C’est la faute de petite!

Filed Under (La vie ensuite) by Exivrogne on 16-01-2008

Quand il me prend une colère j’ai une sorte de Dieu, une espèce de force qui se pointe pour me placer un truc dans ma vie qui me fait réfléchir. Ce soir, juste après l’autre billet, ça a été la lecture de celui de la petite.  Elle cherche la foi, elle la cherche comme lorsque l’on se noie, elle la cherche comme au dernier souffle, comme juste avant de partir, de boucler la ceinture pour l’autre vie, elle la cherche comme cette condition à faire le voyage, le saut, comme on demande des garanties pour quitter, comme on demande des certitudes pour risquer, comme si risque et certitudes pouvaient aller dans une seule phrase.

Cherchez pas le billet précédent je l’ai tué au feuilleton. C’est venu avec la honte de me laisser emporter. C’est venu aussi avec ce désir que j’ai de ne pas demeurer ou être ce que j’ai désiré changer. Mais bon, il faut revenir à la petite, à la recherche de foi de la petite

* * *

Parce que je t’engueulerai pas! C’est pas ta faute si quelqu’un t’as raconté, petite, que la foi déplaçait des montagnes.  Un jour pourtant, j’ai compris que ceux qui étaient les plus près de Dieu étaient ceux qui avait laissé la montagne là où elle était, avait choisi de la gravir, et du sommet avait planté leur nez dans le ciel pour regarder Dieu droit dans les yeux.  C’était un autre Dieu remarque, parce que le mien, c’était une relation basée sur la crainte, celle d’une femme qui connaît le son d’une taloche, sauf que lui c’était le purgatoire, ma mère elle avait connu les deux, avec le même homme.

Mais là on s’écarte petite!  Je te vois le nez sur cette étape, ces quelques mots… “nous en sommes venus à croire…”  Merde, aussi bien boire.  Pourtant est-ce que je t’ai dit petite qu’aujourd’hui tu es ma puissance supérieure, celle qui m’a guidé pour être meilleur, celle qui m’a imposé de corriger ce qui est le plus dangereux pour ma sobriété, la colère… ma puissance supérieure à moi petite, c’est bien souvent l’alcoolique sobre aujourd’hui, ou celui qui souffre encore.  Garde ça simple… me disait mon parrain.  L’est mort depuis, le faux-frère… sobrement remarque!

Par la bouche d’une autre!

Filed Under (La vie ensuite) by Exivrogne on 30-12-2007

IVROGNE101 Tiens je vais vous le dire. Pour pas boire, un ivrogne, ça doit donner un grand coup de pied dans sa façon traditionnelle de gérer la vie et tout ce qui va avec.  Les plus chiants ont l’habitude de parler d’un mode de vie, c’est la façon la plus efficace d’ailleurs de faire fuir celui qui vient vous demander de l’aide remarquez bien. Alors je vais pas faire comme si et prendre cette expression, je vais me contenter de vous parler de chambardement dans la façon de négocier les courbes de la vie, c’est pareil mais c’est moins sectaire me semble comme propos.

Tiens pour pas boire il me faut pas du tout me mettre à en vouloir à quelqu’un.  C’est ce qui fait que j’ai parfois l’air d’un tapis de porte sur lequel s’ essuiera les pieds mon ex mais il n’en est rien.  C’est au contraire le seul moyen de cesser de lui donner l’ultime contrôle sur ma personne, celui qu’elle a quand je suis tellement en hostie que je vais en virer une, celle-là même qui amène toujours l’argument préféré de l’entourage de l’ivrogne: “Je te l’avais dit que ça allait pas durer!”

En plus de pas en vouloir à personne, j’ai aussi à faire un pas de plus que celui qu’on me demande, puis un pas de plus que celui que je me demande, aussi. C’est ce qui fait que j’ai parfois l’air d’un tapis de porte à garder silence plus longtemps qu’on s’y attend, plus longtemps que je me le demande au départ, plus longtemps que juge raisonnable d’ailleur le commun des mortels.

En plus de ça, je dois aussi faire le contraire de ce que je pense, encore aujourd’hui. Les vieilles idées sont jamais loins, les vieilles solutions non plus. J’aime à me rappeler 2003, j’aime à me dire que cette année là, depuis ma naissance, l’ensemble, la somme de mes bonnes idées, m’ont toutes mené vers le mur que j’ai frappé à 250 km|h des émotions.  Maintenant, quand il me prend une idée, spécialement si je me dis que c’en est une maudite bonne, la meilleure, c’est là que je fais le contraire.

Me rappeler, finalement, qu’après 33 ans à foutre la merde, je suis pas certains d’en avoir autant pour réparer le tout. Alors je m’y occupe, dès que j’y pense, dès que je surmonte cette drôle de paresse qui est jamais plus loin de celle du chat bien évaché sur le rebord de la fenêtre à regarder les autres d’agiter. 

Comment on le vit au quotidien? Voici une chic mise en situation!

Votre voisine fait fi de toutes vos paroles et continue de mettre la neige, de la taper du mieux qu’elle le peut, dans votre entrée qui mène au stationnement.  Elle se stationne bien devant la sortie de votre chemin bien tapé et sous la neige question qu’il vous reste pas un pied entre le banc de neige et la voiture. Quel banc de neige? Celui que vous avez mis devant votre voiture pour faire chier personne, pour pas le mettre derrière, parce qu’en allant le porter vous empirer votre sentier déjà bien tapé qui mène à chez-vous.  La même voisine qui le remplie en plus d’emplir le fort de neige de vos enfants.  Comment fait l’ivrogne concrètement donc?

Dans ce temps-là il ferme sa gueule. Il prend ensuite quelques minutes pour dire à la fêlée qu’il va bientôt s’énerver.  Il sort ensuite avec ses culottes de neige. Il se dit qu’il va pas pelleter un pouce de la neige de la voisine (il a une idée!), donc il fait le contraire! Il pellette donc derrière la voiture de la voisine, puis le tour, puis la neige devant ses marches, ensuite il regarde le putain d’énorme banc de neige devant sa voiture, 6′ par 6′ par 6′. Alors il le enlève bien la moitié, amenant tout derrière la maison, là où il se disait que ce serait bien de plus en avoir. Il le fait en tapant bien son sentier qui mène à chez-lui. La voisine sort, elle est en rogne, elle cherche un chaudron dans sa remise et en trouve pas. L’ivrogne a l’idée de lui en revirer un sur la tête mais alors il fait le contraire, il lui en offre un bien prêt, bien gros, tout lavé. 

Puis elle jase un peu avec l’ivrogne, elle lui raconte qu’elle se fait un bien beau Noël, même mieux que les autres. C’est qu’avant, son mari, un ivrogne, il lui foutait des râclées, la dernière il y a dix-sept ans. Juste avant de se tirer une balle, il en avait d’autres pour les enfants mais il a eu une meilleure idée, les garder pour lui. Elle me racontait ça avec un truc dans la gorge, puis me demandait si je trouvais ça difficile, après toutes ces années.  Na! que je lui ai dit.  S’agit de faire le contraire de ce qu’on pense.  Elle a semblé plus heureuse de repartir le chaudron dans les mains plutôt que sur la tête, et moi, pour finir l’année, mon Dieu à moi, ma grand-maman, est venue me parler par la bouche d’une autre femme.