Boutte plate!

Filed Under (politique éditoriale) by Exivrogne on 30-07-2008

C’est beaucoup de sa faute à lui et parce que la chose était devenue nécessaire, moins longue à rédiger que de la laisser se faire sur le tas et ne jamais prendre réellement corps. Alors voilà, emmerdant et pénible, mais mon engagement envers ma façon de vous parler et d’échanger avec vous, c’est sous l’onglet politique éditoriale, juste en haut.

Ça risque d’évoluer, mais on a une certaine fondation. C’est pas des murs, c’est des horizons. Ça empêche pas de faire l’imbécile, pour vous ou l’auteur, mais ça explique assez bien sous quel prétexte j’entends parfois décider que j’en ai assez.

Edit 30 juillet 2008, 10h25:  Hyperlien vers le carnet de Mario Asselin dans le premier paragraphe.

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Sauvez Mononc’ Ovide

Filed Under (Features, coup de gueule, politique éditoriale) by Exivrogne on 21-06-2008

ovide

Il gueulait tout le temps. J’ai toujours pensé que c’est parce qu’il était petit. Les petits ont parfois cette habitude. Ils se braquent sur la pointe des pieds, après s’être donné une swing qui a des airs de vouloir les faire vous sauter à la gorge, puis ils crient. Ils relèvent souvent le menton en même temps. Tout ce qui fait gagner un pouce quoi. Les petits qui voulaient être grands, tout ceux que j’ai connu, ont toujours pris un bon 3 à 4 pouces de cette façon, enfin, jusqu’au son de la claque dans le front. Y’a rien comme une droite entre les deux yeux, dans un camp de bûcheron, pour vous rappeler les dimensions réelles de votre personne, du moins physique.

Mononc’ Ovide était petit, inversement proportionnel à ses opinions. Mononc’ Ovide alors gueulait. La première à s’en faire chier, c’était sa femme. C’était contagieux comme irritant du côlon, la sensation intestinale provoquée par les opinion du mononc’ se répandait comme une traînée de poudre. Un party de Noël, un souper de Pâques, une épeluchette de blé d’Inde, toute réunion familiale quoi, Mononc’ Ovide pouvait vous la tourner en engueulade sur Duplessis, les militaires, le Canada, le Pas-Canada, les féminisses, les tapettes, Mononc’ Ovide opinionnait, ordinaire dans le verbe et le fond, courageux autant que la bière le voulait, instruit à la gazette et la taverne, et au collège classique aussi, vous trompez pas!

Quand Matante Dame D’Ovide en avait plein le cul autant que les oreilles, gênée de mari comme du regard du reste de la famille, elle lui disait toujours:

” Ben oui! C’est ça! Va donc leu dire tout ça à eux zautres au lieu de crier icitte!”

Mononc’ Ovide serrait les dents, les lèvres aussi, tournait la tête comme une girouette pour bien voir tout le monde rire de lui, puis s’ouvrait une autre molle. Y’avait bien Maurice pour tenter de le rallumer comme la truie* dans le coin de la cuisine, avec le journal de Maréal, mais Mononc’ avait pas besoin de lire! Perte de temps et il le savait ce que ça disait. Pas besoin! Dans ce temps-là, un beau-frère se levait, disait “Viens don Ovide, on va aller y dire au Maire, je le connais moé! Ch’t'amène tu suite!”  Mononc disait  de laisser faire. Y’avait matante aussi dans la cuisine qui lui disait “Mets donc un timbre sur un enveloppe pis marche jusqu’au bureau de poste, envoye la à lui ta marde!” Mononc ouvrait une autre molle, c’est loin le bureau de poste, y’a une limite à avoir des opinions.

Aucun beau-frère a eu à défendre plus de deux fois Mononc’ Ovide. La première il a arrêté de traiter les anglais et les irlandais de pas bons dans une taverne, après une bonne taloche d’un draveur qui l’a retourné chez matante sans qu’il ait besoin de son char, la deuxième quand le Maire l’a décousu dans sa pensée tournée tricotée cousue facile, devant tout le monde à l’assemblée du village au sous-sol de l’Église. C’est les rires du village ce fois-là qui fournissait le lift pis le verre pour la route.

