Revenir à la maison

Filed Under (La vie ensuite, mariage) by Exivrogne on 09-09-2008

Je me fais plus discret ces jours-ci, ce doit être parce que je sais que vous me le pardonnerez. Puis parce que je vous aime aussi, alors tant qu’à prendre tous les mots qu’on peut choisir pour faire des bouquets à coups de fleurs d’autoroutes, faute de cueillir dans de plus beaux jardins, faute du temps pour la beauté, donc, je préfère pas trop vous faire de politesses.

Puis il y a bien le nouveau joujou sur lequel j’ai finalement jeté mon dévolu, un truc un peu plus calme que certaines de mes intentions, calmé par une offre aimable de celui qui se trouve jamais loin que le rire manque où les oreilles pour entendre ce qui me ferait le retrouver.  Alors voilà, je fais le gamin comme il dit si bien, j’en envoie un peu par ici, puis sinon, autrement, je suis à essayer de me faire le calme dans ce mariage pour lequel je m’énerve un peu ces jours-ci.

Puis il y a celle qui a dit oui, avec laquelle je sais être moche parfois, parce que c’est pas toujours si drôle que ça votre ivrogne vous saurez, ce peut-être un enculé de première quand il oublie comment il a pas encore tellement de chemin parcouru sur la drôle de voie qui mène à devenir un meilleur être humain. Alors il y a cette celle donc, que j’aime plus que tout ce que j’arrive à ressentir, cette celle à qui je reviendrai bientôt, dans ma désintoxication nécéssaire de ma vie de maintenant.

Détox de vie trop rapide, de trop de gens, de trop de sourires, de trop mains serrées, de trop de mots retenus, de trop d’acquiescements plutôt que de refus, de trop de loyauté peut-être, aussi. Revenir à cette celle donc, de qui mon coeur n’est jamais parti, pour qui mon coeur n’a jamais pris, donné, ni souhaité autre chose depuis ce premier jour de l’autre moment où elle est revenue dans ma vie.

Alors voilà, c’est rien de plus qui se passe maintenant, c’est tout juste un moment important, c’est le jour premier où on décide que cette fois il serait temps de rentrer à la maison.

Mettre du plomb dans l’aile d’une soif…

Filed Under (Podcast) by Exivrogne on 15-06-2008

 

Votre exivrogne de service est pas trop immunisé contre la soif, d’ailleurs jamais bien loin, si elle se présente, j’ai toujours un ange quelque part pour lui mettre du plomb dans l’aile, c’est un truc que l’homme qui m’a élevé, mon beau-père à qui je souhaite d’ailleurs une sacrée de bonne fête des pères, me faisait lire enfant, pour me faire renaître de quelques coups de salaud de mon géniteur. Plus tard on en a fait* un enregistrement audio… un “plus” contre la soif… ou pour tout le monde qui parfois a besoin d’un coup de main pour l’âme…

À écouter dans le calme!

 
icon for podpress  Le mémorandum de Dieu [40:46m]: Play Now | Play in Popup | Download

* Roland Chenail fait la voix de cette belle version.

Comment ne pas faire boire un ivrogne dans un souper où ça entend bien picoler!

Filed Under (La vie ensuite) by Exivrogne on 27-02-2008

laguiole Je sais pas toujours quoi vous raconter. C’est d’ailleurs pas qui se passe rien. C’est souvent qu’il se passe beaucoup, trop en même temps. Ma pensée dans ce temps-là se défend, elle devient linéraire, elle déboule les idées comme des marches mal jaugées, elle en profite pour faire les coins ronds, vous en êtes capable aussi, je sais.

L’intellexuelle sait le faire aussi! D’ailleurs j’aime bien ceux qui se collent des étiquettes, c’est toujours brave ou un peu con les étiquettes, c’est même parfois comme l’humilité, c’est disparu de celui qui la porte dès qu’il se la colle au front. Mais bon, allez pas pensez que pour elle, c’est ce que je veux dire, elle est intellectuelle pour vrai, on le voit tout de suite au grand tour que prend la question. Pour reconnaître un intello d’ailleurs, remarquez la longueur des questions, inversement proportionnelle aux réponses. Les réponses c’est moche, c’est d’ailleurs à reprendre dès que c’est terminé.

Sa question je vous la file en tout petit, vous avez le droit d’aller la voir version “roman” dans la section du courrier du lecteur. Elle se demande en fait comment on peut faire pour picoler dans un souper quand on y a invité un ivrogne qui a décidé de plus l’être. Le reste autour de la question, c’est pour le malaise, dans ce temps-là, on met pas mal de mots.

Alors voilà… la réponse: on l’aime!

Je sais pas d’ailleurs intellex comment tu aimes tes amis. C’est jamais simple chez les intellectuels ces questions. Ce serait gaspiller pas mal de temps en se répondant tout de suite. Mais je vais te dire que chez moi, si je reçois un diabétique, j’évite de lui faire un forêt noir même si c’est son souper de fête.  Je suis pas en train d’oublier que t’aimerais bien que je parle d’étiquette, de tout le reste. Mais l’étiquette sans l’amour, la considération d’un ami, la politesse au pire, c’est donc, l’étiquette sans tout ça, une insulte au simplement.

