Taches de rousseur et autres bonheurs

Filed Under (La vie ensuite) by Exivrogne on 14-07-2008

Allez! Je sais que je vous ai un peu malmené avec mon billet de la veille. Que ça vous serve de leçon si jamais l’envie d’être alcolo vous prenait. Maintenant vous savez les images et les tortures, enfin presque, puis c’est pas de ça qu’il est question aujourd’hui.

Je découvre souvent des pièces de bonheur. Vous faut savoir, vous l’ai si souvent dit, je n’ai pas le bonheur facile. C’est paradoxal avec ce qui me rend heureux pourtant, c’est bourré de contradictions, c’est à l’envers du fait que je peux, aussi, pleurer d’une joie indicible, d’un émerveillement sans mesure, quand je vois des trucs géniaux comme celui-ci.

C’est piqué chez les talons rouges de la vie en rousse. Peut-être un jour je vous parlerai des rousses. De cet autre émerveillement que j’ai pour le soleil qui s’est couché à en déteindre sur les cheveux des dames pour y mettre le feu. Peut-être vous en parlerai aussi chez les reflets de ma fêlée. Me faudra y revenir. En attendant, en remerciant les talons rouges pour le beau bonheur laissé chez-elle, dégustez ce brin de texte et la vidéo ensuite.

"Je n’ai pas eu de fille, et vu les rapports mères-filles un peu compliqués de la famille c’était probablement mieux comme ça, mais j’en ai adopté plus d’une, dont celle-ci, qui n’avait pas du tout besoin de l’être. Pour sa grâce, sa légèreté lumineuse, son état presque permanent d’harmonie avec le monde, et tout simplement parce que. Et aussi parce qu’elle est un modèle pour l’éléphant que j’étais, papillon engoncé dans son cocon.

Cette vidéo a été prise par son grand frère, tout aussi lumineux, quand elle avait 9 ans. Elle en a aujourd’hui 15, et elle est toujours aussi légère qu’une libellule et colorée qu’une coccinelle."

Bonheur piqué avec autorisation rousse et aimable de La vie en rousse

Les au revoir des autres

Filed Under (Ex-Ivrogneries, La vie ensuite) by Exivrogne on 30-03-2008

ope Je vous le dis pas souvent mais je suis pas un bien bon ami. Demandez-le aux deux Pierre. Le premier, sa femme m’a annoncé que je l’avais manqué de peu, au bout de sa corde. J’ai encore la lettre qu’elle m’avait envoyée pour me rappeler où ils vont, les mots qu’on a pas pris le temps d’entendre et l’amour inconnu, que nul n’a découvert!*  “T’étais un fils pour lui!” écrivait-elle. Je l’ai même pas envoyé chier.  Y’a l’autre aussi, lui la vie l’a fait pour lui avant qu’il ne se le fasse. Pareil comme l’autre, parti sans que je le sache. Avouez que je mens pas quand je vous parle de mes qualités d’ami.

Tiens prenez l’autre, le Grand Gris. Il s’est prit l’idée de s’éclater un peu, puis une veine aussi, en pleine tronche tant qu’à faire. La moitié du corps a fait du pictage, l’autre voulait travailler. J’ai changé ses couches, 6′3 de merde à laver, des week-ends durant. L’est mort pareil. Seul aussi, le seul week-end où je pouvais pas être là. C’est venu me rassurer, je suis pas seul à maltraiter ceux que j’aime.  Le Grand Gris, nos derniers moments, c’est des dons de merde et de se sauver quand j’ai la tête ailleurs.

J’ai mis des années à pas trop vouloir investir. Je suis meilleur le coeur serré. Je fais bien quand il faut éloigner. Je maîtrise l’art de repousser.  D’ailleurs, la dernière fois que j’ai aimé un homme, on s’était juré de jamais se laisser tomber. On allait plus jamais se saoûler, c’était surtout comme promesse, à cracher au ciel quitte à ce qu’il nous tombe sur la tête, avant même que la morve ne revienne. Il a finit saoul avant le troisième paragraphe de ce billet. En tôle question de marquer le coup. Depuis, sa mère va mieux.

