Écart entre vivre ou mourir

Filed Under (Ex-Ivrogneries, La vie ensuite) by Exivrogne on 01-05-2008

[Via Flickr ElGringos]

- Voilà la prescription! qu’il dit.

Le mec reste de glace, pioche sur son clavier, puis le regarde sans broncher:
- Ce sera 7400$.
- Pour un mois? Vraiment? d’interroger mon ami.
- Oui monsieur, alors?

C’est 84000$ par année pour sauver la peau de celle qu’on aime. Il y a l’écart entre les riches et les pauvres, et celle entre vivre ou mourir. La ligne est pas toujours aussi clairement tracée.

On va l’appeler Rose

Filed Under (Ex-Ivrogneries) by Exivrogne on 28-04-2008

Je crois que c’est il y a un an. Tiens, on va l’appeler Rose. La Rose d’il y a un an. Il me fallait aller chez-elle, la faute à son mari je crois, la faute à la vie aussi, débarquer là avec les deux enfants, femme aussi, question d’aller régler un truc dont je me souviens même plus l’existence.

La nouvelle elle avait frappé durement. Un cancer qui s’était jeté sur la racine de Rose. Sur la tige un peu aussi, on a décidé de lui enlever un rein, Rose a pas dit un mot, parler de toutes façons est difficile pour elle, les mots bloquent entre le coeur et les lèvres, depuis sa trachéo surtout.  On y reviendra pas, c’était un autre cancer ça, sur les pétales cette fois-là.

Une vraie maman Rose, vraie pour vrai. Deux enfants, bien élevés et pas salauds pour un sous! Ils en ont même fait une grand maman pour faire durer le plaisir de la voir materner. Pour quand la petite est pas là, elle materne le mari, c’est pareil que pour avec les enfants, sauf qu’avec lui, le parc est toujours un peu plus grand.

C’est pareil qu’avec les enfants pour lui, juste un peu plus long aussi, il a peur souvent quand elle quitte son champ de vision, surtout quand il se met en tête que Dieu vient d’avoir la drôle d’idée de lui dérober! Parce que c’est une femme Rose. D’élégance et de fierté la Rose. Les yeux d’une beauté de monde avant les guerres, les yeux pour le froid aussi, pour l’amour souvent, même que si son mari faisait des mots ici, il dirait cochon là où je vous parlerais de coquinerie.

C’est il y a un an. J’amenais des fleurs à Rose. On venait de lui dire pour son cancer. On se voyait pour la première fois. Elle a pleuré longtemps. Des semaines à ne discuter qu’au téléphone. Se voir dans ce genre de coup de chiasse de la vie, c’est du shit dating qu’elle semblait dire dans ce souffle qui haletait au milieu de son cou.

Elle a fait un long silence ce soir-là. Elle a caressé ma joue comme les mamans, comme la femme aussi dont elle se souvenait, celle qui devait aimer à faire tomber et couvrir ces hommes qui débarquaient plus couillons que leurs bouquets.  Voilà un an maintenant que j’ai amené des fleurs à Rose. Un an que j’aime bien passer mes journées avec son mari aussi, pour ce drôle de lien qui nous unie.

Rose elle a eu le résultat de son retour aujourd’hui. C’est revenu dans les pétales, les ganglions. Mon téléphone a sonné au bureau, elle respirait mal encore. Elle a fait un long silence aussi. J’ai fait pareil, longtemps comme le temps qu’il faut, puis j’ai tenté de me souvenir ce que j’avais écrit, il y a un an… elle me l’a rappelé!

“Je sais que vous le pouvez!”

Parait qu’elle va ressortir la carte, faut toujours laisser faire pour les fleurs, de m’occuper de son jardinier suffira pour quelques semaines. Il y a aussi pour les assurances-médicaments. Sinon ce sera des centaines de dollars par mois. Puis une maman, depuis quand ça dépense pour vivre? Son vieux a passé la porte, on a fumé deux clopes en silence.

Je suis revenu ce soir, revenu pour réaliser que de ce métier, ce que j’avais oublié depuis si longtemps, c’est qu’en bout de ligne, la reconnaissance nous vient surtout des femmes de ceux que l’on sert.
[audio=http://www.fileden.com/files/2007/11/12/1580963/fleurs.mp3]

Un ivrogne en forme?

Filed Under (Ex-Ivrogneries) by Exivrogne on 27-04-2008

J’aurais beaucoup de mal à vous expliquer exactement pourquoi, mais disons que ma vie professionnelle a été particulièrement prenant ces dernières semaines.  Prenante au sens où elle vous habite, prend votre énergie, vous demande d’être entièrement à elle, comme une jalouse qui a l’impression que vous allez quitter, que ce n’est qu’une question de temps.

