Cette drôle de dictée

Filed Under (La vie ensuite) by Exivrogne on 19-04-2008

erreur Mon homme, ma bouture coupable, fils d’ivrogne, mec que j’aime.  C’est fou ce que c’est long 6 heures de voiture pour te ramener ici. C’est fou comment ici, plus les années passent, plus les week-end finissent par être des exceptions de vie. Ces moments saupoudrés un peu partout dans l’année, les père de fin de semaine ont toujours cette impression, comme l’obsession du poivre de certains, qu’on en met jamais assez.

Ce serait bien tant qu’à faire qu’on se raconte des trucs, je pourrais te parler des femmes, tu me parlerais du soleil, je te parlerais des murs qui sont là que pour tomber, tu me parlerais d’une langue qu’on te fait détester pour les fautes que tu lui fais. On ouvrirait la fenêtre, on lancerait ta dictée, presque salauds de pollueurs, à moins qu’elle ne soit ramassée par une vieille femme seule. Alors elle la relirait, comme une lettre d’amour, comme celle toute de fautes que lui envoyait son bûcheron de mari.

Elle serait heureuse, puis moi aussi, on aurait échappé sur cette drôle de route, comme je l’ai fait pour ma vie, un truc bourré d’erreurs qui au fond peut encore dire je t’aime! Combien de fautes dans ce billet? Allez, à demain! Comme dirait Mammouth, “been there, done that, got the t-shirt!”

Le ti-frère dans le showroom!

Filed Under (La vie ensuite) by Exivrogne on 29-12-2007

Bon le fils il attend son nouveau petit frère, un tout neuf, un vrai de vrai.  C’est prévu pour dans quelques jours.  Sa mère a le ventre plein à craquer.  Sa maman elle s’est refait un mec, il a été un beau-père extraordinaire pour mon fils, elle lui a fait tous les tests.  Le premier pour pouvoir l’amener au lit, le deuxième pour être certaine qu’elle pouvait le faire sans rien pour empêcher une grossesse, le dernier pour s’assurer qu’il allait faire un bon père.  Alors voilà, le nouveau Jules va être papa, mon fils demi-frère, beau-fils, fils de sa mère, bien assis dans sa troisième cellule familiale en presque autant d’années.

Vous le savez pas mais la dernière tempête, celle d’il y a trois semaines, celle que le maire Tremblay en a fait son 9-11 à lui, ben elle a fait cette tempête que j’ai pas pu aller chercher le fils.  Puis comme ma connerie a fait que je suis papa de weekend, il m’a fallut attendre encore, un autre tour.  Puis comme Noël a jamais été mon tour avec le fils, suis aussi un papa de jour de l’an, voilà que j’ai passé un autre tour.  Suis allé chercher le fils donc seulement hier. 

Le fils il s’est fait bien rentré dans le crâne la volonté de sa mère:  ”À mon accouchement, je veux que tu vois ton demi-frère tout neuf!”

C’est moi qui dit demi-frère, parce que ce sera un frère au complet selon sa mère et l’échographie.  Elle veut pas le terme “demi”, ma blonde non plus aime pas ce mot-là d’ailleurs.  C’est très déculpabilsant de changer les mots, d’étiquetter autrement, ça cache aux yeux de la vie et du monde qu’on en est à 3 familles de chaque côté et que plus personne a de budget pour les Noëls qui font la règle de 3 dans le nombre de cadeaux, mais là je m’égare.

Alors voilà, il va avoir un frère tout neuf.  Alors hier, il m’a dit qu’il aimerait bien le voir dès qu’il sortira de son trou.  On devrait interdire aux nouveaux Jules de baiser fin-mars jusqu’à la mi-avril, ainsi ils empoisonneraient pas la vie de l’ex qui doit être stand-by pour l’accouchement en pleine période des fêtes.

Le cynisme avec lequel je traite la question est même pas accidentel.  Il y a un truc qui me fait me sentir totalement dérangé d’être sur la touche en attendant que mon ex accouche, pour devoir lui retourner illico notre fils question qu’il aille se voir la nouvelle famille.  Tellement en fait que si j’ai bien voulu convenir de scraper mon congé avec mon fils si la chose se passe durant, j’allais pas aller jusqu’à faire les 3 heures aller, puis les 3 heures retour, pour souder la nouvelle cellule.  Je vous jure que c’est pas de la mauvaise foi.  C’est juste que 6 heures de route, c’est… Vous vous souvenez je vous ai parlé il y a quelques billets de la souffrance de l’ivrogne, comment elle est utile aux autres, comment elle est essentielle à un système bien dysfonctionnel… Vous savez dans ce temps-là, l’ex, elle me dit toujours: “Ouin mais pourtant moi, tu te souviens pas que … C’est pas mon problème si maintenant… C’était à toi de… t’avais juste à pas…” C’est ma quatrième année d’abstinence que je suis à faire, allez pas penser qu’elle est prête à céder tout le pouvoir que mon ivrognerie lui a donné. Quand je suis pas encore prêt à céder, alors elle laisse tomber la “killer line”: “Ben tu l’expliqueras à ton fils que tu veux pas lui faire plaisir en venant le porter à l’hôpital, que tu veux pas lui montrer son ti-frère tout neuf…”

En passant, à tous les ivrognes, la ligne “C’est pas mon problème!” n’est pas utilisable pour vous, c’est réservé aux autres du système! Tant qu’à être décousu dans ce billet, ce que vous me pardonnerez sûrement, je vais vous parler de Gaétan! Gaétan il pédale, suis allé voir son blogue, il pédale beaucoup.  Il fait tout ça en réfléchissant, en donnant des coups de roues sur le système. la tête dans les nuages, les neurones qui déraillent pas trop, la pensée qui refait puis défait le cadre du vélo, de la vie aussi, tant qu’à faire.  Allez donc faire un tour, vous allez en sortir en vous demandant un peu comme moi comment il se fait que ceux qui pédalent ont les sentiments jamais loin des paysages qu’ils embrassent sur la route.