C’est pas la loi de Murphy!

Filed Under (La vie ensuite) by Exivrogne on 05-09-2008

Je fais ici appel à ceux qui s’y connaissent un tantinet en science, qui peuvent expliquer un phénomène qui s’apparente peut-être à la Loi de Murphy mais qui s’adresse plus spécifiquement au son, et il s’agit du problème suivant:

“Plus je tente d’éviter de faire du bruit et plus les différents mouvements de mon corps tendent à en produire. Plus je prends des précautions pour éviter de produire des sons, plus les objets sembles disposés pour en produire, plus leur position dans l’espace offre davantage d’occasion de produire un son, et plus leur déplacement me semble bruyant.”

Cas numéro 1:  Je vais dormir dans la chambre en plein jour, je ferme la porte avec aisance et sans bruit. Je me lève la nuit, je ferme la porte et elle se bute invariablement sur la base du lit.
Cas numéro 2:  Je tente de dégager le fil du portable le matin et la chose se fait sans heurt. La nuit, le même exercice fait se coincer le fil dans la plaque de ventilation du portable qui elle déconcrisse el camp sur le plancher de bois franc.
Cas numéro 3:  Je fouille dans l’armoire pour emplir mon briquet en plein jour. Opération facile. Je fouille dans l’armoire de nuit pour cueillir la bouteille d’essence liquide et une tasse thermos de métal calisse le camp sur la sécheuse.

Me sortez pas Murphy. Sa loi expliquera tout simplement pourquoi c’est la tasse la plus bruyante qui va atterrir sur l’objet le plus bruyant qui peut l’accueillir. Mais elle n’expliquera pas le rapport du son et de sa propension à être plus présent au moment où on le désire le moins. Vous avez pas d’explications? Alors racontez-moi vos anecdotes bruits pour égayer mon week-end!

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Au nom de tous les miens

Filed Under (mariage) by Exivrogne on 03-09-2008

Quand j’ai mis les pieds à Québec dans cette deuxième moitié de vie que je me suis offerte, c’est le peuple huron qui m’y a accueilli. Mes premières amitiés, mes premiers liens significatifs, c’est au sein de ce peuple qu’ils se sont tissés. J’ai eu la chance de voir les astres s’aligner suffisamment pour m’approcher de très près de cette nation qui s’est révélée à moi dans ce qu’elle a de plus authentique, de plus courageux, de plus fier, aussi.

En plus du coup de chance, l’écoute aura été la deuxième condition nécessaire à entretenir avec eux une relation aussi entière que celle que nous partageons actuellement. Le peuple blanc a tout avantage à se rappeler son histoire au contact de ces gens, et s’il l’ignore, alors il lui sera utile d’écouter, d’entendre, de ressentir la douleur vive et encore bien présente, sise entre la mémoire des colères et le devoir de se rappeler. Aucun autre pardon, même celui d’un chef religieux, n’égale en exigences et en humilité celui auquel consentent chaque jour les premières nations.

Pour ce peuple, entre en amitié avec un blanc demande de donner ce précieux sentiment malgré une confiance qui est encore entièrement à rétablir. Alors que le peuple blanc résiste à l’engagement*, signe et contre-signe des ententes avec son propre peuple, ces derniers vont de l’avant sur la foi des mots, offre une loyauté sur la base d’une confiance mainte fois ébranlée, choisisse pour leur vaste majorité la patience et l’unité plutôt que l’affrontement et le gain fragile.

Alors que notre toute nouvellement reconnue nation laisse derrière elle son héritage religieux, celui-là même avec lequel elle aura tenté de soumettre et assimiler toute une génération d’enfants, ce peuple s’approprie à nouveau son histoire, renoue avec sa culture, recherche son langage et présente à la face du monde ses racines vives et sereines. Quiconque peut avoir la chance d’entendre ce peuple ne peut que conclure qu’il a maintenant les certitudes à la mesure de nos propres doutes.

Voir ce peuple et son chef accepter, malgré nos hiers de colonisateurs, de nous offrir une cérémonie issue de leur peuple, sans souligner toute l’ironie que pourrait contenir cette vengeance de l’histoire sur l’histoire, est la preuve de toute l’humilité qui peut les animer. De voir avec quelle amitié, quelle chaleur et quel respect leur chef peut orchestrer le moment est certainement la plus belle leçon de fierté que procure le pardon, aussi fragile soit-il.

Là on se le dit entre nous. C’est entre blancs qu’ils diraient… mais il me faudra lui dire à lui, et pas du bout des lèvres, comme un chuchotement qui a rien d’un peuple qui se souvient.

* Simplement constater combien nous hésitons à unir notre vie à une autre personne, à mettre en commun nos ressources, à tout juste faire confiance sans papier…

Silence radio…

Filed Under (La vie ensuite) by Exivrogne on 02-09-2008