Qu’est-ce qu’on fait maintenant?

Filed Under (coup de gueule) by Exivrogne on 21-07-2008

­"À Pékin, des propriétaires de bars viennent de recevoir l’ordre de ne plus servir les Noirs. [...] En contradiction avec le slogan officiel des Jeux – One World, One Dream –, les autorités chinoises préparent secrètement l’interdiction d’entrée dans les bars de la capitale aux Noirs et aux autres populations «socialement indésirables»"

Via Canoe

Si vous avez une idée, soufflez-la lui!

Mourir une fois de trop

Filed Under (Ex-Ivrogneries, La vie ensuite, coup de gueule) by Exivrogne on 19-07-2008

dying

Dans une seule pause que ton ivresse aurait prise, j’aurais pu te parler. Une toute petite pause, toi seul aurait pu choisir de la donner. Te parler de ce réveil il y a quelques minutes, après une sieste pour calmer ce dos qui veut me lâcher, te dire le goût de la vie que contenaient les deux fraises qui m’ont filé un sourire. Te dire un enfant, pas plus grand que neuf mois, des yeux pour avaler la vie et la danser en me sautillant sur le ventre, mes doigts dans ses poings. Te dire le fils qui est venu se raconter, rien de neuf, sa mère a pas changé, tu le sais, mais te dire le fils, c’est déjà beaucoup non? Te dire le vent, quand tu fermes les yeux, quand des caresses comme des maîtresses, les vraies, celles-là même une choisie qu’on peut mener jusqu’à nos septembres. Te dire des morceaux de vraies vies, dans une pause de ta putain d’ivresse, te dire des morceaux plus grands que ceux que tu te fais ramasser, ivre mort, meurt pas ivre, pauvre con. Con qui un jour va finir par mourir une fois de trop. Con et ami parce que je t’aime.

Moi mes souliers

Filed Under (coup de gueule) by Exivrogne on 11-07-2008

Cher mon Fils,

J’avais écrit un très long billet. Un immense. Je ne le publierai pas. Il soulèverait un tas de trucs qui nous éloigneraient de l’essentiel. Parce que l’essentiel, c’était sur la pensée. C’était ensuite sur l’échange et l’exposé de la pensée.

Premièrement, avant toute chose, lorsque tu seras certain de ton idée, il serait utile que tu prennes cette hypothèse et ce que tu passes au moins le même temps à lire sur ceux qui croient que ton idée est complètement farfelue.  Si on parlait de fondements politiques, il se pourrait donc que lorsque tu as les fesses dans un extrème, il te soit utile de lire tout autant sur son opposé.  Pourquoi? Parce qu’en te baladant de l’un à l’autre, tu ne peux que passer deux fois par le centre.  C’est à mon avis là où se trouve ce qui se rapprochera le plus de ta recherche. Ta mère aimera l’appeler modération.

Ensuite quand viendra le temps d’exposer ton idée, ce serait pas du tout con de le faire là où tu te retrouves pas en terres bénies et chéries par tes propres Dieux, devant des disciples qui te diraient que t’es le meilleur, même si t’étais comme moi le dernier des marioles.  À la taverne, on m’a si souvent dit que j’étais génial!  Rappelles-toi tout simplement que des curés et de Jésus, c’est le second qui a été le plus populaire.  Pas seulement parce qu’il a fait pas mal de pirouettes selon la légende, mais surtout aussi parce qu’au lieu de faire comme les premiers, il s’adressait à des gens qui pensaient pas une seule minute comme lui.

J’avoue que c’est assez vache finir crucifié, c’est même assez moche de se faire cracher dessus tout en se faisant flageller, mais c’est déjà mieux que de se faire applaudir chaque vendredi soir par notre collègue de la ligue de quilles.

Choisir entre le crucifix et les quilles? Au moins en réfléchissant à l’un et l’autre, je passe deux fois par le centre! Je risque alors de finir athé, mais en dehors d’une salle à souliers deux couleurs.  Allez mon grand, je sais que tu comprendras ;-)

Sauvez Mononc’ Ovide

Filed Under (Features, coup de gueule, politique éditoriale) by Exivrogne on 21-06-2008

ovide

Il gueulait tout le temps. J’ai toujours pensé que c’est parce qu’il était petit. Les petits ont parfois cette habitude. Ils se braquent sur la pointe des pieds, après s’être donné une swing qui a des airs de vouloir les faire vous sauter à la gorge, puis ils crient. Ils relèvent souvent le menton en même temps. Tout ce qui fait gagner un pouce quoi. Les petits qui voulaient être grands, tout ceux que j’ai connu, ont toujours pris un bon 3 à 4 pouces de cette façon, enfin, jusqu’au son de la claque dans le front. Y’a rien comme une droite entre les deux yeux, dans un camp de bûcheron, pour vous rappeler les dimensions réelles de votre personne, du moins physique.

