La foule de ma pièce sombre
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Classé sous (La vie ensuite, politique éditoriale) par Exivrogne le 10-06-2008
Bloguer comme nous le faisons elle et moi, comme plusieurs d’entre-vous le faites aussi, c’est avancer à deux les yeux fermés, dans une foule dont on ignore le nombre, encore plus les intentions qui se cachent derrière leur raison de venir nous lire
Je vous racontais dans un précédent billet combien je juge important pour moi de m’interroger sur le contenu de ce blogue, sur la façon de discuter avec vous, sur le rapport qu’il serait heureux que nous entretenions vous et moi. Cette réflexion est devenue encore plus importante suite à la fermeture du blogue d’un ami. Une fermeture aussi subite que raisonnable, compréhensible que violente, une histoire comme toutes les histoires qui s’écrivent sans trop de plan et où les personnages secondaires (les visiteurs, oui oui! vous!) se mettent soudainement à mener le bal.
C’est qu’on aime à bien vous traiter. Je vous le dis souvent, il serait utile de ne pas nous prendre, vous et moi, pour des imbéciles. Je tente de vous respecter et vous me le rendez joliment bien, surtout depuis que j’ai fermé l’ancienne place pour venir mettre la table avec vous ici et que nous sommes qu’entre nous. Une réflexion importante parce que mon ami, celui qui a crié last call, il était parmi ce que la bloguosphère sait offrir d’intéressant. Bien que je n’accrochais pas à toute la variété de billets que ce dernier pouvait offrir, dans ses textes clavardés à l’encre du coeur, il valait le sacré détour mon ami.
Alors dans cet espace noir qui se dessine ici, comment échapper aux pièges n’est pas la vraie question. C’est surtout comment ne pas m’échapper qui me préoccupe le plus. Parce que vous êtes capables de pas mal de gentillesses, d’autant de mots doux qu’un mec qui veut baiser, vous êtes gentils, ça vous le savez. Devant la gentillesse, le danger peut alors devenir la complaisance, un piège dans lequel je refuse de tomber. Ça fait chier la complaisance, c’est emmerdant devoir des gentillesses, ce l’est d’autant plus que c’est rarement pour cette raison qu’on a ouvert un blogue, avouons-le.
Bloguer comme nous le faisons elle et moi, comme plusieurs d’entre-vous le faites aussi, c’est avancer à deux les yeux fermés, dans une foule dont on ignore le nombre, encore plus les intentions qui se cachent derrière leur raison de venir nous lire. C’est quand on se met à réfléchir à ce qui vous amène ici, à ce qui vous fait vibrer ou pester, c’est là qu’on s’éloigne du vrai but qui se cache derrière nos blogues, un journal intime, très intime, sur ce que nous sommes, qui livre ce que nous avons au coeur et qui présente celà fait, toute la libération des mots échappés.
La politique éditoriale, cet engagement que j’ai avec moi sur le contenu que je vais vous livrer, c’est ce qui me garantie que l’exercice que je fais en écrivant me respecte et me fait le bien que je souhaite. Le bien que je peux vous faire est secondaire. Si j’oublie ceci, je me perds lentement. Étrangement je réfléchissais à mon ami hier, en me tirant une toute simple conclusion… quand on se demande ce qu’on va bien pouvoir vous écrire, on est déjà un peu perdu, parce que la vraie question devrait être :
"Qu’est-ce que je vais bien me dire aujourd’hui?"
Posée de cette façon, tout devient tellement plus simple!

Quand on se fait complimenter pour ce que l’on fait, quand on commence à recevoir de l’amour pour nos actions, si nous nous perdons dans la complaisance, c’est que nous avons… de la difficulté à recevoir.
Parce qu’autant donner que recevoir se fait sans attente de retour. Si je deviens complaisant parce que j’ai reçu, alors je n’ai pas accepté le cadeau en toute liberté.
Être capable de recevoir tout en restant soi-même. Ce n’est pas facile, cela nous fait vivre beaucoup de “stock”. Mais cela fait partie de l’aventure de la vie.
Rester soi-même en toutes circonstances. Dire ce que l’on a à dire, peu importe à qui et quand.
