C’est selon le cuisinier français…

Filed Under (La vie ensuite) by Exivrogne on 17-08-2008

Tagged Under : ,

2772335234_99d327e6fb Je vis dans une drôle de bulle. C’est pas à cause d’un métier, c’est la faute de rien de ce qui se trouve à l’extérieur de moi, c’est tout en dedans… c’est un truc qu’on appelle l’attitude, le discours intérieur, le langage qu’on utilise pour se parler, se faire croire un tas de trucs, notamment qu’on a un peu perdu la recette pour se sentir bien, juste bien, un moment, un peu longtemps, comme autrefois.

Je connais plein de gens qui ont le même genre d’occupation que la mienne et qui arrivent à plus de sérénité, à mieux entendre les sons autour d’eux, à percevoir le silence aussi, à être assez libre des phrases que vous tient le mental pour se rendre au moins compte qu’une thermo-pompe cesse de vous faire chier, tous les soirs, vers vingt heures. Pour se rendre compte donc qu’il y a un moment, autour d’eux, dès qu’ils le décident, où le bonheur passe. Ces gens ont la grande qualité de pas le laisser filer. C’est là toute la différence avec celui qui vous écrit.

* * *

Tiens, prenez les framboises, c’est fou comment c’est bourré de souvenirs de grand-maman. Y’avait un cuisinier français dans une autre vie qui m’avait d’ailleurs raconté que le plus difficile en cuisine est de parfumer les ingrédients de base que par l’ajout d’un très petit nombre d’ingrédients, sans compliquer les choses, tout en ne laissant aucun trahir l’autre où lui céder sa nature propre… c’est compliqué je sais, mais ça se découvre dans certains trucs pas du tout piquée des vers qu’on peut parfois prendre comme les caresses d’une voix grave et calmes ou autres attentions de femmes.

D’ailleurs c’est pareil pour les gens qu’on trouve si jolis à vivre.  C’est pareil que ce que racontait ce cuisinier français, s’agit de pas compliquer les choses, de parfumer l’autre sans trahir ses saveurs, ni tenter d’altérer sa nature propre, alors on se bouffe plus, on se délecte de présences, le parfum de l’amitié n’a plus rien d’envahissant.  On devrait laisser les fleurs là où elles sont, souhaiter que le vent nous amène des odeurs, on peut sinon bien sûr les arracher, mais on fera pas mieux que se divertir le nez pour quelques jours, puis voir mourir.

* * *

Alors il y avait un jardin. C’est pas la faute des jardins si je savais pas y aller. C’est le discours intérieur. C’est quand on croit que c’est moins douloureux pour le dos de rester bien assis sur son gros cul que de se pencher pour renifler les fleurs. Première leçon. La deuxième? Je suis encore capable de bonheur! Nous le sommes! Suffit d’arrêter.

Crédit photo:  Votre ex-ivrogne qui aime beaucoup le bonheur et les reflex!

Mots clés Technorati :

Taches de rousseur et autres bonheurs

Filed Under (La vie ensuite) by Exivrogne on 14-07-2008

Allez! Je sais que je vous ai un peu malmené avec mon billet de la veille. Que ça vous serve de leçon si jamais l’envie d’être alcolo vous prenait. Maintenant vous savez les images et les tortures, enfin presque, puis c’est pas de ça qu’il est question aujourd’hui.

Je découvre souvent des pièces de bonheur. Vous faut savoir, vous l’ai si souvent dit, je n’ai pas le bonheur facile. C’est paradoxal avec ce qui me rend heureux pourtant, c’est bourré de contradictions, c’est à l’envers du fait que je peux, aussi, pleurer d’une joie indicible, d’un émerveillement sans mesure, quand je vois des trucs géniaux comme celui-ci.

