Un tank russe et des gyrophares

Filed Under (politique éditoriale) by Exivrogne on 05-03-2008

idee Moi je lui dis souvent à la fêlée… pars-moé pas une marde là! Enfin, vous le jure c’est en ces termes. C’est ma façon de la prévenir qu’au Québec, il y a un certain nombre de tabous. C’est ma façon de lui dire qu’il y a pas mal d’affaires qu’on refuse de revisiter. C’est pour lui rappeler qu’il y a des modèles qui sont parfaits ici, qui ont pas besoin qu’on les questionne, il y a de ces idées qui sont à ne plus revoir, sinon que pour les encenser.

D’ailleurs vous le voyez bien ici, je vous les offre jamais. Parce que de toute façon, vous êtes aussi subtils qu’un tank soviet dirait monsieur Landry, vos idées ont parfois un gyrophare sur les mots qui ont pas besoin de jouer de la sirène. Les idées, c’est souvent comme une sirène, qu’à entendre le premier mots qu’on connait la suite, même qu’on reconnait sur quel véhicules elles se promènent.

C’est pas pour rien que je me sers de ce blogue de façon thérapeutique. Je suis encore si imparfait quand vient le temps de vous apprécier. Même que sur la seule question de comment cesser de boire, rien de mieux que deux membres alcolo anonymo pour avoir l’air d’une discussion bloguosphérique entre fédéro et souveraino, c’est-à-dire un cul-de-sac.

C’est pas pour rien que plus je réfléchis à la question, plus je me conforte dans ce choix éditorial que j’ai fait ici. Quand j’ai besoin de voir quelques bons uppercuts, je vais chez ceux qui ont le malheur de revisiter un peu les pensées de chez-nous, je gage même pas un clou, je sais toujours comment ça finit. Ici, les idées, c’est comme les os pour les chiens, c’est souvent grugé de la même manière et il reste rarement de la viande après les coups de gueule.

Allez pas penser que les ivrognes en sont incapables! Je vous l’ai dit, on a nos champs de compétences! Si vous avez envie de voir un bon match, prenez deux alcolo anonymo et demandez à l’un d’eux de dire à l’autre qu’il est “sur son orgueil et qu’il doit cacher une soif!”, rien de mieux pour animer votre plancher! Bon, je sais qu’avec les gens normaux, ça fonctionne pas pour l’orgueil, mais chez l’ivrogne, c’est à même pas revisiter pour le plaisir!

Je vois tout un tas de gens brillants et pas cons pour un sou. Je lis longuement vos trucs, probablement plus longtemps que vous lisez les miens. C’est assez chiant j’en conviens, même très peu sexy, lire un ivrogne qui se remet de cuite depuis 3 ans. Mais je lis, donc. Je lis vos billets. Je vais vous dire pourquoi… parce que vous faites vos billets en prenant soin de vos lecteurs. Parce que vous leur racontez pas n’importe quoi. Parce que vous tenez à passer pour tout sauf un con. Parce que vous étalez intelligemment vos idées.

Tout ce qui traîne dans ma bloguoliste répond pas mal à ces critères. C’est souvent quand vous sortez que ça se gâche. C’est quand vous êtes entre les chaudrons, le téléphone, les enfants et une envie de chier, c’est souvent là que vous lisez à moitié et que vous pétez les plombs dans des commentaires pour n’importe quoi. C’est là que je me rappelle, à moi-même, que ce serait bien parfois que je vous cause de démocratisation du net… vous vous souvenez? Je suis encore à me demander si j’approche cette vache sacrée.

M’enfin, c’est une autre histoire!

* * *

C’est pour ça donc que j’ai quelques gens que je garde dans mon courriel. Certains pour le jour où je voudrai me faire bien mal, d’autres pour les idées, d’autres pour un pays, d’autres pour savoir comment rester dedans, d’autres pour pleurer, d’autre pour traîter la vie de salope, d’autres pour se donner le droit de se demander, avec cette planète qui avance à pas de tortue vers l’humanité mais qui court les pattes aux fesses pour rencontrer le mur, d’autres donc, pour revisiter ce que vous refusez de questionner.

Pourquoi je le fais pas ici? Parce que j’aime bien continuer de vous aimer. Parce que ce petit bout de pays que je tiens de pixels chaque jour, c’est pour moi, mon rétablissement, mon rêve de continuer d’aimer autant la vie… même si parfois, vous êtes aussi con que moi! C’est pour ça qu’on s’aime, même que je pense que c’est un peu pour ça que vous revenez!

Le nez planté au ciel!