Et comme tu le dis si bien, on écrit pour soi, pour se parler. Nous sommes le premier lecteur de nos textes et le plus important.
Cher Alcolo,
A première vue, notre ami a été la victime de trolls comme je l’ai été quand j’avais un blog…
La toile est une jungle avec des gentils, mais aussi avec des méchants.
Je me suis souvent posé la question du “pourquoi font-ils ça?”.
C’est un peu comme à l’école, les élèves qui dénoncent, sans même y tirer profit. La méchanceté gratuite.
Les Flamands disent qu’on trouve toujours un bâton pour frapper un chien: Dans mon carnet, je ne parlais jamais de moi, mais de la misère du Tiers-Monde. J’ai donc eu droit à des propos racistes et xénophobes, à des usurpations d’identité dans d’autres carnets avec propos d’extrême droite… J’avais pourtant coché la case qui empêche d’être référencé par Google!
Je croyais vos blogues “immunisés” car votre petit groupe n’essaimait pas à l’extérieur…
Amitiés à toi et à notre ami (je ne mets pas son allias, ignorant si cela pourrait nuire).
P.S. C’est lui qui m’a offert l’hébergement de mon avatar!
Concernant la disparition de Drew sur Internet. J’ignore ses raisons et je respecte son choix. C’est la façon subite que je n’ai pas aimé. Enfin…
Puis tu as raison, lorsqu’on se doit d’écrire au quotidien pour entretenir un publique captif et des statistiques, la partie est perdue d’avance. J’irai plus loin, lorsqu’on se force pour faire du bashing, du bitching etc dans le même but, et ce n’est pas ton cas, je le dis au cas où qu’on me porterait de fausses intentions, c’est perdu d’avance aussi.
Ouep, j’achète ton “Qu’est-ce que je vais bien me dire aujourd’hui?”
Bonne journée !
sur mon blogue j’ai pas de stat. Merci mon Dieu.
Puis tu sais… parfois ça pas besoin d’être ben long un billet
C’est un coucou à un jardin virtuel que l’on entretien. J’ai fait un billet justement y’a pas longtemps tu te rappelles? Mais enfin, s’il fallait que j’alimente le fait que je commente beaucoup les blogues que j’apprécie que ceux-ci ne commentes le mien… je fermerais boutique aussi. Peut-être pas comme Drew a pu le faire cependant…
Mais bon… quand même y’a pire que ça dans la vie.
Tout comme on écrit avant tout pour soi-même, j’imagine que l’on cesse également d’écrire pour soi-même… en autres cas, on risque de s’éloigner de sa propre route.
Je me faisais justement la réflexion l’autre jour que je n’écris chez moi que quand ça ne va pas, ou que je suis en colère, ou que je ne comprends pas quelque chose, ou quelqu’un.
Et je me suis dit “mon Dieu, Ã force, ceux qui me lisent vont croire que je suis toujours en train de me plaindre”.
Et puis juste après, je me suis souvenu que c’était justement parce que je réagissais comme ça dans la vraie vie que j’avais besoin de ce blog. A force de ne jamais vouloir me plaindre, de ne jamais accepter de me mettre en colère, à force de refouler mes sentiments, j’ai eu besoin de venir les écrire. Alors si je commence à censurer mes sentiments dans mes billets, quel autre exutoire va-t-il falloir trouver…?
Donc oui, il faut s’écrire d’abord à soi-même. Et si ça peut aller plus loin, tant mieux. Mais ce n’est que du bonus, ce n’est pas là le but suprême…
Je lis les commentaires et puis certains ,me touche. Vous savez Drew oui il a fermé son blog pour des raisons. Des raisons propre a lui. Meme s’il vous avait écrit un billet qu’il fermait je suis sur que certain aurait voulu savoir le pourquoi du pourquoi et aurait écrit de rester. Il a des fois qu’il faut passer a autre chose.
Je sais aussi que beaucoup de gens l’aimait et lui aussi vous aimait mais s’il avait écrit un billet de départ certains n,aurait pas été plus satisfait. Nous agissons des fois en égoiste mais il a des raisons derrieres tout ca et puis je crois que nous voulons nous garder une petite gene. Désolé Ex d’en parler ic j’aurais du écrire un billet. Ne le prennez pas personnel surtouts’il a fermer aussi vite mais nous avons aussi notre petit jardin secret des fois.
