La foule de ma pièce sombre

Filed Under (La vie ensuite, politique éditoriale) by Exivrogne on 10-06-2008

couple333

Bloguer comme nous le faisons elle et moi, comme plusieurs d’entre-vous le faites aussi, c’est avancer à deux les yeux fermés, dans une foule dont on ignore le nombre, encore plus les intentions qui se cachent derrière leur raison de venir nous lire

Je vous racontais dans un précédent billet combien je juge important pour moi de m’interroger sur le contenu de ce blogue, sur la façon de discuter avec vous, sur le rapport qu’il serait heureux que nous entretenions vous et moi.  Cette réflexion est devenue encore plus importante suite à la fermeture du blogue d’un ami.  Une fermeture aussi subite que raisonnable, compréhensible que violente, une histoire comme toutes les histoires qui s’écrivent sans trop de plan et où les personnages secondaires (les visiteurs, oui oui! vous!) se mettent soudainement à mener le bal.

C’est qu’on aime à bien vous traiter. Je vous le dis souvent, il serait utile de ne pas nous prendre, vous et moi, pour des imbéciles. Je tente de vous respecter et vous me le rendez joliment bien, surtout  depuis que j’ai fermé l’ancienne place pour venir mettre la table avec vous ici et que nous sommes qu’entre nous.  Une réflexion importante parce que mon ami, celui qui a crié last call, il était parmi ce que la bloguosphère sait offrir d’intéressant.  Bien que je n’accrochais pas à toute la variété de billets que ce dernier pouvait offrir, dans ses textes clavardés à l’encre du coeur, il valait le sacré détour mon ami.

Alors dans cet espace noir qui se dessine ici, comment échapper aux pièges n’est pas la vraie question. C’est surtout comment ne pas m’échapper qui me préoccupe le plus. Parce que vous êtes capables de pas mal de gentillesses, d’autant de mots doux qu’un mec qui veut baiser, vous êtes gentils, ça vous le savez. Devant la gentillesse, le danger peut alors devenir la complaisance, un piège dans lequel je refuse de tomber. Ça fait chier la complaisance, c’est emmerdant devoir des gentillesses, ce l’est d’autant plus que c’est rarement pour cette raison qu’on a ouvert un blogue, avouons-le.

Bloguer comme nous le faisons elle et moi, comme plusieurs d’entre-vous le faites aussi, c’est avancer à deux les yeux fermés, dans une foule dont on ignore le nombre, encore plus les intentions qui se cachent derrière leur raison de venir nous lire.  C’est quand on se met à réfléchir à ce qui vous amène ici, à ce qui vous fait vibrer ou pester, c’est là qu’on s’éloigne du vrai but qui se cache derrière nos blogues, un journal intime, très intime, sur ce que nous sommes, qui livre ce que nous avons au coeur et qui présente celà fait, toute la libération des mots échappés.

La politique éditoriale, cet engagement que j’ai avec moi sur le contenu que je vais vous livrer, c’est ce qui me garantie que l’exercice que je fais en écrivant me respecte et me fait le bien que je souhaite. Le bien que je peux vous faire est secondaire. Si j’oublie ceci, je me perds lentement.  Étrangement je réfléchissais à mon ami hier, en me tirant une toute simple conclusion… quand on se demande ce qu’on va bien pouvoir vous écrire, on est déjà un peu perdu, parce que la vraie question devrait être :

"Qu’est-ce que je vais bien me dire aujourd’hui?"

Posée de cette façon, tout devient tellement plus simple!

Me demandait en passant…

Filed Under (3d) by Exivrogne on 27-05-2008

4 Vous savez une des questions qui m’occupe le plus ces jours-ci? C’est comment il se fait que l’on arrive à positionner, à créer puis faire évoluer un personnage en 3d jusqu’à ce qu’il arrive à pouvoir avoir une identité, une personnalité, puis se créer des moments, des événements.  Ces mêmes moments qui ensuite peuvent devenir un petit phénomène d’attention médiatique.

On y reviendra sur cette question, plus longuement, avec plus de profondeur, mais disons que le premier constat que je fais, froidement là, c’est de me rendre compte que l’époque virtuelle qui terrorisait tellement mon frère dans sa jeunesse, elle est peut-être arrivée. Un personnage complètement créé, qui parle et publicise du contenu complètement numérique, les blogues, qui occupe un espace complètement virtuel, un décor, pour un temps bien réel.  Qu’ensuite il puisse, ce personnage se présenter à un bulletin de nouvelles et exprimer ce qu’il voit dans l’événement virtuel, c’est probablement ce qui m’étonne encore le plus.

Finalement, c’est de constater que nous sommes peut-être arrivé au point où en plus de nous personnaliser par ce que nous écrivons dans nos blogues, nous pouvons ponctuer notre identité par un personnage, une animation, et qu’en bout de ligne, les gens collent les écrits sur le personnages 3d.  C’est débridé pour l’instant ce bout d’explication, soyez gentils je viens de me lever, et comme mon ami Mario dit souvent : “On blogue pour se parler à soi!”

À tout de suite!