Si Mononc Ovide vivait aujourd’hui, je devrais aller lui parler dans le blanc des yeux. Parce qu’il aurait certainement un blogue, c’est moins long que marcher pour un timbre. Parce qu’il y inscrirait des propos injurieux et gras comme sa haine, parce qu’il serait loin de la taverne des irlandais et des taloches des draveurs, il irait aussi écoeurer ces derniers sur leurs espaces, parce qu’il en a besoin et parce qu’il aime la guerre de mots plus que la paix qu’il dit vouloir, il serait aussi méchant qu’avant, aussi ivre de lui-même qu’au temps des réunions de famille, aussi peu documenté qu’il l’était, parce que c’est long cliquer pour comprendre avant, s’informer mieux, dire mieux, c’est long comme aller chercher un timbre.

Mononc Ovide a longtemps pensé comme une drôle de série de gens que je connais, que la liberté d’expression des blogues est l’ultime droit citoyen. Quand elle prend la forme de Mononc’ Ovide, c’est alors aussi vrai que de dire que la liberté est celle de pouvoir chier partout et sur tout, avec une grosse télécommande qui, sur toute la planète, donne maintenant le droit de salir et traîner à joie, ce qu’autrement on ne lèverait pas son gros ou petit cul pour affirmer avec courage.

Hier j’ai lu des Mononc’ Ovide… J’ai le même mal de coeur aujourd’hui!

* La truie était une expression qui désignait le petit poèle à bois qu’on trouvait au coin des cuisines de l’époque.

La foule de ma pièce sombre

Filed Under (La vie ensuite, politique éditoriale) by Exivrogne on 10-06-2008

couple333

Bloguer comme nous le faisons elle et moi, comme plusieurs d’entre-vous le faites aussi, c’est avancer à deux les yeux fermés, dans une foule dont on ignore le nombre, encore plus les intentions qui se cachent derrière leur raison de venir nous lire

Je vous racontais dans un précédent billet combien je juge important pour moi de m’interroger sur le contenu de ce blogue, sur la façon de discuter avec vous, sur le rapport qu’il serait heureux que nous entretenions vous et moi.  Cette réflexion est devenue encore plus importante suite à la fermeture du blogue d’un ami.  Une fermeture aussi subite que raisonnable, compréhensible que violente, une histoire comme toutes les histoires qui s’écrivent sans trop de plan et où les personnages secondaires (les visiteurs, oui oui! vous!) se mettent soudainement à mener le bal.

C’est qu’on aime à bien vous traiter. Je vous le dis souvent, il serait utile de ne pas nous prendre, vous et moi, pour des imbéciles. Je tente de vous respecter et vous me le rendez joliment bien, surtout  depuis que j’ai fermé l’ancienne place pour venir mettre la table avec vous ici et que nous sommes qu’entre nous.  Une réflexion importante parce que mon ami, celui qui a crié last call, il était parmi ce que la bloguosphère sait offrir d’intéressant.  Bien que je n’accrochais pas à toute la variété de billets que ce dernier pouvait offrir, dans ses textes clavardés à l’encre du coeur, il valait le sacré détour mon ami.

Alors dans cet espace noir qui se dessine ici, comment échapper aux pièges n’est pas la vraie question. C’est surtout comment ne pas m’échapper qui me préoccupe le plus. Parce que vous êtes capables de pas mal de gentillesses, d’autant de mots doux qu’un mec qui veut baiser, vous êtes gentils, ça vous le savez. Devant la gentillesse, le danger peut alors devenir la complaisance, un piège dans lequel je refuse de tomber. Ça fait chier la complaisance, c’est emmerdant devoir des gentillesses, ce l’est d’autant plus que c’est rarement pour cette raison qu’on a ouvert un blogue, avouons-le.

Bloguer comme nous le faisons elle et moi, comme plusieurs d’entre-vous le faites aussi, c’est avancer à deux les yeux fermés, dans une foule dont on ignore le nombre, encore plus les intentions qui se cachent derrière leur raison de venir nous lire.  C’est quand on se met à réfléchir à ce qui vous amène ici, à ce qui vous fait vibrer ou pester, c’est là qu’on s’éloigne du vrai but qui se cache derrière nos blogues, un journal intime, très intime, sur ce que nous sommes, qui livre ce que nous avons au coeur et qui présente celà fait, toute la libération des mots échappés.