C’est piqué chez les talons rouges de la vie en rousse. Peut-être un jour je vous parlerai des rousses. De cet autre émerveillement que j’ai pour le soleil qui s’est couché à en déteindre sur les cheveux des dames pour y mettre le feu. Peut-être vous en parlerai aussi chez les reflets de ma fêlée. Me faudra y revenir. En attendant, en remerciant les talons rouges pour le beau bonheur laissé chez-elle, dégustez ce brin de texte et la vidéo ensuite.

"Je n’ai pas eu de fille, et vu les rapports mères-filles un peu compliqués de la famille c’était probablement mieux comme ça, mais j’en ai adopté plus d’une, dont celle-ci, qui n’avait pas du tout besoin de l’être. Pour sa grâce, sa légèreté lumineuse, son état presque permanent d’harmonie avec le monde, et tout simplement parce que. Et aussi parce qu’elle est un modèle pour l’éléphant que j’étais, papillon engoncé dans son cocon.

Cette vidéo a été prise par son grand frère, tout aussi lumineux, quand elle avait 9 ans. Elle en a aujourd’hui 15, et elle est toujours aussi légère qu’une libellule et colorée qu’une coccinelle."

Bonheur piqué avec autorisation rousse et aimable de La vie en rousse

Le lent retour à une normale existence

Filed Under (La vie ensuite) by Exivrogne on 07-06-2008

104_4059 Bon allez! On se connait pas beaucoup. C’est donc tout à fait normal que vous ne sachiez aucunement de quoi mes journées sont composées.  Je peux facilement vous résumer la chose en parlant de course contre la montre et parfois contre l’ennui, j’ai un métier de montagnes russes, pour le coeur et la raison.

Je me suis clairement perdu quelque part. Je ne l’ai jamais trop nié ni n’en ai douté. Mon retour à la vie après octobre 2004 est largement dû à une capacité que j’avais développé à flirter avec le bonheur comme on le fait avec une femme, à l’approcher de désir et d’humeurs, si lentement qu’on arrive à ce qu’il ne s’échappe pas loin de notre vie.

Puis un peu pris dans les obligations professionnelles et sociales, la vie s’est tricotée de tous les autrements qui ont fait que depuis quelques temps, je cherche à renouer avec une partie de ce que j’ai été, cette partie qui a effleuré le bonheur puis l’a touché, l’a serré contre lui comme on le fait des fées de plaisirs après des délicatesses partagées.

Je cherche un avant qui n’est qu’en moi donc la responsabilité de personne. Le monde n’a pas changé depuis ce premier jour de mon dernier verre. Je n’avais que décidé, fermement à cet instant, de regarder la vie d’une autre façon et d’en trouver des saveurs que l’alcool sur le coeur avait pu m’arracher.

Alors c’est pas mal de mots pour vous dire que je me fouille, que j’ai pris certaines décisions pour revenir à la vie, à une normale existence. À une vie qui cette semaine m’a permis de découvrir le beau film "Je vais bien ne t’en fait pas!" et aussi, comble de bonheur, de faire du pain avec la dame fêlée.

Puis il fait chaud aussi, je suis content vous saurez. J’avais besoin de l’été, de l’été qui fait crever pour montrer qu’elle a les couilles d’être ce qu’elle est. J’avais besoin d’une odeur aussi, d’une femme blonde aussi, elle aurait pu être toute les couleurs en autant qu’elle, d’un rire pour chavirer et peut-être, finalement, de pouvoir enfin dire "je vais bien ne t’en fait pas".

Sans balles ajoutées

Filed Under (La vie ensuite) by Exivrogne on 03-06-2008

noirs_bonheurs Je souhaitais vous le présenter monsieur l’ExIvrogne! qu’il m’a dit flanqué de son copain noir comme le papier de ce blogue.  Pas accompagné comme on le fait avec la fierté un peu conne d’une voiture neuve qui sent bon le concessionnaire non, flanqué d’un ami noir dont il est fier pour l’audace, pour le courage, pour le désir de liberté. Dans ce temps-là d’ailleurs on est flanqué pour vrai, parce qu’autrement, c’est plutôt l’objet de notre égo qui se trouve flanqué d’un imbécile heureux, on y reviendra, quand vous et moi on aura du temps à perdre.

