Qu’est-ce que vous avez contre les mardis? [edit 19h19]**

Filed Under (La vie ensuite) by Exivrogne on 27-02-2008

mardi Bon! Si c’était les lundis, alors là je vous comprendrais. Enfin, peut-être pas davantage, parce que ça immunise pas contre la bêtise, m’enfin, si votre drôle de façon de faire se produisait plutôt le lundi, je serais plus enclin à vous pardonner. Mais voilà, c’est des mardis que je vous parle, et encore là, vous avez, sans faire exprès, tombé pratiquement dans le mille pour me perdre encore un peu.

Je sais que vous regardez pas trop vos statistiques, vous êtes le genre de libre-penseur qui aime à avoir son cercle d’une trentaine de lecteurs et Dieu vous garde d’en avoir plus, sinon l’envie de tout fermer pourrait vous prendre. Je sais, la popularité, c’est pas votre rayon. Même que j’arrive parfois à vous croire quand je vois les bêtises que vous écrivez*, j’aime à penser que vous le faites pour éloigner quelques semblables.

Mais voilà! Moi je regarde mes stats. C’est que je suis un ivrogne, donc par définition égocentrique, égoïste, narcissique, tout ce que le DSM-IV peut vous identifier comme travers, je sais l’avoir. Alors je regarde qu’est-ce que vous venez faire chez-moi, quels sont les billets qui vous ont fait me détester, les autres qui vous chavirent davantage, je regarde combien de tordus viennent se faire l’oeil et le nez dans mes affaires.

Vous avez un comportement presque constant en tant que lectorat… sauf le mardi. Qu’est-ce que vous faites le mardi pour avoir aussi peu envie de venir ici? C’est devenue une constante, une “tendance lourde” dirait La Presse Canadienne, c’est devenu un fait:  Les mardis, vous boudez les ivrognes. Après vous vous demandez qu’est-ce qu’ils ont à dépenser les derniers sous avant la paie du jeudi dans un bar les mercredis soirs!

P.S.: Vous seriez gentils de pas vous conduire de façon linéaire en pensant à la verticale, c’est-à-dire en pensant comme l’autre d’avant qui va commenter sans mettre votre grain de sel pour animer un peu ma pensée, parce que là, je pourrais me mettre à bouder mes commentaires du mercredis soirs, juste parce que c’est le mercredi!

* La fêlée me dit que je suis “rough” là, que vous pourriez vous sentir visés… vous allez quand même pas commencer à jouer les susceptibles, vous savez bien que je parle pas de vous, ni vous, ni vous, tsé!

* * [edit 19h19] Tel que discuté avec ce bon vieux Drew dans les commentaires de ce billet, je colle la preuve de mes bad tuesdays…

L’heure de la récré!

Filed Under (La vie ensuite) by Exivrogne on 27-02-2008

histoire Ce que j’aime avec l’écriture, c’est que ça va un peu dans tous les sens. Les mots sont des enfants mal élevés, je vous l’ai déjà raconté, les histoires c’est pire, c’est comme toute la classe qui part en récré, les histoires, ça courent dans tous les sens dès que ça voit un ballon.

Je vous l’écris souvent, j’aime à vous lire parce que dans vos écrits, dans ce que vous racontez quand votre garde est baissée, souvent dans mes commentaires que cette drôle de chose se produit, quand vous écrivez donc, vous échappez parfois une poésie qui me retourne le coeur.

“Dans ce cas, je suis rassurée: je vous aime assez.”

Si je n’avais qu’une seule raison de vous raconter tout un tas de trucs idiots que je sais mettre dans ma vie pour en orner parfois ce qu’elle a d’ennui, ce serait celle-là. Cette façon que vous avez, sans vous en rendre compte, de prouver que les mots qui habitent en vous font leur poésie à votre insu.

* * *

Quand les mots vont dans tous les sens, ils font pas ça tout seul. La lecture aime à faire pareil, les lecteurs aussi, on se retrouve comme ça furetant d’une adresse ou de l’autre, c’est jamais sans vous faire aller d’un côté ou de l’autre de l’Atlantique. C’est là que mes mots sont allés, il vous ont ramené ceci.

En plus de cette drôle d’idée que vous avez d’aimer faire des enfants, puisque vous y êtes pas arrivé tout seul, puisque la poésie qui vous brasse les tripes a trouvé preneur, alors je me ramasse aussi par là. Puis tout d’un coup, mes mots ont bien 6 heures qui les séparent, je me mets à perdre le soleil que je dois filer à ce couple qui le file ensuite aux enfants.