Bon… Faut je mettes cartes sur table.
J’suis parti parce que mon blog commençait de moins en moins à me ressembler.
Écrire pour écrire c’est facile. C’est surtout ce que je faisais dernièrement. Sans insulter votre intelligence, je crois que vous méritiez mieux quand vous preniez le temps de venir me voir et je me décevais moi-même. Me décevoir moi c’est rien, décevoir ceux qui me lisaient régulièrement ou non par contre c’est contre mes valeurs.
La fermeture subite quand à elle, c’est que les adieux, je ne suis pas capable. D’autant plus que je suis très influençable vous m’auriez fait plier l’échine je me l’imagine que trop bien
J’sais pas si vous le savez, mais chacuns d’entre vous qui faisaient partie de mon Coffre à Bijoux, j’allais vous voir tous les jours et ce à multiples reprises. C’est beaucoup de temps investi et malheureusement, je ne pouvais tout simplement plus me le permettre.
Bon, je crois qu’on a fait le tour là !
Merci Alcolo pour ce billet
Merci surtout pour la conversation d’hier!
Je vous aime vous pouvez pas savoir!
Bonne continuation
xoxoxo
Drew
@ Jacynthe et Drew: Je vais répondre à vous et ce fera pour le reste lol… c’est son choix, end of story
D’ailleurs, si je ne l’avais pas nommé, c’était pour cette raison que je ne souhaitais pas que ce billet soit un babillard à son intention… mais bon, quand je vous dis qu’il faut tout leur expliquer parfois à mes lecteurs
@Le Sauvage - @Jacynthe -
c’est ça… le trésor a perdu son coffre
@Drew : Tu utilises “Le sauvage” pour signer ton commentaire alors que j’ai usé de ce mot pour désigner la façon que ça s’est fait et non pour désigner la personne. Grosse différence à mon avis. Ton choix te revient et je le respecte mais un simple merci sur ton blogue aurait suffit au lieu de claquer la porte.
@Alcolo : Il faut parfois tout nous expliquer ? J’dis pas si tu avais écrit un billet qui parle de ti-Jean Gagnon que personne ne connais de nul part mais Drew, on connaissait et appréciait son blogue. S’il a le droit de fermer quand il le veut, on a aussi le droit d’être déçu de se faire claquer la porte au nez non-obstant ses raisons qui, encore une fois, lui appartiennent totalement.
C’est un peu malaisé de ne pas savoir de qui tu parlais et d’aller dire qu’il faut tout nous expliqué. Au lieu de tourner autour du mot, nommons les choses comme elles sont, ça aura l’air moins doucereux et moins paternaliste.
@mazsellan - Cher Mazsellan, c’est que tout ce billet était sur un tout autre contenu principal que le départ web de mon ami Drew, tout ce qui se trouve dans le billet visait principalement à parler du pouquoi je blogue, c’est surtout ça que je crois qu’il faut expliquer… z’allez quand même pas commencer à prendre mes phrases du genre “faut tout leur expliquer” au premier degré parce que z’allez être joliment malheureux sur ce blogue où il est presque toujours de ces phrases à prendre avec légèreté… allez, on se tape les bedaines ensemble, je te pince un mamelon et on rit un bon coup
Ah oui, mais j’ai dit que j’étais d’accord avec ta question pourquoi du je-tu-il blogue
Tu sais, si je réagis aussi vivement au départ de Drew, ça doit être parce que j’appréciais vraiment ce qu’il faisait-écrivais-réfléchissais-disais et s’il ne le sait pas, là il le sait. Puis, on ne passe pas du temps sur le blogue d’autrui (peu importe qui) si on a pas d’affinités avec la personne.
Alcolo, lâches mon mamelon tranquille
hahaha
Samedi, en découvrant la fermeture du blog de Drew, j’ai cru à une mauvaise manipulation pendant un bon moment. Quand j’ai réalisé qu’il n’avait pas appuyé sur la mauvaise touche, je n’ai pas choisi la vexation comme réaction mais plutôt l’inquiétude… car peu importe où était passé son blog, ce qui comptait c’était comment il allait LUI. Son adorable femme et sa petite fille aussi… j’ai d’ailleurs pris des nouvelles en questionnant Jacynthe dans un de ses billets. Pour me rassurer, égoïstement.
