Des larmes pour défense
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Classé sous (Ex-Ivrogneries, La vie ensuite) par Exivrogne le 02-07-2008
Des larmes comparables à celles que l’on verse quand on se refuse de toucher à nouveau à un amour qui brûle, qui détruit, qui anéantie.
J’ai un ami qui a soif. Pas n’importe laquelle des soifs. Une soif rude, intérieure, prenante, paralysante, insidieuse. Quand on cesse de boire, surtout les premiers jours, il est normal que cette dernière se pointe le nez, surtout quand toute votre vie, du plus loin que votre mémoire puisse vous ramener, vous buviez.
Je vous en parle parce que j’ai envie de le féliciter. Parce que vous ne savez pas la soif, pour la majorité d’entre-vous chers lecteurs. Vous ne savez pas les larmes de colère, tournée contre soi et l’amour fou de cette substance, les larmes qui demeurent à ce moment la seule arme libératrice de l’emprise de la soif.
Des larmes d’une grande signification aussi, pas seulement de la souffrance, mais de la détermination que possède quelqu’un à ne pas consommer, aujourd’hui, maintenant. Des larmes qui signifient le pacte presque contre-nature qu’un ivrogne fixe avec lui-même de ne pas aller vers son mouvement le plus naturel. Des larmes qui signifient que cette séduction douloureuse de la bouteille, bien l’ivrogne refuse de s’y rendre. Des larmes comparables à celles que l’on verse quand on se refuse de toucher à nouveau à un amour qui brûle, qui détruit, qui anéantie.
Je connais ces larmes. Des larmes de résistance, des larmes pour dire que tout ce que l’on a en soi, enfin presque tout, nous pousse vers la souffrance de refuser encore de toucher ce premier verre. Des larmes qu’on dirige à qui veut bien les prendre parce qu’autrement, on va brûler de l’intérieur, mourir debout, crever sur les genoux, ensuite. Des larmes que je vous demande de prendre pour mon pote, vous avez pas idée de son combat d’hier, vous avez même pas idée de sa réussite aujourd’hui, parce que c’est de ça qu’il est surtout question dans ce billet, de ce grand miracle qu’est mon ami lointain, sobre une journée de plus.

Non, comme tu dis, je n’ai pas idée. Je me contente de féliciter ceux qui prennent la décision de se détourner de cette soif, et qui arrivent à tenir, malgré tout…
Et je leur souhaite un entourage plein de courage
Une fois, j’ai eu à quitter un homme que j’aimais profondément, intensément. Il me faisait mal, il me nuisait, il me détruisait. Mais dieu que je l’aimais quand même. J’avais une telle soif de lui, et j’ai du combattre si fort, si fort pour ne pas retourner malgré ses suppliques, malgré ses promesses, malgré, même, mes propres promesses…
J’imagine que ce combat se compare peut-être un peu à celui de la bouteille qui miroite et détourne l’attention vers ses magies de promesses comme une sirène qui par ses chants vous mènent directement au fond de l’océan… Résister aux sirènes… difficile. Mais nécessaire pour rester à ce point vivant.
je connais ces larmes…… et j’apprends celles qui nous retient de se garrocher dans la vague a nouveau… desolee toujours pas d’accent… de passage
@CaroD - Parait qu’il se sent léger l’ami aujourd’hui, du coup je me sens léger comme une plume aussi! Quand je vous dis, un miracle!
@Intellex - Voilà pourquoi je faisais le lien avec l’amour chère Intellex, peut-être le seul domaine où on peut faire un parallèle!
@Juliette - Bienvenue à bord dame Juliette, c’était un gros hameçon à Exivrogne ce texte, je l’avoue, je lis votre journal de bord silencieusement chaque jour, revenez-nous dans tous les morceaux
Je n’ai jamais eu à mener de combat contre une pulsion dévorante envers une substance… (l’alccol me saoûle au bout d’un verre, je n’ai jamais fumé)… j’ai jamais eu à verser de larmes pour m’empêcher de…
Ca doit être dur de tenir….
Même en amour, j’ai pas ramassé mes dents…
Je crois que je me suis promis de ne jamais suivre le chemin de mon père… je suis une vraie tête de mûle… je veux pas souffrir…
Un bien beau billet pour ton ami….