Ça m’amuse bien ces lecteurs outre-atlantique, moi qui suis tellement pas d’une plume internationale, sans Marie-Josée, j’aurais certainement pas fait plus loin que me noyer dès que mes orteils auraient touché l’eau. D’ailleurs on voit bien rien qu’à voir, la fêlée et moi, on a des histoires de 4 et demi. Heureusement, pour sauver de l’espace, on a mis nos coeurs ensemble, à la même place. Presque à l’abri des enfants.

Je sais pas si je vous l’ai dit, ce que j’aime avec les histoires, quand sonne la cloche de mes récrés, c’est qu’elles vont dans tous les sens, dès qu’elles voient un ballon.

* * *

Je suis allé voir Renart, l’ami, sa vie de plume elle est allée un peu aussi dans tous les sens, avec un autre de ses amis. Je vous dis pas ça parce que j’endosse tout de la sienne, je vous raconte même pas ça parce que je devrais le faire, je vous le raconte pour le courage du Renart. Je vous le raconte pour la rigueur de la chose.

Ce qui est amusant avec les idées, c’est qu’elles sont comme les mots et quelques pensées de cristal, si elles courent dans tous les sens, parfois elles se frappent, puis elles font plein de morceaux. Dans ce temps-là il faut bien ramasser, faut pas se couper les pieds sur les idées. Les idées, c’est utile pour marcher, enfin, pour savoir où aller.

Je vous raconte ça pour le geste de Renart, un geste courageux, presque autant que celui que j’ai eu de le mettre dans ma bloguoliste. Je vous raconte ça aussi parce que j’aime quand la vie me donne raison, je l’avais mis dans ma bloguoliste pour le courage, bien avant et surtout que pour l’orientation des idées. J’ai eu raison de le faire pour le courage. Parce que sinon, pour les idées, j’aurais les doigts enflés à force de me faire frapper dessus. Renart et moi, la vie nous place un peu en distance habituellement.

C’est amusant, je viens de terminer d’écrire ce truc, je dois maintenant placer les trois astérisques au dessus de ce bout de texte, je clique “aligner”, puis “centrer”… puis je relis l’histoire avec un sourire. J’aime la vie qui va dans tous les sens! Allez, à demain.

Comment ne pas faire boire un ivrogne dans un souper où ça entend bien picoler!

Filed Under (La vie ensuite) by Exivrogne on 27-02-2008

laguiole Je sais pas toujours quoi vous raconter. C’est d’ailleurs pas qui se passe rien. C’est souvent qu’il se passe beaucoup, trop en même temps. Ma pensée dans ce temps-là se défend, elle devient linéraire, elle déboule les idées comme des marches mal jaugées, elle en profite pour faire les coins ronds, vous en êtes capable aussi, je sais.

L’intellexuelle sait le faire aussi! D’ailleurs j’aime bien ceux qui se collent des étiquettes, c’est toujours brave ou un peu con les étiquettes, c’est même parfois comme l’humilité, c’est disparu de celui qui la porte dès qu’il se la colle au front. Mais bon, allez pas pensez que pour elle, c’est ce que je veux dire, elle est intellectuelle pour vrai, on le voit tout de suite au grand tour que prend la question. Pour reconnaître un intello d’ailleurs, remarquez la longueur des questions, inversement proportionnelle aux réponses. Les réponses c’est moche, c’est d’ailleurs à reprendre dès que c’est terminé.

Sa question je vous la file en tout petit, vous avez le droit d’aller la voir version “roman” dans la section du courrier du lecteur. Elle se demande en fait comment on peut faire pour picoler dans un souper quand on y a invité un ivrogne qui a décidé de plus l’être. Le reste autour de la question, c’est pour le malaise, dans ce temps-là, on met pas mal de mots.

Alors voilà… la réponse: on l’aime!

Je sais pas d’ailleurs intellex comment tu aimes tes amis. C’est jamais simple chez les intellectuels ces questions. Ce serait gaspiller pas mal de temps en se répondant tout de suite. Mais je vais te dire que chez moi, si je reçois un diabétique, j’évite de lui faire un forêt noir même si c’est son souper de fête.  Je suis pas en train d’oublier que t’aimerais bien que je parle d’étiquette, de tout le reste. Mais l’étiquette sans l’amour, la considération d’un ami, la politesse au pire, c’est donc, l’étiquette sans tout ça, une insulte au simplement.

L’étiquette dit que l’ivrogne devrait lui-même en s’assoyant retourner son verre pour indiquer dès les premières secondes qu’il n’entend pas boire. Mais ça évite jamais les imbécilités des autres autour qui faute de comprendre ce qui se passe, ont l’excellent idée de l’encourager à boire d’un chic “enwoueille donc, juste un! On va te tcheker!”  Ce genre là, on a envie de leur rouler un steak autour des mollets, de les envoyer jouer avec Brutus le chien boxer, en lui disant… “Enwoueille, on va te surveiller!”