Une fois que j’ai su qu’il allait bien, le reste a eu peu d’importance.
C’est lui, là , maintenant, et comment il va qui importe. Si il est heureux et en phase avec son choix, c’est bien. Il ne nous doit rien. Oui c’était brutal mais ça ne cachait pas une mauvaise nouvelle. Pour moi, c’est tout ce qui compte.
Affectueusement
Moi j’comprends pas pourquoi le monde vien me lire
J’aimerais bien en écrire plus mais jai cette peur d’user de je ne sais quoi, je sais je suis paradoxale!
Pis esti que j’suis d’accord avec ta politique éditoriale!!!
ce qui me fait toujours un peu sourire c’est que les gens disent écrire avant tout pour eux et certains lecteurs s’offusquent d’un départ soudain. Drew aussi gentil et intelligent qu’il est, ne me devait rien et comme son blogue est avant tout lui je ne me suis aucunement offusqué de son départ rapido.
Parce que si plusieurs se répètent que leurs blogues est pour eux, plusieurs semblent l’oublier en cours de route et que j’aime mieux me dire Qu’est-ce que je vais bien me dire aujourd’hui même si je me le dis tout seul
@bringbrangbrong - J’aimerais aussi commenter chez-vous, mais trop souvent je suis celui qui passe silencieusement, quel être de paradoxes je suis…
@Y-man - Ah! J’aime bien la mâturité de ta réponse cher Y-Man… y’a longtemps que je vous avais vu d’ailleurs, ou vous venez silencieusement comme moi!
That is ze question…C’est cyclique, je crois. Vient un temps ou heureusement, la vie, la vraie, nous happe à un point tel qu’écrire ne soulage plus, ou ne remplit plus son rôle de thérapie. Ou à un point tel qu’écrire son bonheur paraît indécent. Parfois, on a juste besoin de prendre un petit congé de soi. Question de se requestionner et de trouver d’autres réponses. Et puis… pareille chaleur après pareil hiver, ça rend indolent non?
Mais je vous lis. Avec avidité.
Très dommage ce départ. Surtout qu’il était pour moi, et seulement pour moi, le “Speedy Gonzales” de la blogosphère, dans tout les meilleurs sens de ce nom. Et son départ est tout à fait raccord…
Bonne vie Drew!
Cher Drew,
Bienvenue dans le monde des commentateurs sans blog!
Amitiés
@ MJ: Surtout vous, qui connaissez autant notre façon de décoller que d’aterrir
J’aime toujours voir vos mots par ici, bien évidemment, on espère vous savoir quelque part, bien plus sûrement on aime à entendre vos pas pour en être certain !
@ Renart: Je me demande si c’est un départ ou une magnifique arrivée. Au plaisir!
Il faut écrire pour soi, c’est ainsi que l’on peut arriver aux autres.
(Eugène Ionesco, Notes et contre-notes)
Au final, on en revient à soi, comme au point de départ. Offrir des idées et des moments, vécus ou illusoires, tragiques ou pas. Décliner les intentions et terminer avec des points, si c’est un, c’est pas trois. Y arriver pour l’exercice de juste dire alors qu’au passage, les lecteurs arrivent et se collent parce qu’un mot ou un autre leur a fait la petite Madeleine, c’est bon. Se rendre jusqu’aux confins de ce qu’on peut donner, c’est bon aussi. Mais la pression, c’est pour les autres, je crois. En des lunes de présence dans la bulle, je dois dire que les réflexions sont toujours présentes. Heureusement, d’ailleurs. Autrement, ça virerait rapidement au cirque à n’importe-quoi. Et dieu sait que du n’importe-quoi, ça peut sortir vite et bien. Et ramasser ce qui se dit aussi vite et bien. Comme les gros mots, parfois. Juste parfois.
Cela dit, au lieu de fermer, héhé, toutes les fois où j’ai voulu peser sur off, j’ai plutôt déménagé sans dire un mot. Je fais une buzz lightyear de moi-même : vers l’infini (sous d’autres formes) et plus loin encore !