L’écriture chez-moi est pas chose simple, c’est pareil que pour le bonheur. Elle me demande des efforts, une présence entière, être là pour elle, l’accueillir, la recevoir, l’entendre, puis répéter ici, dans cet espace, ce que la vie me souffle à l’oreille à travers elle.  Quand l’écriture ne va pas, c’est qu’il y a un os.  Allez pas penser que parce que j’arrive à vous allonger quelques lignes ici, l’écriture est revenue faire un tour, nenon, au contraire! Là je tente de conditionner, de muscler le musque.

Parlant de conditionnement, future épouse aimerait bien que votre humble l’ivrogne s’y mette… physique s’il-vous-plaît!  Pas en raison du mariage, pas en raison de voir le retour de mon six pack (qui avec elle n’a jamais dépassé le 4-pack)… nenon, pour que je varge dans kekechose qu’elle dit!  Sauf que là il y a comme un problème : le temps.

Bon, vous allez me dire que je devrais y aller le matin, que ça fait tellement de bien, que j’entrerais au bureau le corps détendu de l’homme qui bande les muscles, etc… Mais voyez-vous, l’alcolo l’est pas fort sur les gymnase!  Il déteste même pas mal cette chose là, ces gens qui se font des pectoraux en se les admirant dans le miroir, qui attendent après vous, que vous avez l’air de gazer comme après votre 20e essai sur le premier trou au golf!

M’enfin, je vous en reparle, là les yeux me ferment tout seul, alors je me dis qu’au moins, là, c’est un signe de meilleure santé! À demain!

Parce que! [edit 16h28]

Filed Under (Ex-Ivrogneries) by Exivrogne on 26-04-2008

Chers amis, devant l’incapacité de vos humbles serviteurs à avoir un ordinateur stable plus d’un mois en continu, le bulletin de nouvelles sera livré quand je comprendrai ce qui se passe! Ce qui ne risque pas d’arriver aujourd’hui! Bonne journée vous aussi!

[edit 16h28]  L’alcolo est un personnage qui a bien du mal à ne pas tout mettre sur le dos des ordinateurs, notamment sa stupidité à l’usage de certains logiciels… ceci dit, il retourne tenter de vous terminer le journal heureux de cette autre façon qu’il connait maintenant de ne pas réussir un truc!

Entre les deux oreilles

Filed Under (Ex-Ivrogneries, La vie ensuite) by Exivrogne on 25-04-2008

tete Je sais pas si vous connaissez cette sensation. C’est le moment de vous lever, vous décollez la tête de l’oreiller, puis la masse vous frappe du front vers le côté du crâne. Une migraine, LA migraine.

Ma mère a souffert longtemps de céphalée d’Horton. C’est une pathologie complètement merdique qui la paralysait dans des migraines impossibles et qui lui faisait détester la lumière du jour et les rires des enfants.

D’ailleurs, quand elle était en crise, je me souviens qu’il nous fallait nous lever sur la pointe des pieds, pas faire un seul son, la regarder pleurer dans le noir et attendre bêtement que la chose passe. Mon frère, croyant en Dieu plus qu’en lui-même, s’était même dit que tant qu’à avoir envie de mourir, il pourrait faire un ange qui lui guérirait ses céphalés. Il en a profiter pour continuer de saboter ses jours dans une drôle de vie, lui a fait la promesse de bientôt la délivrer de ce mal tordu, c’était quelques semaines avant son geste un peu trop violent à mon goût, les images d’horreur ne quitte jamais ceux qui restent après qu’un frère, un bizarre d’adolescent, choisisse de s’enlever la vie.

Depuis, j’ai bu plus que ma tasse. Malgré le caractère héréditaire de ce truc, j’en suis épargné.  J’ai même jamais eu de mal à toucher du bois, je passais le clair de mon temps affalé sur le plancher de bois franc. Des migraines? On fait jamais sans quand on boit comme j’ai bu. Les matins sont des enfers qui n’ont de différents en douleurs que l’ajout de celle physique. J’ai eu ma dose!

Depuis que je ne lève plus le coude, depuis ce petit paquet d’années d’abstinence, je n’ai plus revu les migraines du matin. Quand elles se pointe, sans crier gare comme ce matin, je me trouve à moitié heureux. Parce que si l’ange qu’a tenté de devenir mon frère n’aura pas réussi à enlever ces satanés maux de tête à ma mère de façon permanente, pour ma part, il m’en envoie parfois un sérieux, pour me rappeler qu’on est jamais bien quand on se lève de cette façon.