Il me sert la main son ami noir. Une main polie dans toutes les significations. Une main rose d’un côté, du côté qui caresse la joue des 8 enfants qui sont nés dans le berceau de la peur, une main polie, de toutes les façons, polie par les clôtures et les barbelés, par les poings serrés pour traverser les régimes, polie et prudente comme on l’est devant ce que l’on croit risquer d’être l’autorité. C’est toujours chiant l’autorité, même quand c’est un ami qui vous la présente comme un possible de paix. Je préfère être vu comme un enfant de chienne s’il le faut, surtout si c’est pour me sauver d’être vu comme l’autorité. C’est vous dire.

Il y a encore tous les barbelés dans les souvenirs de son ami noir. Entre lui et moi il en voyait aussi. C’est jamais gentil les gens de son pays qui font mon travail là-bas chez-lui. Alors ici, dans ce pays qui fait des promesses, comment il en serait autrement? Son ami noir à mon ami, il gardait donc ses yeux sur la table, arpentait nerveusement la pièce du regard, sursautait presque à chacune de mes questions. Ces gens-là d’ailleurs, ces gens à qui ont a volé du bonheur dans des régimes tordus, ils vous répondent toujours en sortant des pièces d’identité. Ici on répond par un sourire, eux le font avec des cartes à photo, c’est parce que chez-eux, souvent, une carte pour pas mourir vaut mieux qu’un bonheur.

-  Je vous demanderais de ranger vos papiers monsieur.

-  Ah! D’accord.

Je lui ai expliqué que son ami l’a amené me rencontrer parce que j’aime les gens qui ont le courage d’amener les leurs vers un autre bonheur. Que son ami, s’il l’a amené à cette grande table, c’était parce que dans ce qu’il y a de plus vrai en moi, c’est le désir de m’abreuver des courages de ces gens qui brisent leurs chaines. Je lui ai expliqué que cette rencontre était pour moi un cadeau de ce que j’avais besoin chaque jour pour avancer, l’espoir dans des yeux aussi brillants que les lumières qu’on trouve avec espoir dans des grottes où  on nous a laissé pour mort.

Alors voilà, je lui ai demandé de bien entendre mes mots et le coeur derrière, dedans…

-  Oui monsieur l’exivrogne?

-  Soyez le bienvenu chez-nous monsieur. Je me sens fier d’avoir la chance de vous le dire!

-  Merci monsieur! qu’il me dit, le sourire partout dans le visage, avec les yeux qui osaient le premier regard sur les miens.

Avant de quitter il m’a serré autrement la main, avec une force différente, celle née du calme et d’une autre confiance. Puis il m’a regardé pour me dire…

-  Vous savez monsieur l’ExIvrogne, on dort bien ici, le soir et la nuit, il n’y a aucun coups de feu.

Je l’ai remercié de me rappeler tous les silences que je trouve si pesants la nuit, souvent dans mes drôles d’angoisses et d’insomnies, qui si chez-moi sont souvent que fabulations, chez-lui étaient bien réelles, à se demander à quand la prochaine balle qui ralentirait sa course à amener sa famille trouver enfin la paix chez-nous.

Crédit photo: Photo-Libre.fr

C’est comme ça qu’il faut faire quand on aime!

Filed Under (La vie ensuite) by Exivrogne on 14-04-2008

hockey26 Bon allez! La photo c’est pour être d’actualité.  Je vous aime. Pas tous également, j’ai quelques préférés j’en conviens, mais disons que généralement, peu d’entre vous soulèvent chez moi des scénarios de boucherie où l’imagerie mentale n’est jamais sans cris et supplications.

Et parce que lentement mais sûrement, ce blogue est en train de devenir anonyme, un petit point de rien dans la bloguosphère, une marche des marches vers l’enfer, alors aussi bien vous traîter comme il se doit. Alors voilà, je vous fais le “update-de-ce-qui-se-passe-dans-la-vie-de-l’ivrogne”.

