La semaine de vacances tire à sa fin. Je sais parce que Jean-Luc Raymond en parlait mais en le faisant pour l’été. Il citait chez Zurline, avec des mots beaux comme ça:
“L’été qui s’enfuit est un ami qui part. C’est triste une fin de vacances. Ça sent le vieux poisson, les embruns fatigués, le ticket de m…”
Vous le savez un peu que j’en ai marre des blogues. Vous savez pourquoi quand vous vous mettez à lire entre les lignes. Ce que vous savez pas, c’est que je suis à m’attacher au micro-blogging, un terme qui décrit un peu ces petits espaces où on arrive en peu de mots à raconter ce qui se passe dans nos drôles de vies. Avouez que Zurline, elle nous donne envie, avec moins de 140 caractères, de se mettre à jouer à compléter le “m…” et surtout, à lui envier la poésie instantanée.
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Ma voisine aux fleurs elle déjeune tous les matins sur son minuscule balcon. Je commencerai pas à expliquer encore pourquoi je l’appelle comme ça. Mais la voisine aux fleurs il y a peu de temps, elle avait plein de couleurs tout le tour de sa souveraineté personnelle, son petit coin à elle, son bonheur de minuscule comme charmante maison. Mais voilà, elle a botté pas mal de fleurs. Fallait le faire pour qu’elles soient revenues pour septembre, pour la fin de septembre, pour ce jour où elle nous offre tout son jardin pour décorer notre déclaration d’amour.
C’est la même qui a dépossédé ses plants de framboises parce qu’elle sait qu’autrement, c’est dangereux ce que je peux faire pour en manger, elle l’a surtout fait pour la joie que ça me fiche une tarte aux framboises. Puis parce que la voisine aux fleurs, elle aime à mettre la bonté dans des trucs moins colorés, incluant le vieil exivrogne. J’ai d’ailleurs trouvé pourquoi je l’aime tellement, c’est pas que parce qu’elle fait des mots comme la musique, ni même parce qu’elle a un français parfait, c’est même pas pour l’accent, enfin pas seulement, c’est surtout qu’elle donne sans compter, et qu’elle paie ce qu’elle a choisie sans gueuler.
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En fait vous savez peu de choses de nous. Tiens, que la fêlée soit hypocondriaques, suis certain que vous l’ignoriez! Bon la dame du patio elle le sait, mais c’est plus un truc par pathologie partagée, comme une compassion quand on se trouve au coeur de la même tornade. Alors vous savez pas non plus que dans notre monde idéal, à la fêlée et moi, ils rentrent ici le moins d’agent de conservation possible. C’est donc dire que quand on a le temps, on fait notre pain, notre yaourt, le fromage de notre yaourt, nos pâtés de toutes sortes, enfin, tout ce qu’on peut pour pas ingérer des trucs transformés.
C’est amusant comme tout parce que demain je voulais que ce soit la journée cuisine justement. Amusant ordinaire parce qu’on vient de voir une autre entreprise sur la black list des bactérieuses… alors dans ce temps-là ma dame fêlée elle s’imagine plein de trucs… vous dire donc que dans les prochains jours comme en ce moment, elle va remercier le ciel que son père élève poulet, lapins, et tous les autres trucs à plume qu’il fait pousser. À parier aussi qu’il va bientôt me falloir aller échanger du pain contre de la viande de bois chez quelques hurons. Parce que si votre humble exivrogne chasse pas, il vous faut savoir qu’il est le boulanger préféré des chasseurs qui aiment bien partir avec quelques miches, en échange de leurs gibier.
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Avouez qu’il y a longtemps que je vous ai rien pondu d’une plume un peu sophistiquée, je sais. Je suis en vacances. J’ai la tête au neutre. Et vous l’ai dit je crois, les blogues, ces jours-ci…