D’oiseaux d’automne et de nez au ciel
Filed Under (La vie ensuite) by Exivrogne on 03-11-2008
J’ai pas pu vous le dire madame, je pense qu’il fallait pas mal plus d’automnes pour vous le raconter. Certainement autant d’automnes que ceux qui vous couvriront peut-être, comme moi, et qui finiront par vous faire mendier des soleils là où il perce même plus la honte. Alors je le disais, madame, à force de ces automnes, il vous arrivera de comprendre pourquoi j’ai autant planté ce soir mon nez dans ce ciel d’ombres et autres nuages sombres.
Y’avait tous ces oiseaux, vous pouvez pas ne pas vous en rappeler, c’était il y a quelques minutes, on était presque côte à côte. Ils avaient plus trop l’air de savoir où il fallait battre des ailes, ils étaient des centaines, je peux le jurer. Moi j’avais le nez au ciel, tandis qu’eux le traversaient comme une poussière noire de courants chauds, moi j’avais le nez au ciel, vous c’était sous l’abri-bus. Je vous comprends de craindre que la nature échappe sa merde sur votre écharpe. J’ai connu un automne qui a fait pareil. On s’en remet je vous jure, pas sous l’abri-bus cependant, on s’en remet je vous jure, en se plantant le nez au ciel, en risquant d’en recevoir quelques merdes, juste au cas où, sans quoi, on aura vu du bonheur le temps des oiseaux, et ce sera déjà mieux que bien des novembres.
