Sauvez Mononc’ Ovide
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Classé sous (Features, coup de gueule, politique éditoriale) par Exivrogne le 21-06-2008
Il gueulait tout le temps. J’ai toujours pensé que c’est parce qu’il était petit. Les petits ont parfois cette habitude. Ils se braquent sur la pointe des pieds, après s’être donné une swing qui a des airs de vouloir les faire vous sauter à la gorge, puis ils crient. Ils relèvent souvent le menton en même temps. Tout ce qui fait gagner un pouce quoi. Les petits qui voulaient être grands, tout ceux que j’ai connu, ont toujours pris un bon 3 à 4 pouces de cette façon, enfin, jusqu’au son de la claque dans le front. Y’a rien comme une droite entre les deux yeux, dans un camp de bûcheron, pour vous rappeler les dimensions réelles de votre personne, du moins physique.
Mononc’ Ovide était petit, inversement proportionnel à ses opinions. Mononc’ Ovide alors gueulait. La première à s’en faire chier, c’était sa femme. C’était contagieux comme irritant du côlon, la sensation intestinale provoquée par les opinion du mononc’ se répandait comme une traînée de poudre. Un party de Noël, un souper de Pâques, une épeluchette de blé d’Inde, toute réunion familiale quoi, Mononc’ Ovide pouvait vous la tourner en engueulade sur Duplessis, les militaires, le Canada, le Pas-Canada, les féminisses, les tapettes, Mononc’ Ovide opinionnait, ordinaire dans le verbe et le fond, courageux autant que la bière le voulait, instruit à la gazette et la taverne, et au collège classique aussi, vous trompez pas!
Quand Matante Dame D’Ovide en avait plein le cul autant que les oreilles, gênée de mari comme du regard du reste de la famille, elle lui disait toujours:
” Ben oui! C’est ça! Va donc leu dire tout ça à eux zautres au lieu de crier icitte!”
Mononc’ Ovide serrait les dents, les lèvres aussi, tournait la tête comme une girouette pour bien voir tout le monde rire de lui, puis s’ouvrait une autre molle. Y’avait bien Maurice pour tenter de le rallumer comme la truie* dans le coin de la cuisine, avec le journal de Maréal, mais Mononc’ avait pas besoin de lire! Perte de temps et il le savait ce que ça disait. Pas besoin! Dans ce temps-là , un beau-frère se levait, disait “Viens don Ovide, on va aller y dire au Maire, je le connais moé! Ch’t'amène tu suite!” Mononc disait de laisser faire. Y’avait matante aussi dans la cuisine qui lui disait “Mets donc un timbre sur un enveloppe pis marche jusqu’au bureau de poste, envoye la à lui ta marde!” Mononc ouvrait une autre molle, c’est loin le bureau de poste, y’a une limite à avoir des opinions.
Aucun beau-frère a eu à défendre plus de deux fois Mononc’ Ovide. La première il a arrêté de traiter les anglais et les irlandais de pas bons dans une taverne, après une bonne taloche d’un draveur qui l’a retourné chez matante sans qu’il ait besoin de son char, la deuxième quand le Maire l’a décousu dans sa pensée tournée tricotée cousue facile, devant tout le monde à l’assemblée du village au sous-sol de l’Église. C’est les rires du village ce fois-là qui fournissait le lift pis le verre pour la route.
Si Mononc Ovide vivait aujourd’hui, je devrais aller lui parler dans le blanc des yeux. Parce qu’il aurait certainement un blogue, c’est moins long que marcher pour un timbre. Parce qu’il y inscrirait des propos injurieux et gras comme sa haine, parce qu’il serait loin de la taverne des irlandais et des taloches des draveurs, il irait aussi écoeurer ces derniers sur leurs espaces, parce qu’il en a besoin et parce qu’il aime la guerre de mots plus que la paix qu’il dit vouloir, il serait aussi méchant qu’avant, aussi ivre de lui-même qu’au temps des réunions de famille, aussi peu documenté qu’il l’était, parce que c’est long cliquer pour comprendre avant, s’informer mieux, dire mieux, c’est long comme aller chercher un timbre.
