Confession tour!
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Classé sous (La vie ensuite) par Exivrogne le 25-03-2008
Bon. C’est l’heure des confessions. En retard, je sais, mais confession quand même.
Premièrement vous dire qu’écrire pour moi est jamais un exercice bien facile. J’aime les mots, autant que les sujets que je choisis de vous partager d’ailleurs. Les mots sont comme vous, on peut pas tous les mettre ensemble n’importe comment, ils vont pas toujours aussi bien dans la même fête. Le bouton “backspace” souffre plus que la barre d’espacement ici. Il y a ensuite le “ctrl+a” et ensuite “backspace”. C’est souvent. C’est toujours accompagné d’une colère, c’est presque toujours contre moi qu’elle est dirigée. Si vous saviez ce que je m’exige.
Je le disais à Mammouth dans une autre nuit à pas fermer l’oeil, j’aime à plancher deux heures sur une phrase. Enlever le plus de mots possible, les tourner dans tous les sens, réduire la phrase à sa plus simple expressions. Une que j’aime?
“Les mots sont des enfants mal élevés!”
Pourquoi je l’aime? Parce qu’elle a pas besoin de virgules. Parce qu’elle contient toute l’essence de la liberté des mots justements. Parce qu’elle résume tout le travail qu’imposent les mots, ou sinon, cette douce possibilité d’être encore mieux si je n’interviens pas.
* * *
Hier j’aurais fermé la place ici. Je me serais fusionné avec la fêlée. J’aurais fait comme un mois de mai, le plus heureux des mai, comme ce mai où j’ai mis mes boîte dans les murs de sa vie, quand je me suis peinturé dans ses coins chauds, doux, parfumés. Ce soir, je fermerais encore la place, je me prendrais un tout petit grenier, quelque part chez-elle, je m’occuperais d’un tout petit coin de rien. Je retournerais dans le placard tiens!
Je cesserais de me demander qu’est-ce que vous faites ici, je me demanderais ce que je fais dans son coin, c’est moins long gérer un seul humain, surtout quand il ne s’agit pas de moi. Je sortirais le nez dehors, une fois de temps en temps, ce serait en quelques phrases, en quelques mots peut-être, des mots mal élevés, j’en ai parfois tellement marre d’être complaisant.
* * *
J’aime bien faire des films. Je passerais mes journées à vous préparer des films. Ils seraient pas toujours marrants. Ils seraient comme certains textes que je vous laisse ici, qui commencent par un sourire, qui vous l’arrache en une seule phrase à la fin. C’est d’ailleurs ce pouvoir des mots que j’aime, quand on prend le temps de les aimer.
Tiens prenez hier, je voulais dire un peu de trucs que je ressens pour cette Véro, pour ce qu’elle représente dans le cheminement qu’il me reste à faire, dans ce trajet sans un verre qui me demande de comprendre un certains nombre de choses. J’ai planché deux heures. J’ai terminé par le billet précédent. Je suis sorti de l’aventure même pas content.
* * *
C’est débile ce que la vie m’a apporté ici. Des gens d’une rare qualité, d’une beauté exceptionnelle, d’une sagesse paralysante, d’une douceur panique. C’est fou ce que vous m’avez fait lire aussi, des paragraphes si complexes, profonds, touchants, troublants, répugnants. C’est fou, aussi, des phrases si courtes, toutes courtes, dont une prise cette nuit dans une fenêtre MSN… “Bah!”. Pourtant, l’une des plus efficaces trouvées depuis longtemps sur la réflexion qu’elle aura laissée derrière. On en parlait encore ce matin.
Ou ce copain tiens, cet après-midi, au bout du fil, qui me dit “et continue de t’amuser en bloguant!”… C’est fou combien il est temps qu’on dîne non?
Alors voilà, je sais pas trop, je vais peut-être me pousser chez la fêlée. Je sais pas quand, c’est comme pour son lit, pour sa peau, pour ses doigts, que j’ai peur de salir de la mienne. Alors c’est pas fait, c’est juste dans l’air comme ça, c’est juste dans cette habitude que j’ai ces temps-ci, de pas fermer les portes et de me foutre un froid pas possible.
Allez, demain matin on aura des voix de miss météo à vous faire découvrir! Plus que deux heures pour vous décider!

Quand les portes sont fermées, y’a rien qui peut sortir ni entrer…Ce froid humide et glacial qui nous transperce quand on laisse la porte ouverte quand passe le grain est bien souvent apaisé par une douce brise chaude qui suit…
Tiens, en attendant j’te prête une belle grosse couverte de laine chaude et douce…Tu me la rendras quand le printemps t’envahira…
Allez! L’important n’est souvent ni le nombre, ni la cause mais bien le résultat!