Filed Under (politique éditoriale) by Exivrogne on 21-02-2008

manonBon je suis de retour à la maison Noisette! Je sais pas si je te l’ai dit, mais je déteste commencer des conversations que j’ai plus le temps de finir. Y’a en plus que j’aime bien vous aimer. Alors quand je travaille, je travaille, c’est déjà une preuve d’amour je te jure, et je me fais que du portable pour vous échapper un commentaire, dans une pause ou un dîner, puis ça donne presque jamais rien, on a l’air de s’aimer à la sauvette, moi et les amours entre les étages tu sais!

Alors je ramène ton commentaire ici…

J’aimerais bien savoir pourquoi tu refuses obstinément de parler de politique, de près ou de loin ?

Je t’avouerai que cette obstination à refuser systématiquement de le faire me titille salement. ;)

Est-ce que je t’ai présenté Manon, Noisette? Manon elle est ici, un peu à droite, l’autre qui la tient c’est sa maman. Dis bonjour Véro!. Ça dois bien faire 11 ans d’ailleurs qu’elle la tient, mais ça c’est une autre histoire. Alors voilà, je te fais le résumé. Tu trouveras la totale ici, mais disons que puisque dans cette vie, le temps nous presse pour conscientiser sur certaines horreurs qu’on peut faire, alors je te résume.  C’était le 14 février dernier, la fête de l’amour ici, vous vous souvenez, j’ai même trouvé à marier.  Et Manon dans tout ça? Manon on lui a mis la corde au cou. Pourquoi Manon? Pas parce qu’elle est prématurée, pas parce qu’elle fait quelques différences, même pas pour passer le temps, c’est la faute des dragons! Tiens je te file un extrait!

Elle est souvent éloignée des autres dans la cour de récré, à regarder le ciel, à se prendre pour un dragon….

Ce matin, trois garçons de sa classe avaient décidé de faire la chasse au dragon…

Elle a juste eu le temps d’entendre “elle est là, venez les gars!!!!”, quand une corde est venue la bloquer au niveau du cou tel un lassot…

Il était trop tard pour se rapprocher des instits… généralement installés près du portail….

Ils ont serré fort, elle a pleuré car son cou lui faisait mal…

Ensuite la maman raconte que la récré a duré 30 minutes. C’est 10 fois le temps que ce billet va nous prendre pour le lire!  Alors voilà, maintenant tu connais Manon. Et là je vois ta tronche comme celle de Renaud quand il voudrait me parler du pays, quand il me dit -je t’ai posé une question!-.  Ben je t’ai répondu ma Noisette. Mes histoire à moi, le soir quand je passe la porte, c’est des histoires comme celle-là aussi. Elles sont à l’échelle mondiale aussi, parce qu’elles sont pas plus loin que l’autre côté de l’océan. Elles sont pas moins importantes, surtout quand la connerie se répand jusque là comme une mauvaise grippe.

Alors cette nuit j’ai pas répondu à Renaud. J’ai ouvert mon logiciel 3d, mon logiciel de montage, celui audio, puis j’ai pris sa tronche à craquer pour la mettre à côté d’un dragon, avec une arme plus grosse que le lasso des cons. Puis voilà, j’ai passé quelques minutes à lui écrire un truc aussi, monté le tout en un peu plus d’une heure, hop dans le courriel de sa maman qui la tient depuis 11 ans. La maman s’est libérée une main, a téléchargé le film, et Manon avait maintenant son dragon!

Pourquoi tu me diras? Pas pour le très beau texte qu’elle m’a retourné pour me remercier, quoiqu’il valait tout ça, mais pour qu’elle cesse de se planter le nez au ciel pour trouver un dragon dans un monde où ils sont à vous chauffer le cul, comme des mauvais enfants tout autour. C’est juste pour ça ma Noisette, c’est juste un choix éditorial, le choix du soir, pour changer. C’est juste pour moi aussi, comme Manon, pas me planter trop longtemps le nez au ciel!

Pourquoi bloguer: Enfin dans mon contexte

Filed Under (politique éditoriale) by Exivrogne on 18-02-2008

5-raisons-qui-font-que-je-blogue Après six mois à vous entretenir de tout et souvent de rien, il serait certainement heureux de prendre quelques minutes pour vous expliquer ce qui me motive à vous raconter tout ça. D’ailleurs, c’est un peu faire les choses à l’envers que d’agir ainsi, mieux vaut tard que jamais diront certains, mais avouez qu’il aurait été utile de le faire dès le départ. M’enfin, c’est déjà assez d’excuses pour des gens qui en ont certainement rien à cirer, si je le fais c’est surtout et beaucoup la faute à ce livre : Pourquoi bloguer dans un contexte d’affaires.