Mononc’ Ovide était petit, inversement proportionnel à ses opinions. Mononc’ Ovide alors gueulait. La première à s’en faire chier, c’était sa femme. C’était contagieux comme irritant du côlon, la sensation intestinale provoquée par les opinion du mononc’ se répandait comme une traînée de poudre. Un party de Noël, un souper de Pâques, une épeluchette de blé d’Inde, toute réunion familiale quoi, Mononc’ Ovide pouvait vous la tourner en engueulade sur Duplessis, les militaires, le Canada, le Pas-Canada, les féminisses, les tapettes, Mononc’ Ovide opinionnait, ordinaire dans le verbe et le fond, courageux autant que la bière le voulait, instruit à la gazette et la taverne, et au collège classique aussi, vous trompez pas!

Quand Matante Dame D’Ovide en avait plein le cul autant que les oreilles, gênée de mari comme du regard du reste de la famille, elle lui disait toujours:

” Ben oui! C’est ça! Va donc leu dire tout ça à eux zautres au lieu de crier icitte!”

Mononc’ Ovide serrait les dents, les lèvres aussi, tournait la tête comme une girouette pour bien voir tout le monde rire de lui, puis s’ouvrait une autre molle. Y’avait bien Maurice pour tenter de le rallumer comme la truie* dans le coin de la cuisine, avec le journal de Maréal, mais Mononc’ avait pas besoin de lire! Perte de temps et il le savait ce que ça disait. Pas besoin! Dans ce temps-là, un beau-frère se levait, disait “Viens don Ovide, on va aller y dire au Maire, je le connais moé! Ch’t'amène tu suite!”  Mononc disait  de laisser faire. Y’avait matante aussi dans la cuisine qui lui disait “Mets donc un timbre sur un enveloppe pis marche jusqu’au bureau de poste, envoye la à lui ta marde!” Mononc ouvrait une autre molle, c’est loin le bureau de poste, y’a une limite à avoir des opinions.

Aucun beau-frère a eu à défendre plus de deux fois Mononc’ Ovide. La première il a arrêté de traiter les anglais et les irlandais de pas bons dans une taverne, après une bonne taloche d’un draveur qui l’a retourné chez matante sans qu’il ait besoin de son char, la deuxième quand le Maire l’a décousu dans sa pensée tournée tricotée cousue facile, devant tout le monde à l’assemblée du village au sous-sol de l’Église. C’est les rires du village ce fois-là qui fournissait le lift pis le verre pour la route.

Si Mononc Ovide vivait aujourd’hui, je devrais aller lui parler dans le blanc des yeux. Parce qu’il aurait certainement un blogue, c’est moins long que marcher pour un timbre. Parce qu’il y inscrirait des propos injurieux et gras comme sa haine, parce qu’il serait loin de la taverne des irlandais et des taloches des draveurs, il irait aussi écoeurer ces derniers sur leurs espaces, parce qu’il en a besoin et parce qu’il aime la guerre de mots plus que la paix qu’il dit vouloir, il serait aussi méchant qu’avant, aussi ivre de lui-même qu’au temps des réunions de famille, aussi peu documenté qu’il l’était, parce que c’est long cliquer pour comprendre avant, s’informer mieux, dire mieux, c’est long comme aller chercher un timbre.

Mononc Ovide a longtemps pensé comme une drôle de série de gens que je connais, que la liberté d’expression des blogues est l’ultime droit citoyen. Quand elle prend la forme de Mononc’ Ovide, c’est alors aussi vrai que de dire que la liberté est celle de pouvoir chier partout et sur tout, avec une grosse télécommande qui, sur toute la planète, donne maintenant le droit de salir et traîner à joie, ce qu’autrement on ne lèverait pas son gros ou petit cul pour affirmer avec courage.

Hier j’ai lu des Mononc’ Ovide… J’ai le même mal de coeur aujourd’hui!

* La truie était une expression qui désignait le petit poèle à bois qu’on trouvait au coin des cuisines de l’époque.

Paroles d’ivrogne

Filed Under (La vie ensuite, coup de gueule) by Exivrogne on 15-05-2008

Rz_102b Vous le savez, je parle jamais de la chose politique, pas plus que je me pointe le nez dans les grands débats que vous aimez remuer un peu partout chez-vous. Mais ce matin, on va faire un peu différent. Ce le sera pour une seule raison d’ailleurs, c’est que je vais vous raconter une discussion que j’ai eu avec un monsieur, avec un directeur de son école en fait.

Épouse vous l’a mentionné, on est aux prises avec une bande de joyeux voyous. Ceux qui ont pu suivre un peu les commentaires se seront rapidement rendu compte que j’en avais marre au point de me rendre à l’école pour identifier ces jeunes tordus avec l’aide du directeur. Ben voilà, c’est un peu de ça qu’on va se causer ce matin, mais c’est sur une autre question, et c’est même de sa faute à lui.

