Allez, on le faisait si doucement toi et moi. Les silences devenaient de plus en plus des musiques de fond. Les échanges superficiels, nos non-dits, de drôles de voiles sur des émotions répétées mais jamais trop comprises, un personnage plus près du vrai, mais le vrai qui a quand même toujours besoin de sortir, de prendre l’air, de respirer, autrement qu’ici, autrement que dans ce nous qui n’est plus trop, tu le sais toi aussi ma mie, tu le sais que j’étouffe d’être enfin moi.
Les voyeurs n’ont rien à branler des exhibitionnistes, et c’est bien ainsi, je l’aurai jamais été, juste ce qu’il fallait sinon, chialer ici pour pas crier ailleurs, déchirer et fendre ici, pour recoller des morceaux de vie qui n’ont plus rien d’éparpillés. Puis c’est pas une guérison, ma mie, c’est juste un espoir, une rencontre avec moi après quatre ans, une réflexion de nous qui s’achève, qui demande qu’à naître autrement, à un autre nous deux.
Alors voilà. Je vais plus t’écrire de cette façon. Je vais plus signer de mon nom, de cet ex devant le mot qui a fait si mal, jamais autant aux autres qu’à moi, je vais partir doucement ma mie, pas sans te dire que je t’aime encore autant que j’ai aimé tes mots un peu chaque jour, je vais partir, là, maintenant, en ce moment, sur cette dernière ligne, le temps tout juste de te dire que si l’on est à se manquer, c’est qu’alors on aura tout juste pas vraiment été.
Alors je suis nul en adieu, je l’ai même pas fait pour mon grand amour le dernier verre, tu m’en voudras pas de pas faire mieux ici, dans ce dernier billet, dans ce dernier mot de l’ex ivrogne, qui prend que le blanc sur le noir, qui file comme un voleur, comme quelqu’un qui va enfin mieux, ma mie, c’était temps, tu me diras, c’est maintenant, voilà.

