Parce que je le dis!


Version imprimable de ce billet Version imprimable de ce billet

Classé sous (La vie ensuite) par Exivrogne le 12-03-2008

puce Le printemps est arrivé. La marmotte faisait pas, mon oiseau non plus, la moufette a Floglia pas davantage, mais là, c’est un ivrogne qui vous le dit. Quand un ivrogne se met le bout du nez dehors et qu’il voit son ombre, soit qu’encore une fois il tourne le dos à la lumière, ou bien c’est le printemps. Mais bon, les astres sont alignés: La Fêlée est encore dans la lune, Vénus et le mont que j’en ai fait avec Paint vous a inspiré, même mercure veut descendre. C’est le printemps. Parce que je le dis.

* * *

Tiens il y a Renaud qui s’est même aligné sur la puce. La puce elle a 8 ans. Ça fait qu’on pardonne pas mal de choses. C’est pas rare qu’elle déforme les paroles de sa mère pour les tourner comme ça lui chante, ça ressemble toujours à ceci:

-  J’veux une collation! de demander poliment puce sur le ton d’une lieutenante en mer.

-  Fouilles dans le frigidaire! de répliquer la mère exaspérée qui aime nommer des marques.

La puce revient dans le salon, une tempête de tristesse comme quand toutes les peines d’amour sont ressenties par la même personne.

-  Ben là, il y a même pas de crème glacée! de plaider la puce.

-  Je suis pas allée à l’épicerie encore! de se défendre une fêlée qui se retient de toutes ses forces avec les images sanglantes qui lui parcourent l’esprit.

-  Ben t’avais pas dit que t’en achèterais? Tu l’avais promis! de scander la puce avec un air de Noisette sociale avec une pancarte et une cause pour faire avec.

… et nous voilà partis. La fêlée qui doit rétablir les faits, rappeler qu’elle a dit “si j’ai le temps”, “peut-être” avant “acheter”, “si tu viens avec moi” plutôt que rester encore affalée devant télétoon, etc… Dans ce temps-là, la puce repart avec les 5 blessures de base bien entrées dans toute sa chair.  Trahison, rejet, abandon, humiliation et injustice, la vie est une salope et juste avec moi en plus!

* * *

Renaud il est à construire son cerveau. C’est même écrit dans le Reader’s Digest. Faque c’est vrai! En plus qu’un ivrogne vous le dit, c’est un onzième commandement alors. Mais voilà, Renaud il pense que le sien est terminé, prêt pour la route, une machine de haute-technologie, 20 ans en avance sur l’humanité et les attardés qui la peuplent. Renaud, il est toujours prêt pour jouer des neurones.

Mais bon, je le ménage mon “beau-fils” comme dit Lagacé.  Je lui dis pas. Parce qu’il a encore des flashback de 8 ans là, il change ce que vous dites, ponce les nuances, dérobe les mots des mises en contexte. Ajoutez à celà la verve adolescente d’avoir raison sur n’importe quoi, quitte à faire chier un alcolo pour avoir l’impression d’avoir raison, alors il me sert du “puce” sur un plateau d’argent.

Alors ces jours-ci, tambours et trompettes, Renaud il est dans sa phase de:

  1. Dit
  2. Semble
  3. T’avais
  4. L’autre fois
  5. Ah ben!

Mettez ensemble, une quinzaine de fois, ça donne ” Ah ben! L’autre fois me semble t’avais dit que…”

Dans ce temps-là il me vient le découragement. Je regarde mon disciple et je me dis qu’on est peut-être mieux de pas se partir une secte ou un truc important comme une religion. C’est assez mal barré. Les nuances et Renaud, c’est deux univers. Les contextes et les mots, c’est pareil. Renaud, il aime bien avoir raison, plus que tenter de suivre le raisonnement. Mais bon, je vais aller le faire un peu marcher sur du charbon ardent en lisant un peu de Jung, parfait pour vous ramener l’esprit aux nuances.

* * *

C’est tout pour ce soir, parce que Renaud il lit, parce qu’il est orgueilleux en plus, parce qu’il vient toujours en hostie dès qu’il croit qu’il a fait une bourde. Renaud il a le mal des ados issus de son milieu, celui-là dont je vous ai parlé, celui dans lequel j’ai grandi aussi, celui où c’est mieux de frapper le premier, parce que la vie a pas de temps à perdre quand vient le temps de vous mettre au plancher.  C’était pour l’aider à trouver la nuance, lui qui vit sur ses derniers souffles de popularité le billet que Lagacé a branché. C’est pour lui apprendre que pour trouver les nuances, ça prend un bonheur et un pied au cul vers l’enfer, ce qui oblige indéniablement à découvrir le gris, entre les deux, au passage.

Commentaires:

20 Commentaires sur “Parce que je le dis!”

Laissez votre précieuse opinion!

Tags:
Separate individual tags by commas