Mononc Ovide a longtemps pensé comme une drôle de série de gens que je connais, que la liberté d’expression des blogues est l’ultime droit citoyen. Quand elle prend la forme de Mononc’ Ovide, c’est alors aussi vrai que de dire que la liberté est celle de pouvoir chier partout et sur tout, avec une grosse télécommande qui, sur toute la planète, donne maintenant le droit de salir et traîner à joie, ce qu’autrement on ne lèverait pas son gros ou petit cul pour affirmer avec courage.
Hier j’ai lu des Mononc’ Ovide… J’ai le même mal de coeur aujourd’hui!
* La truie était une expression qui désignait le petit poèle à bois qu’on trouvait au coin des cuisines de l’époque.

un salut rapide… Ã +
Elle est partie
@Juliette - Un au revoir rapide… bye! xxxxx
C’est quoi ça un blog?
Y’en a un mononcle Ovide que si jamais je croise dans la rue, je m’écris pleins de fautes sur les jointures et je lui en mets plein la figure de l’orthographe au visage.
Bon… c’est quoi je disais là ?
Je pense savoir exactement de quoi tu parles.
Je crois qu’on peut émettre une forme d’opinion très crue sur certains sujets sensibles si c’est sincère et si c’est le même discours qu’on tiendrait en personne.
Par contre, l’harcèlement n’est pas une forme d’expression que je privilégie et c’est peut-être là que ça a dérapé.
Pour le reste… je suis ouverte n’importe quand à discuter du militarisme de façon civilisée sur ce blogue ou sur le mien
@Noisette Sociale - Chere Noisette tu le sais, je me tiens loin des discussions politiques et des grands débats
Mais on aura bien un jour l’occasion de nous surprendre de nos idées!
@ Drew: Ce que je peux comprendre!
@Noisette Sociale - Et… non Noisette, je refuse de croire que certaines personnes tiendrait le même discours en personne! J’ai trop vu d’exemples à cet effet! Personne n’a marché longtemps sur ses pieds, de visou, en traitant la femme d’un autre de pétasse.
On a au moins la chance de pouvoir ignorer ces Mononc’ Ovide…
Un débat permet tellement de beaux échanges d’idées et d’opinion, permet de faire grandir les participants et les lecteurs… Un monologue, ça, c’est autre chose.
Je crois en avoir croisé un hier
Comme dit Lucie, on peut au moins choisir de les éviter.
Mais c’est dangereux de savoir comme il leur est facile de se mettre en réseau pour entretenir leurs idées haineuses et chercher à les répandre…
Mais comme tu dis cher ExAlcolo, en général, de retour dans la vraie vie, ils ne tiennent pas les mêmes discours.
Parce qu’en plus d’être aussi bornés, ils sont lâches.
toi aussi tu trouves ça, au moins nous sommes deux
Le danger quand on juge sans connaître c’est qu’on devient soi-même ce qu’on reproche aux autres! Bref, on prouve à tous que nous avons la même manière de penser… Un peu d’ouverture d’esprit permet d’éviter de porter des jugements erronés sur les gens. surtout quand le débat est aussi enrichissant.
Juger une personne sur une simple erreur, c’est tellement triste.
@lucie_666 - Chère Lucie, si je me mets en tête que l’autre est ses gestes, que toute sa personne est ses actes, alors je ne peux plus débattre. Je suis un humain qui buvait, pour mon ex-femme, j’étais un ivrogne. De ce même raisonnement, il y a des féministes, des bis, des gais… Pourtant, nous sommes aussi une personne derrière l’acte. Ce qui, cependant, ne permet pas pour autant de valider toutes les stupidités humaines!
@Jacynthe - Évidemment Jack! Évidemment! Mais chut! Certains ici pensent que je ne parle que d’un cas… tsé les nombrils net
@Caro D - J’en conviens très chère!
