pis l’église de mon coin va se retrouver aussi pleine que le centre Bell… les soirs de pratique bien sûr!
Voilà, rien de trop beau pour plaire aux enfants! Ce qu’enfant veut, l’diable veut sti!
Cher Alcolo,
Amitiés
Les sentiments des humains sont une chose très compliquée.
Un “étranger”, quelle que soit sa bonne volonté, ne peut pas les comprendre.
Une statistique: la moitié des mariages finissent par un divorce. Corollaire: la moitié des mariages ne finissent pas par un divorce.
Le tout est de faire partie des mariages “qui résistent” dans les tempêtes de la vie.
Pourquoi Armand j’ai l’impression qu’effectivement, je suis à des milles d’avoir su me faire comprendre… souvent, je me déçois!
Cher Alcolo,
Je ne suis pas félé, mais un vieil Alzheimer.
Vu de l’autre côté de l’Atlantique, cela risque de sembler pire…
L’avantage est que je me fais des nouveaux amis chaque jour!
Amitiés
Mais non Armand, j’ai d’ailleurs ce précieux monopole de la mémoire qui quitte, j’ai même celui d’exprimer les choses pour qu’elles ne soient pas comprise, j’aime bien d’ailleurs si mes conneries peuvent chaque jour tomber dans l’oubli!
Ce texte ainsi que le précédent m’ont fait brailler comme un veau. Dur de se voir.
Bienvenue chez-nous Piteux, vous inquiétez pas, il nous arrive aussi de faire dans le joyeux!
Ah! la joie de la famille “jus d’orange”. Ici aussi, on vit ça, mais je dois avoir le cul béni, ça s’est tout de suite bien passé. D’autant que je suis tombée enceinte très vite, mais pour eux, merveilleuse merveille a toujours été leur soeur, pas leur demie, parole de l’adoe à 7 ans.
Y’a que merveille qui nous dit parfois qu’elle voudrait qu’on se sépare, parce qu’elle aimerait ça avoir deux maisons… comme tout le monde, qu’elle dit…
C’est jamais facile, apprivoiser une nouvelle rose…
Bah marie-josée, si nous deux on a réussi les amitiés interdites… rien d’impossible
Comme tu dis, Alcolo, comme tu dis
je voudrais savoir pourquoi dit-ont que ”le desir des femmes sont des odres
je veux savoir