L’étiquette dit que l’ivrogne devrait lui-même en s’assoyant retourner son verre pour indiquer dès les premières secondes qu’il n’entend pas boire. Mais ça évite jamais les imbécilités des autres autour qui faute de comprendre ce qui se passe, ont l’excellent idée de l’encourager à boire d’un chic “enwoueille donc, juste un! On va te tcheker!”  Ce genre là, on a envie de leur rouler un steak autour des mollets, de les envoyer jouer avec Brutus le chien boxer, en lui disant… “Enwoueille, on va te surveiller!”

M’enfin, l’étiquette passée, il reste l’ivrogne qu’on sait qu’il boit pas mais qu’il retourne pas son verre… ouin… Épreuve suprême pour ceux qui aiment à jouer les oenologues amateurs avec un limonadier Laguiole manche d’ébène vrille de teflon. Épreuve suprême mais l’ultime politesse. Ouvrir la bouteille, la mettre au centre de la table, dire aux gens: “Servez-vous”… Ça va vous changer de pas compétitionner d’enflure verbale autour du vin que vous buvez et vous permettre de parler d’autre chose que votre extraordinaire connaissance des vins même pas si unique que parfois vous me faites de la peine, ceux qui peuvent boire, de réserver sans pudeur à votre gosier.

J’aurais pas pu me permettre ce genre de texte avec tout le monde, c’est ce qui est beau des intellos, ils voient le charme entre les virgules, les mots, les pauses, tous les silences.

Ah! La rationalisation petite!

Filed Under (La vie ensuite) by Exivrogne on 19-01-2008

Bon je suis passé par chez-toi petite. C’était même pas exprès, c’était en écoutant Birkin, “Quoi”, c’était presque en même temps qu’elle dit “J’aimerais que la terre cesse de tourner pour descendre!”  Tout juste après qu’elle dise “Toi t’aimerais mieux mourir que de te rendre.”  M’enfin, j’prends un détour plutôt qu’un raccourci, je suis jamais très brillant quand vient le temps de dire ce genre de truc.

Tu vois, le bout de ton billet où tu finis par admettre ton alcoolisme, il me rappelle un truc qui me laisse toujours sourire.  C’est d’ailleurs bien que ce soit aujourd’hui, je suis pas sans en avoir besoin.  Parce que quand des gens comme nous disent pour la première fois “Je suis alcoolique!”, c’est presque que comme le coming out de l’homosexualité de Daniel Pinard, on était bien les derniers à penser qu’il en restait pour pas savoir.

C’est comme ensuite, quand on tient toute sorte de conversation pour noyer le poisson, on est bien les seuls à penser qu’on en mène tout un tas dans notre barque à rationalisation!  Tu te souviens de la rationalisation petite? Je t’en parlais dans un de mes commentaires, c’est la maladie qui fait qu’on prend toute sorte de moyen pour se faire avaler à soi en même temps qu’aux autres que tout va rondement, même après un verre de rechute.

Va pas penser qu’on est les seuls à en souffrir! Rassure-toi! On est des tas! Ma mère a rationalisé chaque jour de plus qu’elle a enduré notre père qui frappait autant qu’il mentait comme il respirait jusqu’à nous étouffer.  Ma grand-mère rationalisait chaque fois qu’elle disait que ce serait bien de pas regarder juste ma consommation, parce que c’était bien la faute à mon père et sa manie d’ouvrir notre porte un peu trop tard certaines nuits.

C’est la maladie aussi de tout ceux qui disent que c’est pas leur faute, c’est pas si pire, c’aurait pu être cent fois plus odieux, c’est parce que… C’est la rationalisation, c’est la porte ouverte ensuite sur une honnêteté parallèle, qui nous pousse dans cette solitude, dans notre raisonnement qu’on croit même plus, dans notre souffrance toute inchangée au-dedans mais présentée toute maquillée au dehors. Rationaliser la rechute, c’est lui donner l’essence qui lui faut pour qu’elle dure et dure.

Alors quand on commence à voir le jour, on prononce “Je suis alcoolique.” Exit les négociations avec soi-même et l’autre réalité, exit les mensonges à soi au nez des autres. On se libère. Aussi libre que le gai qui cesse de tenter de se marier, remarque que sans certains d’entre eux, je serais pas au monde.  Exit les chances que l’on donne à la maladie de revenir nous chercher, gonflée des raisons qu’on peut lui inventer. Le bonheur est jamais loin ensuite, jamais certains non plus, mais authentique, pur, vrai.

Je suis passé par chez toi petite. Cet après-midi on m’a dit que trente ans c’était déjà vieux, que nos peaux étaient plus celle de ceux qui ont vingt ans, que nos formes disparaissent pour renaître plus moches.  J’ai regardé la jouvencelle qui me flanquait ça au visage, sans lui dire que je suis mort en octobre 2004, pour renaître un lendemain, autrement.  Mon nouveau coeur et l’amour dedans fait pas son âge, tant que je lui redonne pas, bien sûr, la crève de la bouteille.

* * *

Bon demain là on va vous mettre le bulletin de nouvelle en ligne. Ce sera demain parce qu’aujourd’hui, comme je disais à la petite, le bonheur étant pas toujours certain, il semble être allé un peu ailleurs. Alors vous allez quand même pas jouer les égoïstes en me demandant en plus de faire le clown. Il serait triste.