@Y-man - Mais bien évidemment Y-man, on a aussi démocratisé la haine et la violence verbale! Liberté crierait-on à Québec!
@MFL - Chère amie, je n’entends pas ici étendre le débat sur le sujet de fond, lequel je refuse de discuter pour ma politique éditoriale qui est drôlement claire à cet effet. J’ai vu l’escalade de mots, d’accusations gratuites et l’enflure verbale autour, je refuse obstinément d’héberger ou d’entretenir le fond, et encore moins de verser dans la forme. Celà dit, le geste est en plusieurs temps, et aurait pu, à l’une ou l’autre des étapes cesser… je lis le contraire autrement… et je n’en suis que plus triste, mais que plus heureux de refuser que ce tienne ici ce genre de haine à voix double… Et je maintiens que dans un mess d’officier, le ton aurait changé…
Mais bon, l’écran protège, tout autant que lorsque un autre viendra salir les anti-militariste, la question n’est pas sur le fond, elle est sur une forme d’une laideur haineuse! Alors me revenez pas de grâce en m’accusant de me trouver de l’un et l’autre des côtés…
Si vous êtes incapable de discuter sur le fond, pourquoi écrire un tel torchon sur ce même sujet?
Noisette, ton commentaire est étrange pour une personne qui a contribué à ce débat. C’est toi-même qui m’a parlé en premier des femmes de militaires.
@Anarcho-pragmatiste - Quand on écrit ses commentaires en 3 temps, c’est souvent alors qu’on le fait sous l’impulsion, c’est je crois là l’un de vos problèmes importants.
Et quand vous écrivez un tel torchon, il n’y a pas d’impulsion?
Si vous êtes incapable de discuter sur le fond, pourquoi écrire un tel torchon sur ce même sujet?
J’ose croire que vous souffrez d’une rechute pour écrire un tel torchon.
Y a des limites à être un complaisant double-standardiste comme vous!
Monsieur, quand j’ai envie de remettre en question ce qui se passe dans cette drôle de société, notamment la militarisation, je prends une grande marche jusqu’à un restaurant tout près d’ici, et de la base militaire, et je gueule un bon coup avec mes invités. J’ai fréquemment ce genre d’assemblées où nous nous étendons sur tout un lot de sujet. Je n’y trouve jamais d’individus qui tiennent votre genre de propos, violents et remplis de haine, aujourd’hui attaquant ma sobriété et demain autre chose, celà dit, si vous désirez que nous ayons un bon repas et discutions plus adéquatement que ce que je trouve dans le billet dont je parle ici, vous êtes le bienvenue, autrement, je vous laisse tout le loisir d’entretenir votre cour comme bon vous semble chez-vous.
Évidemment vous pourrez toujours à cette table utilisez toute la violence verbale qui vous sied, comme Mononc’ Ovide qui finissait ses soirées seul.
Ce sont les militaristes étatistes criminels qui cultivent la haine, pas moi!
Et quand vous écrivez un tel torchon, il n’y a pas d’impulsion?
Si vous êtes incapable de discuter sur le fond, pourquoi écrire un tel torchon sur ce même sujet?
Quand je vous dis que vous devez souffrir d’une rechute, je ne suis pas sérieux: je ne fais que vous offrir un prétexte pour vomir un tel torchon.
Vous serait utile de revisiter votre définition de la violence… et cessez de vous conduire en troll dans mes commentaires, nul besoin de vous répéter, votre conduite le fait d’elle-même. Au plaisir de ce repas pour lequel l’invitation tient toujours!
Je vous suggère de lire ma réplique.
Je soigne mes lectures… sur ce je retourne vacquer à mes occupations!
[...] journaliste aurait été poursuivi pour moins que les propos qu’on a porté dans ce débat stérile et où on légitimait joyeusement la violence verbale dans les commentaires. Pourtant… [...]