Revenir à la maison

Filed Under (La vie ensuite, mariage) by Exivrogne on 09-09-2008

Je me fais plus discret ces jours-ci, ce doit être parce que je sais que vous me le pardonnerez. Puis parce que je vous aime aussi, alors tant qu’à prendre tous les mots qu’on peut choisir pour faire des bouquets à coups de fleurs d’autoroutes, faute de cueillir dans de plus beaux jardins, faute du temps pour la beauté, donc, je préfère pas trop vous faire de politesses.

Puis il y a bien le nouveau joujou sur lequel j’ai finalement jeté mon dévolu, un truc un peu plus calme que certaines de mes intentions, calmé par une offre aimable de celui qui se trouve jamais loin que le rire manque où les oreilles pour entendre ce qui me ferait le retrouver.  Alors voilà, je fais le gamin comme il dit si bien, j’en envoie un peu par ici, puis sinon, autrement, je suis à essayer de me faire le calme dans ce mariage pour lequel je m’énerve un peu ces jours-ci.

Puis il y a celle qui a dit oui, avec laquelle je sais être moche parfois, parce que c’est pas toujours si drôle que ça votre ivrogne vous saurez, ce peut-être un enculé de première quand il oublie comment il a pas encore tellement de chemin parcouru sur la drôle de voie qui mène à devenir un meilleur être humain. Alors il y a cette celle donc, que j’aime plus que tout ce que j’arrive à ressentir, cette celle à qui je reviendrai bientôt, dans ma désintoxication nécéssaire de ma vie de maintenant.

Détox de vie trop rapide, de trop de gens, de trop de sourires, de trop mains serrées, de trop de mots retenus, de trop d’acquiescements plutôt que de refus, de trop de loyauté peut-être, aussi. Revenir à cette celle donc, de qui mon coeur n’est jamais parti, pour qui mon coeur n’a jamais pris, donné, ni souhaité autre chose depuis ce premier jour de l’autre moment où elle est revenue dans ma vie.

Alors voilà, c’est rien de plus qui se passe maintenant, c’est tout juste un moment important, c’est le jour premier où on décide que cette fois il serait temps de rentrer à la maison.

Prémonition chinoise!

Filed Under (mariage) by Exivrogne on 07-09-2008

Vous le savez parce qu’on en a déjà pas mal parlé vous et moi de ce mariage qui nous attend. Vous savez suffisamment pas mal tout ce qu’il y a à savoir de cette drôle de cérémonie issue des traditions des premières nations. On a pas pu échapper au fou-rire, future épouse et moi, quand elle a ouvert son biscuit chinois après une bouffe particulièrement mauvaise aujourd’hui, et qu’elle y a trouvé ceci:

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Avouez que c’est à vous jeter par terre! Surtout quand on compte le peu de chances que l’on a d’assister à une fête avec d’étranges coutumes… bon on a pas retourner le papier, une mauvaise traduction du type “costume” plutôt que “coutume” aurait tué tout le charme!  Au plaisir!

Au nom de tous les miens

Filed Under (mariage) by Exivrogne on 03-09-2008

Quand j’ai mis les pieds à Québec dans cette deuxième moitié de vie que je me suis offerte, c’est le peuple huron qui m’y a accueilli. Mes premières amitiés, mes premiers liens significatifs, c’est au sein de ce peuple qu’ils se sont tissés. J’ai eu la chance de voir les astres s’aligner suffisamment pour m’approcher de très près de cette nation qui s’est révélée à moi dans ce qu’elle a de plus authentique, de plus courageux, de plus fier, aussi.

En plus du coup de chance, l’écoute aura été la deuxième condition nécessaire à entretenir avec eux une relation aussi entière que celle que nous partageons actuellement. Le peuple blanc a tout avantage à se rappeler son histoire au contact de ces gens, et s’il l’ignore, alors il lui sera utile d’écouter, d’entendre, de ressentir la douleur vive et encore bien présente, sise entre la mémoire des colères et le devoir de se rappeler. Aucun autre pardon, même celui d’un chef religieux, n’égale en exigences et en humilité celui auquel consentent chaque jour les premières nations.

