D’art d’autrefois

Filed Under (La vie ensuite) by Exivrogne on 25-06-2008

sl1d

Je ne m’ennuie pas souvent de la métropole. Ma vie de montréalais n’a pas été différente de celle que plusieurs gens occupés ont menée.  Métro, déjeuner sur le pouce, retour du boulot, 5 à 7, pointe de pizza à 99 cents et changer le char de côté… des années de tickets. Je peux pas non plus cacher certains bonheurs! Écouter Ponette au cinéma Parallèle, se faire un samedi après-midi à boire un blanc glacé sur Dead can dance, ou encore sortir pour ceci… la danse et cette celle qui la fait m’ont toujours impressionné.

 
icon for podpress  Flash Video: Play Now | Play in Popup | Download

Tout est dans le verbe d’état. Depuis mon dernier horizon professionnel, mon verbe d’état se conjugue autrement. On peut trouver à être comme j’y étais à ce moment en ne faisant que l’effort d’être soi, et autrement. C’est particulièrement ce qui m’occupe ces jours-ci. Retrouver cet état.  Cette forme de communion que je savais trouver entre les beautés qui n’ont pas de ville, de quelque art que ce soit, et m’en laisser toucher.  Cette tâche m’occupe à fond de train ces jours-ci. Retrouver cette sensibilité qui autrement, semble s’être échappé quelque part.

Je saurai quand. Ce sera quand je relierai ce billet et que, en écoutant ce vidéo, il me fera le même effet qu’autrefois. Sinon, autrement, j’aurai l’air, pour l’art comme pour l’alcool, de celui qui cherche jusqu’à tristesse l’effet du premier verre.

Bonne fête nationale fils!

Filed Under (La vie ensuite) by Exivrogne on 24-06-2008

24juin

Cher mon Fils, c’est bien à toi que je pense en ce jour de Fête nationale. Oh va pas confondre, pas de la façon un peu bleue bonbon qu’on entend souvent pour souffler sur certaines braises. Tu sais, j’ai jamais pu rallumer les feux que ton arrière-grand-père avait démarrés. Comme il avait pas l’habitude de montrer comment, c’est resté quelque part, des cendres comme les siennes.

Je sais pas cette usure, cette lassitude, c’est peut-être juste que mon pays c’est toi. Peut-être que c’est ça, c’est peut-être ta fête tiens! T’es peut-être cet espoir de changement, ce vent qu’on nomme de toutes les façons, ce serait mieux qu’une pilule mélangée à la bouffe pour mieux passer, des obstacles nommés défis, des doutes nommés lâchetés, des réticences étiquettées d’obstination et des passions aussi, qu’on appelle des acharnements.

Peut-être que c’est toi ma frontière et mes étendus, mon miroir citoyen et mes reflets d’épargnant, mes rêves de terres rétrécis dans les mises de fonds et mes passeports à deux sous pour des pays de femmes et de mauvais demains. Peut-être que c’est toi le pays que tout le monde découpe et recoupe, ou au contraire conserve jalousement, chacun dans son coin, convaincant des convaincus et déclarant la guerre chaque fois encore une fois.

Peut-être que c’est moi pour qui maintenant un drapeau parachute alors que pour toi  il mongolfie et envole, inventant des verbes pour se dresser et éviter tous les mots connus qui savent plus rêver, sinon mieux mourir. Peut-être que c’est toi alors, d’une nouvelle fierté, avec tous les autres enfants d’ici, sur la palette de couleurs d’une nation créatrice, qui dessinera ce projet de société qui précède tous les pays à conserver, à créer, ou à remuer.

Peut-être que justement, parce que peut-être toi, c’est pour un peu tout ça que je te parais si lâche alors que je ne fais que me dire qu’au moins, en me faisant chaque jour plus vieux et lent de coeur et d’esprit, au moins il serait utile que je ne nuise pas. Et c’est peut-être ce plus beau cadeau, pour cette fête que tu aimes tant, que je choisis de te faire aujourd’hui, celui de ne pas nuire à ta capacité de rêver.