M’enfin, l’étiquette passée, il reste l’ivrogne qu’on sait qu’il boit pas mais qu’il retourne pas son verre… ouin… Épreuve suprême pour ceux qui aiment à jouer les oenologues amateurs avec un limonadier Laguiole manche d’ébène vrille de teflon. Épreuve suprême mais l’ultime politesse. Ouvrir la bouteille, la mettre au centre de la table, dire aux gens: “Servez-vous”… Ça va vous changer de pas compétitionner d’enflure verbale autour du vin que vous buvez et vous permettre de parler d’autre chose que votre extraordinaire connaissance des vins même pas si unique que parfois vous me faites de la peine, ceux qui peuvent boire, de réserver sans pudeur à votre gosier.

J’aurais pas pu me permettre ce genre de texte avec tout le monde, c’est ce qui est beau des intellos, ils voient le charme entre les virgules, les mots, les pauses, tous les silences.

Un peu pour Véro, beaucoup pour la démocratie!

Filed Under (La vie ensuite, Vos bêtises!) by Exivrogne on 25-02-2008

sad_man Allez, je vous mets sur la touche, la réflexion vient un peu de ce mec, Russell Jacoby, il s’intéresse à la survie des intellectuels. Je vous indique aussi qu’il observe l’évolution de leur milieu de vie, du climat qui maintiendrait l’intellectuel en santé, lui assurant un réseau social propice à sa production et sa reproduction. Dans l’édition du journal Le Devoir aujourd’hui, en plus de parler du monsieur Jacoby, on se disait qu’il fallait bien aussi revenir au net. C’est ainsi qu’on achève donc le texte:

Certes, «Internet donne à quiconque aujourd’hui une sorte de chaire électronique». Les phénomènes comme les blogues, s’ils peuvent, dans un pays totalitaire, servir la liberté, ne font, dans les pays où il y a liberté d’expression, «qu’ajouter à la cacophonie». Tout le monde s’exprime, personne n’écoute. «Aujourd’hui, tout le monde est blogueur, mais où sont les lecteurs?» Dans les salons du livre, bientôt, c’est le lecteur qui sera assis derrière sa table et ce sont les auteurs qui feront la queue pour le rencontrer, ironise-t-il en référence à un dessin récent du New Yorker.

Pourquoi je vous amène ce truc ce soir? C’est pour un commentaire que je laissais à Véro de Bordeaux récemment, un commentaire où je lui affirmais qu’un ivrogne qui cesse de boire, ça doit continuer à payer la facture, cette facture c’est souvent le mépris qui va avec la condition de l’alcolo, sa maladie qui est jamais loin derrière la drôle d’idée que s’en font les gens. Tu te souviens Véro? Tiens, je te montre une de mes factures, en vidéo! Pourquoi je parle de démocratie? Parce qu’on a fait bien des efforts chez-nous pour démocratiser le net, on a réussi.

The Dark Side of l’Ivrogne

Filed Under (La vie ensuite) by Exivrogne on 25-02-2008

bigmac Retour de partie de pêche donc, tellement de poissons dans le coffre de la voiture qu’on a décidé de se faire un pit stop gastronomique. Je voyais rouge sur fond jaune, j’ai su reconnaître l’appel.

-  Êtes-vous prêt à commander?

* Non m’dame la lolita en polo bleu, j’aime bien me stationner dans une allée de drive-in devant un intercom pour le plaisir des dimanches soir…*

-  Oui oui! Un trio Big Mac!, d’entamer l’ivrogne.

-  Le breuvage monsieur?

-  Ok.

-  Le breuvage? de répéter lolita.

-  Coke.

-  Ensuite?

-  Un autre Big Mac, dix Mc Croquettes!

-  Ça va être tout?

-  Non non! Ma femme aussi va manger.  Une poutine et une Root Beer.

-  Ca va faire 22.30… avancez au guichet numéro un…

* * *

J’ai mal dormi cette nuit. Tourne d’un bord, tourne de l’autre, reflux gastrique, bouche sèche, le foie qui veut sortir de mon corps, j’en suis venu rapidement à la conclusion que je ne vais plus jamais faire confiance au café des cantines mobiles.

* * *

Discussion de voiture et conclusions d’un couple qui fait 1000kms aux deux semaines…

-  Chérie, j’aurais pu avaler un 20 piasse pis un deux pis ça aurait fait pareil! d’expliquer l’ivrogne à sa fêlée.

-  …

-  Et après 3 jours, j’aurais retrouvé mon argent.

* * *

L’ivrogne mange aussi, souvent le matin vers 10 heures, des bâtonnets épicés “Hot” de Jack Link’s. Cette viande sèche fait très mal en bouche.  Cette viande sèche très épicée est aussi moins agréable le soir, assis là où si j’avais mangé un 20 piasse et un 2 dollars, je l’ai aurais retrouvé.