-  Dites-moi monsieur l’ivrogne, les cours d’éthique religieuse et tout le reste, à vous, ça vous dit quoi!? qu’il me demande le directeur.

-  C’est la meilleure façon de ne pas arriver à faire ce qu’on prétend faire monsieur!

-  Ah!? me fait l’homme heureux de me voir mordre l’hameçon. Faut vous dire que j’allais pas manquer ce barbecue.

Alors il a voulu que je lui raconte. Paroles d’ivrogne. Je vais vous résumer le tout ici. Et je dis résumer. Parce que j’ai pas le temps de vous faire le grand tour de la question, parce que je vais tout simplement ouvrir sur mon argument principal, et parce que surtout, je vais compter sur votre intelligence pour conclure assez aisément sur ce qui me chicote, au fond.

L’enfant recevra le contre-message, directement de sa famille, avec une force qui risque de surpasser celle de l’enseignant [...]

On est dans les valeurs. On se retrouve avec une formation sur les valeurs. Or, qui dit valeur dit dans la même veine conflit de valeurs. Avec quoi, c’est peu important, c’est surtout le "avec qui" qui devient préoccupant ici. On est loin du bon vieux cours de morale où le pardon se retrouvait dans le programme pédagogique au côté du mot tolérance, qui a l’imbécile connotation de "endurer", mais ça c’est une autre histoire. Alors voilà, je vais vous faire l’histoire de petit ivrogne quand il était en morale et qu’on lui a appris le pardon en morale.

Petit Ivrogne revient de classe:

-  Maman, on a parlé du pardon aujourd’hui! (de dire petit ivrogne à sa maman qui sortait d’un divorce houleux avec un pédo incestueux violent…)

-  Le pardon mon grand, c’est la façon d’oublier de donner les coups de pieds dans le cul à ceux qui le méritent et les encourager lâchement à aimer ne pas en recevoir.

On a plus jamais trop reparlé du pardon. On a longtemps constaté qu’on avait chez-nous des conflits de valeurs.  Il se peut qu’un soir notre grande arrive à la maison pour nous dire que Bouddha, tout comptes faits, il a l’air d’un type bien. Puis Mahomet aussi. Bon, chez-nous, on va en parler calmement, comme pour le Père-Noël, la fée des dents, Jésus et le bon Dieu. Mais il y a des familles où ça va crier ferme. Des familles où l’enfant va rapidement comprendre qu’il est au coeur d’un conflit de valeurs dans son enseignement et comment ses parents ont envie de pas du tout poursuivre les explications.

Qui dit conflit de valeurs dit surtout émotions quant à la façon de les exprimer pour qui en ressent le choc. L’enfant recevra le contre-message, directement de sa famille, avec une force qui risque de surpasser celle de l’enseignant qui ne fait que se conformer à la dispense d’un programme qu’on lui impose. Aussi, plus triste encore, l’argumentaire parental créera exactement l’opposé des objectifs louables d’un tel programme, unir les jeunes québécois autour de leur nouvelle réalité citoyenne.

Il s’agissait de regarder un peu la commission Bouchard-Taylor pour le comprendre, il fallait que quelques minutes pour saisir qu’on allait plutôt creuser un fossé en tentant de mettre de l’avant, par et chez l’enfant, cette culture d’autrements qu’on tente d’amener dans les écoles.

Dans ce temps-là j’ai envie d’avoir l’opinion de mon ami Mario. J’ai regardé le directeur d’école et lui ai raconté mon meilleur ami, mon ami le polonais, on avait 9 ans je crois dans le temps, comme mon fils maintenant. On a eu un cours d’éthique et de culture assez simple. Un ballon, une cour de récré, un directeur pour venir jouer avec nous pendant 3 jours dans la cour, un directeur qui nous a demandé de lui apprendre le ballon-chasseur, puis le ballon-milieu, puis la tag, puis le roi de la montagne…

Ensuite? Debout devant un globe terrestre, puis à la bibliothèque… sur le tas, doucement, dans le plaisir, dans le jeu. Quand j’ai ramené mon copain David à la maison, ça a jamais été si compliqué que ce ne l’avait été pour le pardon. Ma mère voyait un enfant heureux. Ce programme comporte deux erreurs majeures. Il ne se fait pas avec le parent, et il a oublié surtout une chose ce programme, le jeu demeure, comme en santé, le jeu demeure pour l’apprentissage le meilleur lien que l’on puisse faire entre l’être et le savoir qu’on aimerait lui faire rencontrer.

  • Jours depuis la dernière insomnie: 4
  • Humeur matinale: Bonne
  • Niveau de stress: Satisfaisant
  • Moral: Bien
  • Crédit photo:  Photo-Libre

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