“[...] des rêves qui n’arrivent pas à la cheville du plus noble peut-être: un jour habiter le pays que les enfants auront dessiné”

Alors bon Dieu rêve! Je m’éloigne pendant que tu dessines. Je retourne sans nuire convaincre les convaincus, féliciter le discours de ceux qui pensent comme moi, je retourne écrire mes prudences, cacher mes dissidences, dissimuler d’autres rêves, des rêves qui n’arrivent pas à la cheville du plus noble peut-être: un jour habiter le pays que les enfants auront dessiné. Je le crois de toutes les couleurs, j’aime à le penser plein de cet oxygène qui me quitte en vieillissant, celle du courage de te raconter que sans toi, mon fils mon pays, le mien me glisserait sous les pieds.

Rêve bon Dieu, apprends-moi qu’avant mes limites à repenser, il y a quoi mettre dedans, avant de grandir ou de conscrire il y a m’habiter et me tolérer moi-même, avant toute chose il y a la lente interrogation que les jours amènent en usant chaque fois un peu plus, ai-je le courage de laisser rêver les enfants et de tout simplement, aujourd’hui pour longtemps, ne pas nuire?  Bonne fête nationale mon Fils majuscule.

Petit studio de montage… [edit pour bleue cobalt]

Filed Under (La vie ensuite) by Exivrogne on 22-06-2008

104_4096

Tiens, une incursion chez l’Ex-Ivrogne… une entrée en matière pour vous dire que dans les prochains jours, il va me falloir pas mal de courage. De ce journal qu’avant on ne vous faisait que sur le petit portable de droite, notre installation a maintenant l’air de la photo du haut.  Un disque dur externe qui commence à être saturé des archives du journal, le moniteur de droite qui reçoit tout ce que l’écran plat ne veut pas, même qu’un moniteur de plus serait le bienvenu, mais là, ce serait ma mort conjugale.

Alors il me faut du courage… parce que je dois réinstaller les commodités bureautiques et informatiques de ce salon. C’est des branchements à plus finir. Deux consoles de son avec 6 enceintes chacune, dont deux énormes subwoofers, sans compter les fils qui serpentent le plancher et où les enfants s’accrochent à joie. Alors souhaitez-moi bonne chance, parce que… peut-être demain, oui oui, demain, j’attaquerai, après la pelouse, le dossier fastudieux du réaménagement informatique. Vous comprendrez que pour y arriver, on essaie tant bien que mal de finir le JT3d qui exceptionnellement cette semaine, sortira jour de Fête nationale! Allez, bonne journée!

[edit pour Bleue Cobalt à 19h40] Et voici la chambre à coucher quand on a le temps de se faire un peu de cinéma sans faire le ménage…

100_1046

Sauvez Mononc’ Ovide

Filed Under (Features, coup de gueule, politique éditoriale) by Exivrogne on 21-06-2008

ovide

Il gueulait tout le temps. J’ai toujours pensé que c’est parce qu’il était petit. Les petits ont parfois cette habitude. Ils se braquent sur la pointe des pieds, après s’être donné une swing qui a des airs de vouloir les faire vous sauter à la gorge, puis ils crient. Ils relèvent souvent le menton en même temps. Tout ce qui fait gagner un pouce quoi. Les petits qui voulaient être grands, tout ceux que j’ai connu, ont toujours pris un bon 3 à 4 pouces de cette façon, enfin, jusqu’au son de la claque dans le front. Y’a rien comme une droite entre les deux yeux, dans un camp de bûcheron, pour vous rappeler les dimensions réelles de votre personne, du moins physique.

Mononc’ Ovide était petit, inversement proportionnel à ses opinions. Mononc’ Ovide alors gueulait. La première à s’en faire chier, c’était sa femme. C’était contagieux comme irritant du côlon, la sensation intestinale provoquée par les opinion du mononc’ se répandait comme une traînée de poudre. Un party de Noël, un souper de Pâques, une épeluchette de blé d’Inde, toute réunion familiale quoi, Mononc’ Ovide pouvait vous la tourner en engueulade sur Duplessis, les militaires, le Canada, le Pas-Canada, les féminisses, les tapettes, Mononc’ Ovide opinionnait, ordinaire dans le verbe et le fond, courageux autant que la bière le voulait, instruit à la gazette et la taverne, et au collège classique aussi, vous trompez pas!

