Pour toi le fils…


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Classé sous (La vie ensuite) par Exivrogne le 07-05-2008

pere_fils Mon bel amour, mon petit miracle, mon Fils,

Je pense avoir réuni jusqu’à ce jour où je te fais ce message suffisamment d’expériences de vie pour, qu’elles soient positives ou négatives, reconnaître un enseignement qui pour moi, ne mérite pas de mourir dans le silence et l’oubli.  La lettre qu’il a fait ne pourra jamais contenir l’ensemble de ce qu’un père devrait donner en héritage de valeurs à son fils. 

Puisses-tu choisir de ne pas apprendre par la souffrance.  Puisses-tu aussi avoir le courage de ne jamais la fuir.  Il n’y a pas une route qui devrait t’être fermée par crainte de la traverser ou crainte qui l’emporterait sur ton désir d’explorer et de découvrir.  J’aimerais cependant, au creux de mes bras, cramponné à mon coeur qui bat aussi pour toi, que tu réfléchisses à ce que j’ai eu envie de te transmettre.  La main qui a écrit cette lettre, bien, elle  a connu la souffrance d’être séparée de la tienne, elle a aussi connue la joie de chaque moment où elle a serré tes petits doigts.  Puissent au moins tout mes échecs ne jamais tisser une prison à ton audace, à toi. 

Premièrement mon fils, ne hait pas, ne déteste personne.  Le ressentiment c’est un poison que tu bois en attendant que l’autre souffre.  Toute haine qui va couler dans tes veines est une forme de venin qui fait souffrir ton coeur sans jamais contaminer vraiment celui que tu appelles ton ennemi.  Tout plan de destruction, de vengeance que ton esprit nourrit t’éloigne du temps que tu pourrais conserver pour toi, pour élaborer la carte qui va te mener à ta paix intérieure.  Il n’y a pas un siège dans ton âme où l’amour, la compassion et l’honneur peuvent s’y asseoir en même temps que la haine, le mépris et le dégoût.  Laisses à personne le pouvoir de meubler ton coeur, ton âme, de ressentiments parce que le temps que tu passeras à en cultiver le jardin, il ne poussera pas le fruit de l’amour pour ceux que tu appelles les tiens, que tu crois qu’ils méritent.

Je te souhaite de te rappeler qu’il n’y a pas une seule seconde suffisamment dépourvue d’importance pour que tu la dépenses avec la monnaie de la haine.

Je te souhaite de te rappeler qu’il n’y a pas une seule seconde suffisamment dépourvue d’importance pour que tu la dépenses avec la monnaie de la haine.  Puisque maintenant je t’ai parlé de préserver la place pour l’amour dans ton être, permets-moi de te parler du sens qu’il a pour moi, qui me semble le seul véritable.  C’est à souffrir la perte de ta mère que j’en ai compris l’importance incalculable.  Le véritable ennemi n’est-il pas le désir.  Aucune personne n’a de plus grand pouvoir de te détruire que la quête inlassable et égoïste qu’est celle d’assouvir tout tes désirs.  J’aimerais que tu comprennes que tu as besoin et droit à l’amour mais qu’il ne t’est pas du tout indispensable que tous t’aiment.  Désirer toute chaire, toute peau, tout ce qui est ailleurs que dans le coeur de celle ou celui que tu aimes, ça te fera perdre la nourriture de ton besoin authentique.  Le désir de milles caresses va diluer le sens vrai de l’amour.  Que l’on t’aime est un cadeau de la vie.  Travailles autant que faire se peut à le conserver mais sache en contrepartie accepter de le perdre un jour.  L’amour comme le vent doit circuler.  Tenter de le garder prisonnier ne fera que priver toi et l’autre de ce que la vie cherchait à te donner.  Entretiens donc cet amour tout en goûtant sa saveur et laisse-le partir sans le retenir lorsqu’il sera appeler par d’autres bras que les tiens. 

