C’est selon le cuisinier français…
Filed Under (La vie ensuite) by Exivrogne on 17-08-2008
Je vis dans une drôle de bulle. C’est pas à cause d’un métier, c’est la faute de rien de ce qui se trouve à l’extérieur de moi, c’est tout en dedans… c’est un truc qu’on appelle l’attitude, le discours intérieur, le langage qu’on utilise pour se parler, se faire croire un tas de trucs, notamment qu’on a un peu perdu la recette pour se sentir bien, juste bien, un moment, un peu longtemps, comme autrefois.
Je connais plein de gens qui ont le même genre d’occupation que la mienne et qui arrivent à plus de sérénité, à mieux entendre les sons autour d’eux, à percevoir le silence aussi, à être assez libre des phrases que vous tient le mental pour se rendre au moins compte qu’une thermo-pompe cesse de vous faire chier, tous les soirs, vers vingt heures. Pour se rendre compte donc qu’il y a un moment, autour d’eux, dès qu’ils le décident, où le bonheur passe. Ces gens ont la grande qualité de pas le laisser filer. C’est là toute la différence avec celui qui vous écrit.
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Tiens, prenez les framboises, c’est fou comment c’est bourré de souvenirs de grand-maman. Y’avait un cuisinier français dans une autre vie qui m’avait d’ailleurs raconté que le plus difficile en cuisine est de parfumer les ingrédients de base que par l’ajout d’un très petit nombre d’ingrédients, sans compliquer les choses, tout en ne laissant aucun trahir l’autre où lui céder sa nature propre… c’est compliqué je sais, mais ça se découvre dans certains trucs pas du tout piquée des vers qu’on peut parfois prendre comme les caresses d’une voix grave et calmes ou autres attentions de femmes.
D’ailleurs c’est pareil pour les gens qu’on trouve si jolis à vivre. C’est pareil que ce que racontait ce cuisinier français, s’agit de pas compliquer les choses, de parfumer l’autre sans trahir ses saveurs, ni tenter d’altérer sa nature propre, alors on se bouffe plus, on se délecte de présences, le parfum de l’amitié n’a plus rien d’envahissant. On devrait laisser les fleurs là où elles sont, souhaiter que le vent nous amène des odeurs, on peut sinon bien sûr les arracher, mais on fera pas mieux que se divertir le nez pour quelques jours, puis voir mourir.
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Alors il y avait un jardin. C’est pas la faute des jardins si je savais pas y aller. C’est le discours intérieur. C’est quand on croit que c’est moins douloureux pour le dos de rester bien assis sur son gros cul que de se pencher pour renifler les fleurs. Première leçon. La deuxième? Je suis encore capable de bonheur! Nous le sommes! Suffit d’arrêter.
Crédit photo: Votre ex-ivrogne qui aime beaucoup le bonheur et les reflex!