Quand Matante Dame D’Ovide en avait plein le cul autant que les oreilles, gênée de mari comme du regard du reste de la famille, elle lui disait toujours:

” Ben oui! C’est ça! Va donc leu dire tout ça à eux zautres au lieu de crier icitte!”

Mononc’ Ovide serrait les dents, les lèvres aussi, tournait la tête comme une girouette pour bien voir tout le monde rire de lui, puis s’ouvrait une autre molle. Y’avait bien Maurice pour tenter de le rallumer comme la truie* dans le coin de la cuisine, avec le journal de Maréal, mais Mononc’ avait pas besoin de lire! Perte de temps et il le savait ce que ça disait. Pas besoin! Dans ce temps-là, un beau-frère se levait, disait “Viens don Ovide, on va aller y dire au Maire, je le connais moé! Ch’t'amène tu suite!”  Mononc disait  de laisser faire. Y’avait matante aussi dans la cuisine qui lui disait “Mets donc un timbre sur un enveloppe pis marche jusqu’au bureau de poste, envoye la à lui ta marde!” Mononc ouvrait une autre molle, c’est loin le bureau de poste, y’a une limite à avoir des opinions.

Aucun beau-frère a eu à défendre plus de deux fois Mononc’ Ovide. La première il a arrêté de traiter les anglais et les irlandais de pas bons dans une taverne, après une bonne taloche d’un draveur qui l’a retourné chez matante sans qu’il ait besoin de son char, la deuxième quand le Maire l’a décousu dans sa pensée tournée tricotée cousue facile, devant tout le monde à l’assemblée du village au sous-sol de l’Église. C’est les rires du village ce fois-là qui fournissait le lift pis le verre pour la route.

Si Mononc Ovide vivait aujourd’hui, je devrais aller lui parler dans le blanc des yeux. Parce qu’il aurait certainement un blogue, c’est moins long que marcher pour un timbre. Parce qu’il y inscrirait des propos injurieux et gras comme sa haine, parce qu’il serait loin de la taverne des irlandais et des taloches des draveurs, il irait aussi écoeurer ces derniers sur leurs espaces, parce qu’il en a besoin et parce qu’il aime la guerre de mots plus que la paix qu’il dit vouloir, il serait aussi méchant qu’avant, aussi ivre de lui-même qu’au temps des réunions de famille, aussi peu documenté qu’il l’était, parce que c’est long cliquer pour comprendre avant, s’informer mieux, dire mieux, c’est long comme aller chercher un timbre.

Mononc Ovide a longtemps pensé comme une drôle de série de gens que je connais, que la liberté d’expression des blogues est l’ultime droit citoyen. Quand elle prend la forme de Mononc’ Ovide, c’est alors aussi vrai que de dire que la liberté est celle de pouvoir chier partout et sur tout, avec une grosse télécommande qui, sur toute la planète, donne maintenant le droit de salir et traîner à joie, ce qu’autrement on ne lèverait pas son gros ou petit cul pour affirmer avec courage.

Hier j’ai lu des Mononc’ Ovide… J’ai le même mal de coeur aujourd’hui!

* La truie était une expression qui désignait le petit poèle à bois qu’on trouvait au coin des cuisines de l’époque.

Triste!

Filed Under (La vie ensuite) by Exivrogne on 19-06-2008

Dans la liste des blogues que je lis quotidiennement, il y a en un certain nombre qui sont pas identifiés dans ma blogoliste.  Ce sont des gens qui font le même combat que celui que je mène, des gens dont j’ai besoin pour continuer à croire que le monde tourne mieux quand les gens comme moi continuent de ne pas prendre le premier verre.

Certains matin je lis des messages d’une grande beauté, des richesses que les gens arrivent à trouver dans ce nouveau bonheur loin de la substance, des matins aussi je lis des nécrologies, parce que c’est ce que ça représente quand l’un d’entre-nous fait le choix de retourner en enfer.

Ce matin c’est la seconde catégorie que j’ai eu à lire dans un billet. On ne peut pas tous gagner que vous me direz… mais je n’ai pas le droit de bêtement accepter que montent les statistiques de ceux qui choisissent de retourner mourir.