Pardonne mon fils.  Le pardon est l’ultime instrument de ta liberté.  Autant dans ton coeur que dans ton esprit, dès que tu pardonnes, tu tranches le lien corrosif qui t’unissait avec l’objet de ton ressentiment et ton coeur tiraillé.  Rappelles-toi que le pardon se fait d’abord à l’intérieur de soi.  L’acte de dire à celui que tu pardonnes ne fait que te donner davantage d’humilité.  Je t’entends me demander si tout se pardonne.  Je te réponds simplement que la liberté de ton coeur et l’ampleur de la paix intérieure qui vont s’y trouver sont égales à ce que tu as la mesure de pouvoir pardonner avec tout ton coeur. 

la liberté de ton coeur et l’ampleur de la paix intérieure qui vont s’y trouver sont égales à ce que tu as la mesure de pouvoir pardonner avec tout ton coeur. 

Puisque je te parle de liberté, laisses-moi te parler du moment présent.  De tout temps l’homme a été prisonnier des barreaux qu’on lui a imposés ou des prisons qu’il s’est lui même créés.  Pourtant l’histoire a démontré qu’un coeur en paix et qu’un esprit libre peut subsister et s’épanouir, se révéler, bien au-delà de toutes frontières aussi proches de ton coeur et de ton corps soient-elles.  Quelque porte que l’on va refermer sur toi, dès que ton coeur, dès que dans ton coeur, tu choisis d’être libre… tu l’es déjà.  Tout comme tu n’es ni tes actes ni tes gestes d’hier, encore moins tu ne peux être demain autrement que ce que tu choisis d’être aujourd’hui.  Puisqu’il n’y a que maintenant que tu peux ressentir le bonheur, à quoi bon remettre à demain ou à plus tard les efforts que tu devrais faire pour y arriver.  Attendre demain pour poser un geste qui te demande un  effort, c’est comme poser un piège sur la route que tu dois toi-même parcourir en disant qu’il n’est pas grave que tu doives t’y mettre les pieds à ce moment-là.  Le sage est celui qui sait désamorcer chaque piège à mesure que la vie les met sur sa route et non celui qui les repousse un peu plus loin, croyant naïvement qu’à mesure qu’il avance, il aura la force de les éliminer, tous à la fois. 

Fais maintenant avec ta puissance du moment présent ce qui doit être fait dans ta formidable quête du bonheur.  Lancer sur demain la pierre qui est devant toi aujourd’hui ne fait qu’édifier un mur entre toi et un futur heureux. 

Gardes ton esprit ouvert, à l’affut.  Encore davantage lorsque celà te semblera difficile.  Puisque tu ne sais pas de quoi seront faits les défis de demain, considères donc avec attention chaque message que la vie te donne aujourd’hui.  Qui sait si les mots que tu juges insensés aujourd’hui ne composent pas, par leur message, la clé qui te sera nécessaire demain pour affronter un danger ou un défi qui t’attend.  Sois donc le sage qui prend le sel de la vie aujourd’hui en sachant que peut-être demain un plat sans vraiment de goût l’attendra sur sa route. 

Agis de sorte que tu t’aimes.  Poses les gestes qui te donnent le salaire de t’estimer à chaque fois davantage.  Puisque tu cultives l’amour de toi, plus tu le fais et moins tu seras esclave de celui des autres.  Puisqu’on ne désire pas par nature détruire l’objet de son amour, essais de faire en sorte de t’aimer.  Sois l’artisan pour toi-même d’un amour durable que tu ne voudras pas affaiblir dans la recherche de satisfactions éphémères aux conséquences amères pour les papilles de ton âme.  Finalement avant toute action, assures-toi que le gain que tu en retires vaille les conséquences de ton geste.  Prends garde surtout à ce que ce soit le coeur qui fasse l’évaluation des gains et des conséquences, avec un regard aussi éclairé qu’il puisse l’être, afin de respecter tes valeurs et tes aspirations, tes vrais besoins et non tes désirs.

Puisses-tu en conclusion mon fils faire passer tes choix par le filtre de l’humilité.  Mon bel amour, je te donne ce leg-là avec tout mon amour,

Papa

P.S.: Vous serez gentils de ne pas vous approprier cette lettre entre moi, mon fils, et un peu vous… merci d’avance!

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