Un mariage ou un Get Together?


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Classé sous (mariage) par Exivrogne le 18-08-2008

Je déteste pas sous certains soirs un peu calmes m’offrir quelques conférences de la TELUQ. J’aime d’abord constater comment on peu resservir un argumentaire simple et proposer des faits évidents et connus de tous en leur donnant des airs de découvertes simplement en les exposant avec pas mal de mots savants, de gestes larges et de rythmiques oratoires soutenues.  J’aime aussi quelques autres exposés, franchement rafraîchissants, et c’était bien le cas de celui qui m’a inspiré ce billet, sur les réseaux sociaux et le 2.0. (les références suivront, je dois filer…)

C’est un peu à cause du mariage et d’une drôle de frénésie qui tourne tout autour, qui prend des airs de "Get together" du temps de MIRC. Pour mieux y réfléchir, je vous expose l’idée de la conférencière, qu’ensuite je vous clarifie dans mes mots d’ivrogne.  La dame elle racontait notamment que le lien qui se tisse entre deux personnes par le blogue et les logiciels de messagerie comme MSN souffre de l’absence de tiers partie.  S’ensuit inévitablement une perception que l’on a de l’autre, le "contact", qui souffre soit d’idéalisation de l’autre, ou encore d’une mauvaise interprétation de ce qu’on nous écrit en chat… ou en commentaires sur les blogues.

En clair, si à l’époque Ginette vous était l’occasion de rencontrer René dans une épluchette de Blé d’Inde, vous aviez la chance de voir René dans son environnement naturel, un party, et de vous en faire une meilleure idée. Si votre perception était carrément tordue, Ginette pouvait alors vous dire "T’inquiète, il est pas toujours aussi con, c’est un bien bon monsieur quand il est pas assis sur un épi avec la 8e canette de Bleue à la main."  Soyez patients, on y arrivera à ce mariage, juré…

La conférencière qualifiait certaines de nos nouvelles relations sur la toile de "liens faibles" et certaines amitiés Facebook de "liens lâches".  C’est-à-dire que si j’avais peine à prendre le courage ou le temps de m’adresser à ma voisine aux fleurs habituellement, je n’hésitais pas à le faire par le truchement des applications sociales qu’offrent le 2.0.  C’est là le "lien lâche".  Le lien faible pour sa part est celui que j’entretiens avec moins de sérieux ou d’investissement relationnel parce qu’il est tout simplement davantage soutenu par le truchement de l’informatique que par l’effort physique de partir d’un point A vers un point B pour entrer en contact, puis en relation avec l’autre.  

Notre conférencière en venait ensuite aux Get Together, les GT, les événements qui existaient à l’époque dans les "chatrooms" et qui avaient pour but de réunir tous les "chatteux" en un même lieu pour voir enfin la binette de l’autre.  La différence entre l’épluchette de blé d’inde et le GT? Come on, vous faites exprès, je viens de vous le dire… l’absence de Ginette, savez!? Le tiers!

Elle en vient aux GT donc la dame. Elle raconte qu’ils sont l’occasion de déceptions plus ou moins profondes. Puis la conférence a pris une drôle de tournure et le temps a visiblement manqué à la dame. Je suis resté sur mon appétit. Pourquoi?

Parce qu’elle était jeune un tantinet. Tiens, il lui manquait l’aspect du besoin d’occuper le leadership laissé vacant dans l’espace qu’est une "chatroom" ou maintenant un espace social numérique. Les salles de chat avaient toutes à l’époque leur meneur, plus ou moins désigné par les lecteurs.  Ensuite manquait l’aspect de soi et de la perception que l’on a de soi, puis celle que l’on souhaite que l’autre aie de nous, le contrôle sur ce message, sur ce moi que nous exposons ou exposerons lors de l’événement.  L’aspect aussi de dénaturer l’occasion de la rencontre, pour assurer la qualité de la présentation de ce moi.  Vous suffit de créer un événement pour le savoir, mariez-vous et lancez les invitations, je vous jure vous comprendrez… j’y reviendrai demain et je vous laisse en attendant vous énerver dans mes commentaires.