La politique éditoriale, cet engagement que j’ai avec moi sur le contenu que je vais vous livrer, c’est ce qui me garantie que l’exercice que je fais en écrivant me respecte et me fait le bien que je souhaite. Le bien que je peux vous faire est secondaire. Si j’oublie ceci, je me perds lentement.  Étrangement je réfléchissais à mon ami hier, en me tirant une toute simple conclusion… quand on se demande ce qu’on va bien pouvoir vous écrire, on est déjà un peu perdu, parce que la vraie question devrait être :

"Qu’est-ce que je vais bien me dire aujourd’hui?"

Posée de cette façon, tout devient tellement plus simple!

L’effet du ménage du printemps

Filed Under (politique éditoriale) by Exivrogne on 14-05-2008

ZOOM006 Vous vous souvenez j’avais parlé d’un petit ménage, pas d’une restructuration mais c’était presque de ça qu’il était question: réaménager cet espace que vous venez lire quelques fois, où vous passez de temps en temps, question de lui donner davantage la couleur qu’il lui fallait. Il est presque devenu duotone, avouez que vous ne vous y attendiez pas! On améliore si peu souvent en enlevant des couleurs.

Faut vous l’avouer, je n’ai pas la capacité de commenter sur plus d’une demi-douzaine de blogues,enfin, avouons que si c’est plus que dix blogues, ma vie familiale en souffre. Du coup c’est ma vie personnelle aussi, puis les valeurs qui s’y trouvent, parce qu’en mon fort intérieur, passer plus de temps le nez dans vos affaires que dans les miennes, c’est être à côté de mes pompes. Alors voilà, il me fallait resserrer le tout.

Vous dire tout d’abord que simplement en déménageant, j’ai coupé de moitié le nombre de personnes qui passent par ici. J’ai d’ailleurs ainsi pu découvrir le nombre d’efforts qu’un internaute est prêt à faire pour lire un blogue. Si, après avoir cliqué sur mon lien dans votre bloguoliste, il doit ensuite arriver sur ceci et devoir cliquer à nouveau sur un lien pour arriver sur mon nouveau blogue, plus du tiers ne suivront pas!  Que ceux qui aiment le traffic se le tiennent pour dit!

Tiens, parlant de traffic, je vous le file en stats. D’une moyenne de 150 visiteurs uniques par jour, le déménagement a ramené la chose à 20 oups 60. Tiens, parlant de la satisfaction de l’ex-ivrogne, vous savez quoi!?  Ça me plait beaucoup! Beaucoup plus que vous ne le pensez! Parce que j’ai davantage l’impression de savoir qui vous êtes, parce que j’ai l’impression de savoir pour qui j’écris, parce que j’ai même enfin l’impression qu’on jase ensemble, entre nous.

Allez, au plaisir d’avoir enfin le temps de vous lire comme je le souhaitais, tout en gardant l’espace nécessaire à ceux qui sont ma famille!

Découverte:  Pour ceux qui comme moi se sentent préoccupés par les droits d’Auteur des photographies utilisées pour leurs billets, ce site plaira.

  • Jours depuis la dernière insomnie: 3
  • Humeur matinale: Bonne
  • Niveau de stress: Satisfaisant
  • Moral: Bien

Crédit photo: Photos libres

Revirement de situation

Filed Under (politique éditoriale) by Exivrogne on 03-04-2008

pop Chose promise chose dûe! Tiens on va commencer par vous respecter! Pour changer! Non mais c’est vrai quand même. Vous venez ici mettre votre nez dans mes affaires, d’une façon pas mal régulière pour quelques dizaines d’entre vous, alors un peu de politesse de ma part serait la moindre des choses.

Tiens! J’ai déjà pas mal aimé jouer les génies dans la bloguosphère. Je le fais encore, mais seulement en regard de ma bouteille. Pas celle des autres vous remarquerez. Un génie ça en a amplement d’une bouteille! J’ai frotté la mienne assez longtemps pour en sortir enfin, je vais pas me mettre à déprimer maintenant!

