Un tendre, une gentille, comme le monde des enfants
Filed Under (La vie ensuite) by Exivrogne on 25-02-2008
Ceux qui me lisent d’une autre vie se souviendront, j’ai l’habitude de dire que les paysages de mes voyages sont les gens que j’y rencontre. Sur cette image vous me permettrez de vous dire aussi que j’ai eu mon nombre de badtrip, les paysages, quand ils sont les gens, peuvent assez rapidement devenir une bien mauvaise météo. De déceptions en déceptions, de moi comme des autres, de cette passion entretenue pour la fêlée surtout, j’en suis donc venu à ne voyager qu’ici, chez-moi avec nos enfants, les destinations se sont faites plus rares, les paysages des gens ont disparus au même moment.
Vous m’offrez quelques fois d’aller vous voir le bout du nez, ou vous le faites à la fêlée en pensant avoir plus de chance. C’est mal connaître son humeur de chien et sa façon de justement pas en avoir quand ça lui chante, et ça, elle sait le faire. Il arrive souvent, presque tout le temps, que je dise non. Il arrive, parfois que je dise oui. C’est variable comme critère, c’est aussi fiable qu’un ivrogne, c’est basé sur rien d’autre que votre franchise souvent, votre façon de me faire sentir que c’est pas que de la curiosité, on aime tellement voir de près un ivrogne en 3d.
Alors voilà, on a dit oui. C’est à ce jeune homme et sa dame, que la politesse voudrait que je mette devant. Allez, je vous raconte pas tout, il le fait bien sur son blogue. Juste vous raconter que j’ai toujours un peu peur de ces mamans qui se sont enroulées dans le cordon avec le bébé, ça me file toujours une trouille pas mal reliée avec mon divorce et tout ce que ça peut faire une dame éprise de son enfant. Juste vous raconter qu’elle est pas mal tout sauf comme ça. Vous raconter la tendresse entre les deux, les mots qui se disent et les silences qu’ils s’offrent comme des caresses.
Vous raconter leur façon de faire confiance à la vie une seconde fois, surtout chez ce Drew. Une existence le vent dans le visage aurait enlevé à plus d’un le goût d’un autre voyage. Il a pourtant pris son baluchon, l’est même pas con en plus. Vous raconter aussi cette jeune mère, qui fait pas tout pour jouer celles qui savent, qui cherche même pas à cacher qu’elle a peur, de mal faire, de trop faire, de trop pas faire, de la vie quoi. Une mère qui a dans l’oeil ce petit truc qui l’illumine quand on fait cette si grande confiance au destin qu’on lui confie un être qui vient de soi.
Vous raconter ce couple, à qui De Shaime réécrirait certainement de “leur laisser un peu d’innoncence, un jour de vancances.” Allez, on va bien les revoir, on vous dira pas tout, pour les curieux, oui il est beau gosse, tendre comme le monde que font les enfants, oui elle est craquante, elle a la gentillesse du monde avant la guerre. Est-ce qu’ils vont faire mentir les statistiques et les scénarios catastrophes des revues merdiques? Je gagerais mon Dell et quelques gros billets!
