Des autres
Filed Under (La vie ensuite) by Exivrogne on 27-03-2008
Elle est passée comme d’habitude. Je vous dis ça comme ça, juste au cas où vous vous faisiez du souci pour la marcheuse. Pareil qu’avant, que tout le temps. Même manteau ouvert malgré la tempête, même tout, même rien. J’imagine souvent sa vie comme une météo d’hier, 5 minutes de ciel gris, un vent qui se lève, une neige qui vous aveugle, du grésil qui vous râpe la peau, puis un soleil qui fait trop vite, juste pour plaquer le printemps comme un fils de con qui jouerait au hockey.
J’ai vu Renaud aussi. L’ai vu au café, le même où la fille prenait de la lumière. J’ai pris une salade, les coudes sur le comptoir, j’ai desserré la cravate, me suis planté le nez dans le bonheur balsamique et le printemps arraché à une verdurette domptée. La serveuse m’a raconté comment c’est difficile faire en famille, comment c’est souvent pire pour quatre jours en congé, comment il serait bien que je prenne des vacances, comment c’est con mettre les mêmes jours de repos que ceux des enfants déjà reposé, lui ai dit que j’allais me marier. Elle a dit que c’était sérieux, la vie.
Je cherche une façon de vous parler d’une autre là, une comme il s’en fait pas trop dans les lignes de montage d’un Dieu ironique. Une qui fait des différences parce que Dieu lui a fait le véhicule de vivre avec vraiment pas beaucoup d’options. Pas de celle où le régulateur de vitesse fonctionne, encore moins de celle où les laves-glace arrivent à enlever la merde sans en laisser une longue traînée dans ce qui reste pour voir les coups venir. Une de celle dont le bonheur tient dans un coffre à gant et semble parfois étrangement réussir à tenir le volant de ses rêves et fouiller dans le coffre, au cas où, quelqu’un lui aurait arracher ce qu’elle a pour s’accrocher. Ce sera ce soir tiens!
Vu la marcheuse: Hier
Vu Renaud: Hier
Nuit normale: Des lunes