Tant qu’a y’aller du backspace, d’effacer toute ma page, j’aime mieux rien écrire. Comme ce soir, où y’a pas l’ombre d’une niaiserie qui veut se pointer le nez
Pas très original mon commentaire mais voici des paroles de chanson de Francine Raymond que je trouve très à propos :
Y a les mots qui amusent et ceux qui abusent
Les mots qui blessent comme autant de morsures
Les mots qu’on pleure et crache en venin dans le chagrin
Et ceux qu’on échange en poignées de main
Y a les mots qui nous lient sous le sceau du secret
Et ceux qui déchirent et séparent à jamais
Les mots qui nous hantent pour un instant de folie
Et ceux qui disparaissent dans l’oubli
Dans tous ces mots qui entourent et m’appellent
J’entends des enfants jouer dans la ruelle
Je vois des ponts bâtis au bout des hommes
Au bout des chaînes là où y a les mots
Y a les mots qu’on soupire pour passer aux aveux
Ceux qu’on murmure pour mieux parler à son Dieu
Les mots qui frappent pour nous aider à tout comprendre
Et ceux qu’on échappe et qu’on aimerait bien reprendre
Dans tous ces mots qui m’entourent et m’appellent
J’entends des enfants jouer dans la ruelle
Je vois des ponts bâtis au bout des hommes
Au bout des chaînes là où y a les mots
C’est parce que ce ne sont pas que des mots, justement. Ce sont des nous. Parfois, les nous, ils grugent. Parfois, ils jappent pour avertir qu’il y aura morsure. Parfois, ils rient. De nous, de vous, d’eux. Parfois, rien. Parfois, ils grimpent jusqu’aux bonnes cellules et pis plouk. Tout pète. Parfois, les autres fois, les mots nous font dire ce qu’on aurait p’t'être pensé taire. Ou dire autrement. Et parfois, la virgule, on l’a dans l’cul. Ou dans la tête. Entre les deux, juste avant le point, y’a cette impression de se promener nu devant la fenêtre juste pour voir combien de passant s’arrêteront. Quand ils s’arrêtent, on enjolive, on rentre le ventre, on tourne légèrement le dos. Et ils s’installent. Et là, en cons, parfois, on se dit que c’t'idée de départ était totalement d’un autre monde et on veut fermer le rideau, changer de pièce, mais y restent, y font le tour d’la maison, y’en a même qui sonnent. Le temps de se dire qu’on est rendu ailleurs que déjà, ils nous manquent. Le plaisir. Juste le plaisir, parce qu’on n’y est pas obligé jamais. Juste le plaisir. Des fois parti prendre son bovril. Des fois juste endormi. Des fois, aussi, ailleurs, on l’sait jamais.
Parait que toutes les “ites” sont contagieuses, alors que les coups de froid, c’est quand on met pas son foulard quand la porte reste ouverte. J’vous espère pas une “ite”… C’pas fin, mais je vous espère rienqu’une tite grippe. Du bouillon de poulet, une couvarte varte, vot’Fêlée et de quoi qui vous fera refermer c’te porte. Parce que égoïstement, pour mes yeux, vous êtes des tites gouttes qui soulagent, des tableaux plein de rouge et de jaune avec des spots noirs dessinés à coup de mots. Des espaces aussi vastes que le coeur d’un amant qui aime et des douleurs pas de sang qui prennent tellement de sens, même sans.
En résumé, merci des mots déjà donnés.
C’est osties de mots-là, je me venge en pitchant mon dictionnaire quand j’essai de placer un nouveau mots!
Ne me quitte pas, il faut oublier… genre. Comme. Mettons. Y’a rien comme prendre du recul. Quelques jours, quelques semaines, quelques mois. On attendra. On est patient. Ben patients. Parce que.
Cher Alcolo,
Tu me fais un peu penser à Chaplin: être amusant pour passer des messages tristes.
Perso, j’ai décidé de ne jamais être triste sur les blogs. Mais je vois probablement la vie autrement que toi et j’ai un long passé qui me permet de relativiser certaines choses, comme la mémoire des mots, par exemple…
Amitiés
Ca m’arrive aussi. De reprendre mes phrases en main, de les forcer à aller là où je veux en venir… des fois, y a pas de mots pour traduire ma pensée. Alors je laisse, frustrée. Et je reviens plus tard. Jai écrit et stocké beaucoup de textes, avant de les publier sur mon blog. Certains ne le seront jamais…. c’est difficile de tout dire. Même si je trouve qu’ici, ailleurs, chez moi, on se livre beaucoup en général…
D’ailleurs à propos de Chaplin, il a déjà dit:”Je n’ai fait que faire rire les gens dans ma foutu vie” (je paraphrase) Mais si un génie comme Chaplin méprissais son talent, on comprend que vous aussi M.L’ivrogne! ;o) Lâchez-pas, le printemps et le soleil s’en viennnent!
“méprisait”… foutu mots!
Que rajouter? Que la fatigue peut-être mauvaise conseillère? Vous le savez déjà. Qu’importe que vous fermiez ou pas la porte, ceux qui aimaient laisser leurs traces sur le paillasson reviendront. Ici ou ailleurs.