* * *

Vous arrivez ici de plein de façons. Certains en sautillant, d’autres venus faire chier, d’autres trébuchent sur une phrase, se révoltent, se revisitent, ceux-là habituellement, surtout les derniers, on se raconte nos vies en courriel pour éteindre nos feux.  C’est comme ça qu’il est arrivé. Comme un cognac coupé d’eau. Fifthy d’audace, fifthy générosité, à vous chauffer la gorge et apaiser vos tripes.  Ceux-là comme le cognac, ils me font un peu peur, on peut passer des heures à se raconter des salades et la vie.

Puisque les bons mecs arrivent jamais seuls, on a connu cette celle aussi, un happy hour que je vous dis cette rencontre, la tendresse longue comme ses jambes, des yeux de mer à carte postale, la candeur de ceux qui croient en la vie, le bonheur aussi de celles qui enfantent des beautés d’ailleurs.  On a tout pris l’épouse et moi, le bonheur et les enfants, le bébé et les sourires, cette celle qui cache pas sa crainte derrière l’assurance consommée des faux-culs, cette celle dont les yeux font juste dire que ce serait bien être la meilleure maman du monde.

C’est pas des rêves étroits que de rendre heureux un enfant. C’est d’ailleurs assez chiant ceux qui se fichent d’encombrer le monde. Tant qu’à ajouter des bouches à nourrir à une planète qui sait plus en supporter, aussi bien passer sa vie à vouloir qu’elles soient heureuses. C’est ce qu’elle fait à coup de tendresse, de charmantes maladresses aussi, quand je vous dis que les incertitudes ont leur charme.  De toutes façons le père est occupé lui aussi, dans la nature comme dans les choses, à faire la vie meilleure et à coups d’autrement, en inventant du bonheur là où il pousserait même pas une roche.

* * *

J’ai appris peu de choses du départ de Grand Gris et des deux Pierre. Même que ça tient presque en ces petites choses qu’il me reste de moi. J’ai qu’un vague souvenir, sinon, que ce serait bien que ceux-là qui arrivent dans mes amitiés sachent tout de suite combien je les apprécie, surtout depuis ce jour des départs où j’ai compris qu’on a rien à voir avec les au revoir des autres.

* Ce sont là des paroles de la chanson “Les Rendez-Vous” de Claude Léveillé.

Accusé-réception pour Renaud

Filed Under (La vie ensuite) by Exivrogne on 21-01-2008

Monsieur l’ado de service, la présente accuse réception de votre courriel en date du lundi 21 janvier 2008, en référence à un billet sous ma signature, l’ivrogne, intitulé “six pieds sous terre“.  Sachez que j’y ai apporté toute l’attention souhaitée et vous prie d’agréer, l’ado de service, l’expression de mes sentiments les meilleurs.

L’ivrogne!

* * *

Bon! Un cas réglé! Désolé Renaud mais je suis à chier quand c’est question de sentiments. T’as beau croire au plus profond de toi que j’ai tout un tas de trucs à t’apprendre, mais tiens, vais t’en apprendre un tout en haut des autres, je suis nul quand c’est question de recevoir. Je reçois mal.

Bah! C’est une demi-vérité, pour les baffes et les coups de barre dans le coeur, je sais prendre la charge avec toute la grâce d’un ivrogne bourré d’orgueil. Pour le bonheur, l’amour, l’affection, va savoir, j’ai pas encore trouvé comment. Enfin, sinon tiens, en accusant réception.

Tiens je vais commencer par te donner des nouvelles. T’es devenu une vedette ici Renaud. Y’a Délire et encore Délire qu’aimerait bien lire avec toi, c’est mal barré si tu te pousses déjà avec les femmes qui se pointent chez-moi.  Y’a La Fêlée qui m’a connu quand j’avais ton âge, c’est bien là que je l’ai déçu la première fois aussi, alors que toi, avec ta façon de faire beau dans la vie, t’es encore les deux bottines sur le “free parking”.  Je te le dis c’est mal barré! Même Gaétan semble aimer que tu existes. 

Quand j’étais petit, de taille, pas petit de coeur et d’esprit comme maintenant, mais quand j’étais petit donc, mon grand-père il était pissant.  Il savait pas du tout dire je t’aime, il prenait alors tout un tas de détours tordus, de faux-semblants, de gestes couverts et de messages à deux sens pour me dire combien il tenait à moi, m’appréciait, souhaitait que j’embrasse la vie, celle qu’il avait cessé de séduire, abandonné comme une femme après l’amour, dans le lit d’un destin troqué contre l’ennui des responsabilités.  On s’égare encore, désolé, je te disais, donc, qu’il prenait de bien drôles de chemins et de mots pour dire je t’aime. Parfois il me fallait fouiller davantage pour trouver en dessous.