Pour ce peuple, entre en amitié avec un blanc demande de donner ce précieux sentiment malgré une confiance qui est encore entièrement à rétablir. Alors que le peuple blanc résiste à l’engagement*, signe et contre-signe des ententes avec son propre peuple, ces derniers vont de l’avant sur la foi des mots, offre une loyauté sur la base d’une confiance mainte fois ébranlée, choisisse pour leur vaste majorité la patience et l’unité plutôt que l’affrontement et le gain fragile.

Alors que notre toute nouvellement reconnue nation laisse derrière elle son héritage religieux, celui-là même avec lequel elle aura tenté de soumettre et assimiler toute une génération d’enfants, ce peuple s’approprie à nouveau son histoire, renoue avec sa culture, recherche son langage et présente à la face du monde ses racines vives et sereines. Quiconque peut avoir la chance d’entendre ce peuple ne peut que conclure qu’il a maintenant les certitudes à la mesure de nos propres doutes.

Voir ce peuple et son chef accepter, malgré nos hiers de colonisateurs, de nous offrir une cérémonie issue de leur peuple, sans souligner toute l’ironie que pourrait contenir cette vengeance de l’histoire sur l’histoire, est la preuve de toute l’humilité qui peut les animer. De voir avec quelle amitié, quelle chaleur et quel respect leur chef peut orchestrer le moment est certainement la plus belle leçon de fierté que procure le pardon, aussi fragile soit-il.

Là on se le dit entre nous. C’est entre blancs qu’ils diraient… mais il me faudra lui dire à lui, et pas du bout des lèvres, comme un chuchotement qui a rien d’un peuple qui se souvient.

* Simplement constater combien nous hésitons à unir notre vie à une autre personne, à mettre en commun nos ressources, à tout juste faire confiance sans papier…

Les quelques mots de Zurline

Filed Under (La vie ensuite) by Exivrogne on 31-08-2008

La semaine de vacances tire à sa fin.  Je sais parce que Jean-Luc Raymond en parlait mais en le faisant pour l’été. Il citait chez Zurline, avec des mots beaux comme ça:

“L’été qui s’enfuit est un ami qui part. C’est triste une fin de vacances. Ça sent le vieux poisson, les embruns fatigués, le ticket de m…”

Vous le savez un peu que j’en ai marre des blogues. Vous savez pourquoi quand vous vous mettez à lire entre les lignes. Ce que vous savez pas, c’est que je suis à m’attacher au micro-blogging, un terme qui décrit un peu ces petits espaces où on arrive en peu de mots à raconter ce qui se passe dans nos drôles de vies. Avouez que Zurline, elle nous donne envie, avec moins de 140 caractères, de se mettre à jouer à compléter le “m…” et surtout, à lui envier la poésie instantanée.

* * *

Ma voisine aux fleurs elle déjeune tous les matins sur son minuscule balcon. Je commencerai pas à expliquer encore pourquoi je l’appelle comme ça. Mais la voisine aux fleurs il y a peu de temps, elle avait plein de couleurs tout le tour de sa souveraineté personnelle, son petit coin à elle, son bonheur de minuscule comme charmante maison.  Mais voilà, elle a botté pas mal de fleurs. Fallait le faire pour qu’elles soient revenues pour septembre, pour la fin de septembre, pour ce jour où elle nous offre tout son jardin pour décorer notre déclaration d’amour.

C’est la même qui a dépossédé ses plants de framboises parce qu’elle sait qu’autrement, c’est dangereux ce que je peux faire pour en manger, elle l’a surtout fait pour la joie que ça me fiche une tarte aux framboises. Puis parce que la voisine aux fleurs, elle aime à mettre la bonté dans des trucs moins colorés, incluant le vieil exivrogne.  J’ai d’ailleurs trouvé pourquoi je l’aime tellement, c’est pas que parce qu’elle fait des mots comme la musique, ni même parce qu’elle a un français parfait, c’est même pas pour l’accent, enfin pas seulement, c’est surtout qu’elle donne sans compter, et qu’elle paie ce qu’elle a choisie sans gueuler.

