Bon. On peut pas racheter de nuit ce qu’on a pas trouvé en plein jour. C’est hypothéquer inutilement la lumière pour se chercher dans l’ombre. C’est vendre le toit de la maison parce qu’on a le coeur au sous-sol, c’est comme penser que la pluie c’est comme la merde, ça ne tombe que du ciel, c’est souvent ce qu’on pense tant qu’on a pas les pieds à la flotte assis sur des égoûts.
C’est pour dire que le temps passe. Que les journées se font et je fais tout pour les attacher à mes pieds jusqu’à ce que la nuit ne tombe. Cette nuit où le silence résonne, parfois allié de rêveries heureuses, parfois le chuchotement triste comme la mort de l’anxiété qui vous rappelle que vous avez été, quoique vous tentiez d’être. Chaque soir, la lune et moi, on se fait ce poker un peu débile où la cagnotte est une nuit tranquille à épier les ronflements des emmerdeurs de jour, ou sinon, c’est la perte, sortir avec en poche une traînée d’angoisse en mémoire de traînées d’avant.
Chaque soir, sinon presque plein de toujours, je me remets les pieds sous la table de nuit pour tirer mes cartes avec le plaisir coupable et cruel qui n’appartient qu’à ceux qui souhaitent un jour, avec une main pleine aux as, remporter ce droit de certains justes ou autres minables, de dormir, la nuit.



Et bien cette fois-ci je me meurs de jalousie de n’avoir pas su trouver CES MOTS avant vous… comme si chacun d’eux me renvoyaient les reflets du miroir de ma propre existence.
Non mais là vous me les gonflez!
Superbes ces mots… ”C’est vendre le toit de la maison parce qu’on a le coeur au sous-sol, c’est comme penser que la pluie c’est comme la merde, ça ne tombe que du ciel, c’est souvent ce qu’on pense tant qu’on a pas les pieds à la flotte assis sur des égoûts.”…… Ce passage il vaut pour tous les refoulements qui débordent du dedans, alors qu’on en cherche la cause en dehors; en maudissant la vie, le ciel, de nous apporter ce qu’ on a récolté de nos gestes (d’adultes, on s’entend ;))
”attacher mes journées à mes pieds”, de peur de devoir les porter?
Comme un boulet, un fardeau… J’aime l’image… J’imagine qu’ à force de les trainer contre l’asphalte, on va finir par les saigner.. Faudrait qu’on s’ enligne pour les guérir un brin qu’est-ce que vous en pensez?