Le mariage:  Bon, vous serez pas fier de moi, j’ai un peu trainé, j’ai presque rien de préparé. On a pas davantage que ce qui est écrit dans la section “mariage” de ce site.

La marcheuse: Pas revue depuis un bon mois.

Le nord canadien: Bon, là c’est entre une rencontre au sommet (lire le Madrid) et ce que ma vie va suggérer au niveau professionnel. Disons plus concrètement que si on a pas mieux à m’offrir que l’exil chez un peuple qui construit pour pas mourir de notre mépris, tout penche pour que j’aille participer à leur fierté.

Le papier de toilette Charmin: Les 3000 rouleaux achetés par la fêlée sont enfin terminés. J’ai débouché 120 fois la toilette, je sais maintenant que ce qui est doux peut aussi glisser sans absorber. On est passé à autre chose.

Autre chose: J’ai débouché encore la toilette ce soir. La fêlée a raison, c’est relié aussi aux enfants.

Le plombier: Est pas revenu faire le plafond. Oui, il est encore en vie. Non je ne l’ai pas trouvé encore.

Le Zyban:Je compte arrêter de fumer ce vendredi. Mon cerveau va bien, si ce n’est qu’il est en train de se déménager complètement dans un formidable furoncle posté juste au dessus du sourcil gauche. Quand je fais un clin d’oeil, on dirait un ballon qui rebondit.

L’ orthographe:  J’ai beaucoup de misère encore avec l’accord de “ensevelir”, “rebondir”, “anéantir”, “aimer”.

Amy Winehouse: Pareil que pour la marcheuse!

Le fils: On a fort à faire pour se saisir, se recevoir, se rejoindre, se toucher. J’ai bu 60% de sa vie, au moins, aussi, l’argent de ses études universitaires si on calcule pour se faire mal.

Les anniversaires: Bientôt la mienne, puis celle du fils. Il aura 9 ans. Ce fera alors 50% du temps de sa vie que j’aurai bu.

Le bonheur: Comme les lundis, pas trop souvent.

L’amour: Elle est une sainte. Je suis son péché. Elle a même pas pensé à gagner son ciel, c’est vous dire ce qu’elle a préféré.

Le nouvel ordi: Est devenu le jouet de la sainte. Moi je suis retourné au Dell dès le lendemain, mais avec le droit de prendre l’ancien moniteur alors qu’elle est occupé sur le 22″ wide.

Les amis: Ils me manquent cruellement, de voix chaude ou de conseils, pour la tendresse ou pour le coeur.  Heureusement nous nous sommes parlés, quand le bateau coule, c’est ce genre de téléphone inattendu qui fait du bien.

Les amis de l’autre côté: Envoient des vidéos, envoient de la chaleur, font de la voix au-delà de l’écran, deviennent plus vrais que nature. Notre couple a une âme soeur, peut-être de ce côté aussi!

Le chalet: On est même pas allé finaliser chez le notaire encore. Heureusement que le vendeur ne peut que vendre à nous! Et puisque l’hiver est pas comme moi qui sait partir, on risque de faire dans la boue jusqu’en octobre 2009.

Renaud:  Bon là c’est compliqué. Il a un ami qui peut pas me blairer. Un boomer qui perd jamais une occasion de me casser pas mal de sucre sur le dos. Puisque mon métier donne pas mal de matière à me faire détester, il a l’embarras du choix.  Alors j’en avais marre de voir Renaud plus savoir où se placer, je l’ai envoyé vivre un peu. En amitié, c’est aussi important savoir partir que de savoir arriver. J’en ai profité pour lui recommander d’aller vivre un peu avec les siens, des ados, des jeunes femmes qui donnent les premiers baisers, les mains tremblantes, le coeur glacé par la peur de le casser, le coeur capable de fendre quand les amis en sont plus.

Des doutes: C’est là… c’est moche le doute, c’est toujours avant, juste avant, pas mal de talents. Allez fouiner!