Ma femme qui aide les siennes
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Classé sous (La vie ensuite) par Exivrogne le 08-03-2008
Je te souhaiterai pas bonne journée de la femme et tu sais pourquoi. Tu sais premièrement que moi, ce genre d’occasions, c’est un peu comme te reléguer à une cause. C’est jamais loin d’un ghetto que d’insérer l’existence d’un être humain dans une journée mondiale. C’est se dire qu’il faut s’obliger à y penser au moins une fois, plusieurs qu’une fois, plusieurs même pas.
Mais si jamais tu y tiens, j’aimerais que ce soit ta journée de pause. Toi la femme qui a cessé de travailler pour prendre la liberté de tes journées, toi celle qui doit subir les étiquettes que l’on met à celle qui font le même choix que toi, toi qui, depuis ce temps, offre bénévolement de ton temps pour d’autres femmes qui vivent certaines difficultés dans leur vie, de l’argent aussi, souvent, c’est jamais gratuit le bénévolat, heureusement.
Toi qui siège gratuitement avec d’autres femmes sur un conseil d’administration dont la mission est de trouver des moyens de briser l’isolement de certaine des tiennes, toi qui ménage pas les efforts pour qu’elles passent le stade d’une déprime qui les accable, toi qui avec tes diplômes pourraient faire vivre toute la famille, toi qu’on a pas pris le temps de connaître avant de t’étiquetter de lâche au foyer.
J’aimerais te féliciter d’aider toutes ces femmes, souvent tôt le matin, des téléphones tard le soir, des kilomètres dans la marde blanche pour aller en écouter une autre, aller lui donner un souffle de fierté, d’estime de soi, d’amour de soi. J’aimerais te féliciter des fins de semaine que tu sacrifies pour cette cause, surtout quand on dit de toi que tu t’appauvris et que tu te mets en position de contrôle de ma part en n’étant pas rémunérée, toi aussi.
J’aimerais te féliciter parce que je sais que si j’étais suffisamment con pour passer cette porte, si je la passais avec tout notre compte en banque, chacun de tes meubles, et les nôtres, je sais qu’alors ta colère se lèverait, au-delà de la peine, et qu’il ne se faudrait que de quelques heures pour qu’à nouveau, tu prouves cette extraordinaire capacité que tu as de vaincre cette vie et ce qu’elle peut être assez conne pour mettre dedans.
J’aimerais te féliciter parce que tu envoies pas chier toute celles qui croient que tu es plus faible, moins autonome, moins puissante, moins forte. J’aimerais te le dire parce que toi tu ne le feras pas, tu vas encore ouvrir l’ordinateur bientôt et te remettre à ta mission bénévole d’en aider d’autres, parce que ton humilité fait que tu crois qu’il est inutile d’en parler, qu’il vaut mieux laisser penser. J’aimerais te le dire parce que j’admire ce que tu fais chaque jour, pour que ce soit enfin leur journée, peu importe la date.

Cher Alcolo,
Etre femme au foyer est un job à temps plein.
Le bénévolat l’est parfois aussi.
Refuser une juste rémunération (le corollaire du bénévolat) est de l’abnégation.
J’ai toujours pensé que donner son bien le plus précieux (son temps) était plus valorisant que de donner de l’argent.
Amitiés et bonne fête, petite Félée!
C’est un bel hommage!
Très touchant encore une fois!
Toujours aussi touchant de lire tant d’amour et de respect pour ta douce. Je lui souhaite 365 belles journées
Belle description de ce sacré bout de femme qui accompagne votre vie… c’est si difficile de faire le choix qu’elle a fait… d’être femme au foyer… et de donner d’elle-même, de son temps… c’est si peu reconnu…
Mais elle a fait le bon choix…
Je crois qu’elle le sait…
C’est tout ce qui compte….
affectueusement…
Si ça c’est pas de la sweetnestée de haut calibre, je sais pas ce que c’est !
C’est beau de voir l’admiration que vous avez un pour l’autre.
*sourire*
@ Tous: Elle le mérite, mais ça vous le saviez!
je suis émue. J’aimerais qu’une fois dans ma vie on m’aime ainsi.
Peut-être est-ce un peu pour elle, ou à cause d’elle, si un jour nous pourrons nous passer de la journée “de la femme”. Parce qu’avec des comme elle, des exceptionn-elles, d’autres se sentent capables de survivre. D’avancer. De dire non. De ne pas céder. De croire. De construire.
Votre femme à marier bientôt, elle mérite une journée à elle toute seule. Pour la ténacité, le courage de ses convictions, pour les choix qu’elle assume. Et parce qu’envers et contre tout, elle sourit.
Mautaditement bonne, comme on dit par che’nous, votre Fêlée. Mautaditement bonne.
*Madame Fêlée : J’ai le privilège de vivre, aussi, avec un bon Jack comme celui que vous avez là, qui vous a (re)trouvé dans la foule. Et personnellement, toute cette confiance qu’il met en moi, tous ces soupirs heureux, ça ne peut faire autrement que de me crinquer. J’espère qu’ils ont le même “pouvoir” sur vous, ce genre d’yeux qui donnent toute une vie contre un sourire.
Bien dit !!!
Et, je sais de quoi tu parles, j’ai moi-même une femme au foyer (bien qu’elle travaille) et faut voir comment cette belle société civilisée la considère… On a du en mettre des mouchoirs par dessus notre fierté d’avoir voulu faire le choix de rester auprès d’enfants qui ne peuvent pas être autonomes…
Bonne journée à toutes, en tout cas.
Merci JenFi, de dire en quelques mots, avec pertinence et force, ce que j’ai tenté d’exprimer! J’aime particulièrement “On a du en mettre des mouchoirs par dessus notre fierté(…)”