Ce collectif vous laisse peu d’excuses pour continuer d’agir en imbécile quand vous bloguez, spécialement si vous avez pris le temps qu’il faut pour parcourir la dizaine de chapitres qu’il contient.  Avec des titres tels que “Bloguer pour provoquer, bloguer pour apprendre, bloguer pour vendre…”, difficile de pas trouver ce qui nous motive à s’exhiber les tripes et pour plusieurs la peau qui en fait le tour.

Même si je vous pardonne pas de refuser de vous procurer ce bouquin, je pourrais du moins vous aider en vous guidant par la main et d’autres par l’oreille chez ce monsieur Asselin qui tient un truc qui est pas mal près de la meilleure structure de blogue auquel on est en droit de s’attendre d’un individu. Notez au passage que ça aide forcément de pas prendre ses lecteurs pour de parfaits imbéciles. 

D’abord qui vous écrit. Ici c’est un ivrogne, que je vous décris avec à peine plus de détails ici.  Puisque le but de ce blogue n’est pas de vous amener à vous faire une opinion, vous informer, vous documenter, ma précieuse personne et son identité peuvent toutes les deux se passer d’être exhibées ici.  C’est d’ailleurs pourquoi je vous respecte suffisamment pour pas vous mener dans de grands débats ni les provoquer sur autre chose que ma propre vie.  Donc après le qui suis-je, on en arrive au but.

L’ami Mario (c’est plaisant s’inventer des amis) a d’ailleurs une politique éditoriale, c’est-à-dire qu’il prend le temps de vous expliquer où il entend vous mener, comment il entend le faire et comment il va se conduire avec vos commentaires. Ça m’apparaît en effet être le minimum de respect à porter à ses lecteurs, en plus de ceux qu’on louange où qu’on voudrait crucifier. Je vous l’ai d’ailleurs souvent dit, la journée où je désirerai vous glorifier de ma précieuse opinion sur le monde et ses rouages, puis les gens qui les font tant qu’à faire, ce jour-là donc, ce ne sera plus juste si je porte encore un masque. On a beau casser du sucre sur Jean, Pauline ou Mario, c’est jamais bien crédible quand on peut être à peu près n’importe qui caché derrière soi. C’est qu’un grain de sel dans un mer qui en contient déjà pas mal, tout au mieux ça pique les yeux.

Donc on parlait de ce que je fous ici: Je blogue pour me souvenir, d’abord. J’ai besoin de cette trace que je laisse, que je me laisse.  Je blogue pour éclaircir mes émotions aussi, mes sentiments, ce que je ressens au contact de la vie, que je vis chaque minute sans la moindre goutte d’alcool depuis 40 mois maintenant. Je blogue pour m’ouvrir avec le plus de franchise possible et le moins de pudeur qu’il m’est utile de garder. Je blogue finalement pour me dire à celle que j’aime et ceux qu’on a eu la chance de mettre au monde.  Puisque je parle de moi, de ce nous familial (inclusif à souhait!), ma crédibilité importe peu, ceux qui sont directement touchés connaissent bien celui qui écrit alors ils ont pas à valider autrement.

Ma politique éditoriale s’écrit avec mes billets et votre formidable façon d’agir. Je tiens ce blogue comme on tient le café du coin et vous êtes une clientèle extraordinairement civilisée. À part quelques exceptions de drôles de clients qui viennent racoller quelques lecteurs dans mes commentaires pour se faire un peu de traffic, vous êtes un lectorat assez fidèle et exceptionnel. J’oublie trop souvent de vous le dire et il m’arrive même de m’en vouloir de pas le faire plus souvent. Vous agissez avec autant de respect, j’aime à le penser, un peu grâce à ce respect que je vous porte en prenant le temps qu’il faut pour vous écrire et ne pas vous prendre pour des imbéciles de course.

Les sujets que je choisis, pas toujours les plus populaires ni à la page, sont ce qui crée cette politique éditoriale sans que je doive le faire. Vous partez sans que je doive pointer la sortie, au fil des sujets qui vous laissent froid, quand ils ne vous choquent pas carrément. 

J’écris donc beaucoup pour vous, aussi, je l’avoue. Je vous aime, modulant le tout et selon vos écrits à vous, j’ai parfois le coup de foudre pour une de vos phrases et je vous délaisse pour un temps, selon d’autres billets.  J’écris par besoin de vous, de votre encadrement, de votre façon de me supporter, m’aiguiller, enligner autrement, me retenir, me dire avec votre force et votre fausse politesse souvent, mais dire, surtout, c’est déjà beaucoup. Alors je tenais à vous raconter pas mal tout ça, derrière mon masque, derrière un ivrogne à sec qui va bientôt voir pas mal d’entre-vous!