Tant qu’elle saura pas ce qu’on fête!
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Classé sous (La vie ensuite) par Exivrogne le 22-07-2008
Elle est intéressante la réflexion qui anime certains blogueurs autour des fêtes du 400e de la ville de Québec. Intéressante pour ce qu’elle met aussi en lumiere notre drôle de manie d’occulter certains débats, de stériliser certaines idées, de frôler le dogme sous le couvert des principes, de rendre tout raisonnement contraire tabou, ne serait-ce que la liberté de dire.
Il faudra se rappeler combien les citoyens auront, dans un emballement rétro-généré avec les médias de la capitale, participé à dénigrer l’organisation des fêtes bien avant que le coup d’envoi soit lancé. Maintenant que tout va bien selon les festifs, on voudrait bien que la planète toooootale partage l’emballement qu’on ressent… On est si souvent comme ça nous les tricotés serrés: On varge à joie sur une idée, on se laisse pas mal d’espace juste au cas où elle survivrait, puis quand elle survit l’idée, là on a un “je le savais que ça marcherait!” jamais bien loin. Sinon, au pire des cas, “On l’avait dit hein que ça allait foirer!”
Épouse hier je lui ai demandé qu’est-ce qu’elle ressentait après avoir lu l’optimisme quotidien débordant de mon ami Mario et l’analyse stoïcienne de mon chum Michel. C’est même pas pour personnaliser le débat, c’est au moins assez pour l’illustrer. Chez Mario, on lira “Notre monde est sur le party… Ça donne quoi, d’essayer de jouer au fin fin avec de la p’tite politique alors que la Fête est si belle?” alors que chez Michel on en marre en ces mots “[...] bien des gens reprennent à leur compte le célèbre «toé, tais toé» de Maurice Duplessis”.
Épouse elle en pensait quoi vous me demanderez? Sa réponse a été juste ceci “Tant que je saurai pas qu’est-ce qu’on fête!” Alors elle a pris tout ce qu’on avait de documents de promo ici, elle a fouillé pas mal partout. Elle est revenue avec sa trouvaille. “On fête la rencontre, c’est ça qu’ils disent partout. Faque on peut toute fêter! Rencontre d’untel avec untel, tel peuple pis l’autre, c’est la rencontre.”
J’aurais pas mis une seconde mes jambes dans les culottes des organisateurs. Parce que la rencontre, si c’est le thème choisi, faut voir qui et comment. Les premières rencontres entre les premières-nations et le colinisateur, en ce temps, ont parfois tenu davantage du face-à-face sur la 132 des bois que de l’appel de phare calme et courtois. La rencontre des deux solitudes linguistiques aussi a eu des airs assez fracassants! Rencontre donc ne peut suffir si on lui ajoute pas le mot réconciliation. Parce que pour fêter des rencontres qui n’ont pas toujours été de tout repos, faut le faire dans un esprit de réunion… mais bon, vous l’auriez tenté vous le coup de fêter sous le sens de la réunion, porteuse de réconciliation?
J’ai regardé épouse et je lui ai expliqué que quand je vais sur une route de campagne, je rencontre des chars, je rencontre mon ex le vendredi soir pour le fils, j’essais de pas rencontrer son avocat trop souvent, je rencontre tout le temps. Qu’est-ce que vous fêtez vous une fois par année avec votre femme? La première “rencontre” ou quand vous avez scellé votre union, votre amour, d’une nuit folle ou d’un curé!

c’est pas si c’est moi qui a inspiré ce billet ou bien l’autre avec son optimiste ??? mais reste que moi je suis contente que cette soirée ce soit bien déroulée, qu’il n’y ait pas de conneries comme parfois l’humain est capable. Je suis contente que le nom de Québec ait un instant rayonné dans les journaux.
C’était le but. Rayonné le temps d’un rayon…
Au diable les chicanes de balcon