Ceci dit, j’ai donc longtemps aimé donner ma précieuse opinion sur comment le blogue devrait devenir une forme d’extension de l’événement. Une profondeur supplémentaire, un collectif issu du billet et de la multitude de gens qui ont le pouvoir de le commenter, d’orienter le débat, de le transformer, de le faire aller dans tous les sens.

Or dans toutes les contraintes que je me suis donné ici, avec l’ajout de nos délires en 3d*, j’ai un peu beaucoup perdu de vue à la fois l’objectif de mon petit-lieu-à-moi-ici, mais surtout, comment il m’était utile pour atteindre mon but le plus cher: demeurer sobre et tenter d’en aider d’autre à le devenir.

Chaque fois où j’ai eu la chance de bloguer, j’ai noté qu’il y a une forme de courbe, un cycle en fait, qui m’habite et qui me fait toujours vivre les mêmes étapes, avec presque autant de précision dans le temps qu’elles se présentent. Il y a d’abord le plaisir de démarrer le truc, lui donner un titre, une politique éditoriale, un style littéraire et finalement un décor.

Viennent ensuite les étapes de l’inscription aux différents engins et robots et annuaires et autres inutilités, pour finalement m’amuser à regarder l’arrivée des lecteurs, la courbe de progression de l’intérêt de ceux-ci pour ce que je partage ici. Assez amusant est le fait suivant: Cette courbe est inversement proportionnelle au plaisir que j’ai à écrire!

Alors il vient un temps où les commentaires sont de plus en plus nombreux (91 même une fois, ou presque, sur ce billet!). J’avais même eu la connerie de répondre à chacun!  Puis il vient ce moment où j’ai peur d’être impoli, que vous croyez que je vous ignore, alors dans ce temps-là, je fignole mes réponses, je prends le temps de vous dire merci, je réponds à chacun d’entre vous.

Je sais que vous allez intérieurement beaucoup mieux que l’ivrogne de service, mais dans mon cas, mal foutu que je suis d’entre les oreilles, j’aime à ce qu’on s’aime bien. Même que quand je vous envoie chier, c’est jamais sans amour, c’est toujours avec une pointe de respect, c’est l’intention qui compte non? Mais je sais pas pour vous, mais emballer ses selles, c’est pas mal emmerdant!

Alors voilà, je vais vous demander de me faire une faveur! Je vais redéfinir un peu ce qui se passe ici. Je vais me ramener lentement. Alors il se peut que la place prenne une allure que certains vont pas trop apprécier. Les amoureux des textes comme celui-ci, lui, celui-là, cet autre, un comme ça ou ça encore, alors ceux-là vont être servis. Juste moins souvent. Le reste du temps, ce sera plus court, ce sera pour échanger intelligemment sur ce que vous et moi on aura comme sujet sous les yeux.

C’est une faveur parce que pour y arriver, la chose va vous demander un effort. Elle va vous demander de prendre le temps de commenter, de prendre le temps de mettre un truc utile, au texte ou pour vous libérer vous, en regard des mots lus. C’est jamais forcé d’être long, ce peut être comme lorsque Gaétan vient me dire que j’ai certainement mieux dormi alors que j’ai pris le temps de vous dire combien je vous aime.  On se suit? J’en étais sûr!

En échange je vais prendre plus de temps pour converser avec vous dans les commentaires. On va discuter ensemble. On va pas s’ennuyer je vous le jure. On s’exigera rien, même pas de le faire chaque jour, chaque fois, chaque billet. On va juste tenter de pas faire des politesses pour s’en faire. On va se donner ce que l’on est!

Un billet vous rappelle votre père, votre mère, votre fils, votre bouteille, votre orgueil, vos peurs, vous faire du bonheur, lâchez-vous! Je paie le Charmin! Autrement? On va tous passer du temps en famille, à s’occuper des nôtres, enfin chez-moi là! Je vais même vous pardonner de ne passer qu’aux 2-3 jours, je vous nourrirai en conséquences! Avouez qu’il est fin l’ivrogne! À vos marques, prêts? Partez!

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* À l’avenir, dès a présent tant qu’à se contredire, tout étant relatif, l’avenir pouvant se faire dans le moment, les vidéos 3d seront publiés uniquement chez la fêlée