Des larmes pour défense

Filed Under (Ex-Ivrogneries, La vie ensuite) by Exivrogne on 02-07-2008

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Des larmes comparables à celles que l’on verse quand on se refuse de toucher à nouveau à un amour qui brûle, qui détruit, qui anéantie.

J’ai un ami qui a soif. Pas n’importe laquelle des soifs. Une soif rude, intérieure, prenante, paralysante, insidieuse. Quand on cesse de boire, surtout les premiers jours, il est normal que cette dernière se pointe le nez, surtout quand toute votre vie, du plus loin que votre mémoire puisse vous ramener, vous buviez.

Je vous en parle parce que j’ai envie de le féliciter. Parce que vous ne savez pas la soif, pour la majorité d’entre-vous chers lecteurs. Vous ne savez pas les larmes de colère, tournée contre soi et l’amour fou de cette substance, les larmes qui demeurent à ce moment la seule arme libératrice de l’emprise de la soif.

Des larmes d’une grande signification aussi, pas seulement de la souffrance, mais de la détermination que possède quelqu’un à ne pas consommer, aujourd’hui, maintenant. Des larmes qui signifient le pacte presque contre-nature qu’un ivrogne fixe avec lui-même de ne pas aller vers son mouvement le plus naturel. Des larmes qui signifient que cette séduction douloureuse de la bouteille, bien l’ivrogne refuse de s’y rendre. Des larmes comparables à celles que l’on verse quand on se refuse de toucher à nouveau à un amour qui brûle, qui détruit, qui anéantie.

Je connais ces larmes. Des larmes de résistance, des larmes pour dire que tout ce que l’on a en soi, enfin presque tout, nous pousse vers la souffrance de refuser encore de toucher ce premier verre. Des larmes qu’on dirige à qui veut bien les prendre parce qu’autrement, on va brûler de l’intérieur, mourir debout, crever sur les genoux, ensuite. Des larmes que je vous demande de prendre pour mon pote, vous avez pas idée de son combat d’hier, vous avez même pas idée de sa réussite aujourd’hui, parce que c’est de ça qu’il est surtout question dans ce billet, de ce grand miracle qu’est mon ami lointain, sobre une journée de plus.

La Fêlée à la Raaaaaaiiiiiiidio!

Filed Under (3d) by Exivrogne on 08-05-2008

Bon, c’est clair que pour la promotion, rien de mieux qu’une Fêlée en SPM (Spécialiste Promotion Marketing).  Alors voilà, Michel Dumais la recevait aujourd’hui, sur les ondes de CIBL, dans le cadre de son émission Le Citoyen Numérique… Je vous laisse avec ceci et vous rejase ce soir ou… demain! 

 
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Amende honorable…

Filed Under (La vie ensuite) by Exivrogne on 29-04-2008

Oui Jenfi, tout fonctionne maintenant, oui Jenfi j’adore, presque à m’y convertir totalement bientôt sur le portable… oui c’est de sa faute à lui, oui j’ai la patience d’un chien renifleur menotté par la cour suprême.

Les autres silences

Filed Under (La vie ensuite) by Exivrogne on 17-04-2008

honte J’hésite toujours à vous raconter des choses intimes ici. C’est pour plein de raisons d’ailleurs. J’en ai exposé une assez clairement dans ce billet, la fêlée l’avait fait beaucoup mieux que moi d’ailleurs dans celui-ci. On refera pas tout le propos, surtout que c’est pas souvent qu’on le fait pour que ça donne quelque chose.

Dans cette longue thérapie que je me suis offerte pour lutter contre l’alcoolisme, je dois bien avoir vu passer 200 personnes. Pour combler l’endroit, il en fallait 24. J’ai vu bien 10 fois tout l’environnement se refaire à neuf là-bas. Ce programme qui devait durer de 6 à 9 mois, j’y suis resté 14 pour bien consolider la chose. J’en ai même rajouté 6 en suivi pour être bien certain que je désirais vraiment m’assurer du bonheur.

Tous les échecs que j’ai rencontrés, chacun auquel j’ai pu assister tiennent sur trois points majeurs:

  • La négation;
  • Le désir sincère de ne faire que cesser de boire;
  • L’orgueil.

La majorité donc de ces échecs étaient dûs à cette incapacité de se dire. Des soifs entretenues durant des jours et des semaines, parce que non dites. Des comportements qui sentaient la rechute à des kilomètres mais qui arrivaient mal à masquer la détresse profonde du sentiment de vide que peut laisser parfois la vie sans le verre. Des mois à chercher la fuite dans tout ce qui gèle et qui saoule mais qui ne se boit pas. Taire la soif est une chose, nier son mal de vivre et sa capacité de se geler dans tout ce qui peut créer un high ne menait qu’au même endroit, en bout de ligne.

Je vais bien ne t’en fait pas. Puis le silence. L’orgueil. Pourquoi? Parce que c’est chiants parfois quand l’écoute ou l’entraide font plus compliqué qu’un croustade aux pommes. Parce que je vous disais un truc aussi, il y a quelques jours seulement je crois…

Les voix, quand elles tremblent, c’est pareil que les feuilles. Si vous attendez un peu, si vous faites un certain nombre de silences, alors les automnes de la vie vont les casser sans rien dire.

La soif elle part, elle part toujours parce que je n’y cède pas. Elle part parce que je joue pas les curés qui ont la vocation et qui passent une vie de soutane en niant la tentation. Parce que je change ma vie comme je le peux, en tentant de devenir un meilleur être humain, mais surtout en ne réussissant pas toujours, comme en ce moment, comme depuis quelques temps. Ça aussi le taire serait dangereux, c’est souvent ce qu’on aime bien d’ici d’ailleurs, cette facilité que j’ai à vous dire que je suis tellement pas si bien que vous le pensez!