M’enfin, changeons de sujet, je te laisse un petit vidéo, juste pour la pitoune assise sur le piano.

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De politique éditoriale et autres trucs…

Filed Under (La vie ensuite) by Exivrogne on 20-01-2008

couple On en discutait hier la fêlée et moi, et puisque c’est de votre faute, aussi bien vous le dire tout de suite!  J’ai longuement senti le besoin de vous écrire ce truc aujourd’hui, parce que vous venez souvent ici, parce que vous êtes tous différents, parce que vous venez pour tout un paquet de raisons et c’est bien comme ça.

D’ailleurs, c’est pas mal aussi de ma faute si vous avez des raisons de vous pointer le bout du nez.  C’est selon les sujets, selon vos envies, puisque parfois vous semblez trouver un peu chaussure à votre pied, vous revenez faire votre tour.

La politique éditoriale, c’est-à-dire comment j’ai envie de tenir la place, a jamais été une question que j’ai senti le besoin de soulever.  Mais voilà, les temps changent et vous aussi!  Vous êtes plusieurs centaines chaque jour, parfois plus de 1500 à venir mettre votre nez dans mes affaires, c’est jamais une fréquentation régulière bien entendu, on fait de drôles d’amants!  Puis comme dans une famille, il y a les préférés, ceux pour qui j’ai une affection particulière. Ceux qui me laissent des commentaires et que je m’inquiète d’eux s’ils ne le font pas, je m’inquiète sinon de les avoir emmerdé par mes écrits, ce qui est presque mieux que le premier des deux cas.

Mais voilà, je me suis attaché à pas mal d’entre vous.  Vous venez chez-moi prendre le premier café, j’endure vos chats, vos chiens, vos femmes, vos maris, vos enfants, je m’inquiète pour votre santé, votre consommation d’alcool, vos raves, le premier baiser de votre adolescente, la secrétaire qui raccole votre mari, je m’inquiète de vous, je me suis pris au jeu.  Je vous croise pendant que je suis chez-vous et que vous êtes chez-moi, on se manque d’une seconde de pixels en se laissant des commentaires chez l’autre, on a une relation exigeante, on se dit presque tout, sinon c’est par respect qu’on préfère se taire.

Mais voilà, je suis ce que je suis, à force de venir fouiner ma vie, vous voyez bien à quoi je carbure. Je vous parle d’amour, du mien, d’une femme qui refait chaque jour mon monde, de toutes les météos, mais qui est mon système solaire et ma gravité à la fois.  Je vous parle de mes enfants, qui pourraient me craindre ou m’en vouloir pour des hiers d’absence et qui chaque jour me montre le sens de l’amour et du pardon, je vous parle de ma peur, peur de tout, de rien, de la honte, de la mort, de la souffrance, d’entendre ma fille dire -t’es pas mon père!- ou mon fils dire que je le suis plus.  Ma peur de boire à nouveau, un jour, ma peur de mourir, donc.

Je fais de drôle de phrases, je suis un écrivain de gouttières.  Quand on est itinérant de la plume, on amuse parfois et on attire un peu l’attention, les clochards reçoivent de drôle de regard, pareil pour les sans-mot. Mais d’abord je suis, je suis ensuite alcoolique, je suis ensuite un mari, ensuite un père, ensuite et parfois dans le désordre, un alcoolique en rétablissement qui tend la main à celui qui souffre encore. Ensuite je suis un employé, avant ou après les rêves.

Il se peut que vous passiez par ici en ne comprenant pas que toute ce qui précède, c’est là les règles de la place.  Que malgré toute la vie 3d qu’on aime à vous présenter, on peut aussi s’en faire une image de tendresse, qui est jamais loin derrière.  Comprenez alors que je ne fais pas un blogue à critique sociale ou politique, ce serait à la fois injuste et malhonnête des deux côtés, je vous jure.  Ne m’amenez pas ailleurs que sur ces trucs qui chaque jour me sauvent la vie, et si vous tentez le contraire, vous surprenez pas que je commente plus vos billets de rave, de spectacles à se défoncer l’âme et le côlon, de haine d’un système, de condamnation de l’espoir, d’histoires de cul, ce sera que je suis un peu trop occupé avec la tendresse, celle que j’éprouve notamment pour mes amis de ma bloguoliste qui ont un coeur à partager…