* * *

En fait vous savez peu de choses de nous. Tiens, que la fêlée soit hypocondriaques, suis certain que vous l’ignoriez! Bon la dame du patio elle le sait, mais c’est plus un truc par pathologie partagée, comme une compassion quand on se trouve au coeur de la même tornade.  Alors vous savez pas non plus que dans notre monde idéal, à la fêlée et moi, ils rentrent ici le moins d’agent de conservation possible. C’est donc dire que quand on a le temps, on fait notre pain, notre yaourt, le fromage de notre yaourt, nos pâtés de toutes sortes, enfin, tout ce qu’on peut pour pas ingérer des trucs transformés.

C’est amusant comme tout parce que demain je voulais que ce soit la journée cuisine justement. Amusant ordinaire parce qu’on vient de voir une autre entreprise sur la black list des bactérieuses… alors dans ce temps-là ma dame fêlée elle s’imagine plein de trucs… vous dire donc que dans les prochains jours comme en ce moment, elle va remercier le ciel que son père élève poulet, lapins, et tous les autres trucs à plume qu’il fait pousser. À parier aussi qu’il va bientôt me falloir aller échanger du pain contre de la viande de bois chez quelques hurons. Parce que si votre humble exivrogne chasse pas, il vous faut savoir qu’il est le boulanger préféré des chasseurs qui aiment bien partir avec quelques miches, en échange de leurs gibier.

* * *

Avouez qu’il y a longtemps que je vous ai rien pondu d’une plume un peu sophistiquée, je sais. Je suis en vacances. J’ai la tête au neutre. Et vous l’ai dit je crois, les blogues, ces jours-ci…

De dernière minute…

Filed Under (La vie ensuite, mariage) by Exivrogne on 14-06-2008

Ceux qui me suivent sur twitter on pas mal eu droit à la version live de mon dîner qui devait servir à préparer les détails du mariage.  L’endroit de la célébration et de la réception a beau être décidé, rien de mieux pour votre humble serviteur que de consigner le tout par écrit et de se rassurer en contre-vérifiant le tout. Je suis de ce genre insécure, je dois vous l’avouer, surtout avant d’envoyer la petite montagne de faire-part que tendre moitié veut que j’envoie au plus tôt.

amphi1 Je vous résume le tout… mon blackberry est excellent pour me rappeler les rendez-vous, je n’en oublie aucun. Deuxième constat, tout le monde n’ont pas des blackberry, je me suis donc retrouvé seul à déguster de la viande de bois dans ce fantastique endroit où nous ferons la réception dudit mariage.  Heureusement, j’ai eu la chance d’aller visiter le site, en construction, qui fin terminé pour septembre sera le lieu de la célébration. Cet amphithéâtre extérieur (Dieu météo nous aimera on le souhaite) verra donc notre union se souder tout près des chutes. C’est avouons-le un bien jolie décor.

amphi2 Alors pour vous et me rassurer, mon invité était si mal de m’avoir oublié qu’il a consigné le tout en moins de 10 minutes dans le grand livre, m’assurant revenir jeudi avec les chambres, menu, prix et autres savoureux détails. Heureusement, la rencontre avec le célébrant sera plus simple, on se croise le bout du nez plus souvent qu’autrement et une bien belle amitié nous permettra de ne pas exiger des paperasses qui n’en finissent plus. Parce que ce que vous ne savez pas, vous, c’est qu’ici, je suis des plus nuls pour garder mes papiers à portée de main.  Bon je sais, il ne reste que 3 mois, je me le dis aussi, mais bon, on a la joie du décor qui se fait joli par lui-même, et ne sous-estimez jamais la capacité de mon moi-même à performer sous la pression! Allez, je me pousse…