Atterrissage sans les freins

Filed Under (La vie ensuite) by Exivrogne on 06-04-2008

air J’aime bien Dion. Je l’aime de la façon que j’aime pas mal de monde, en silence.  Je passe chez-lui, ramasse des pixels, me pousse sur la pointe des pieds, je sais faire comme les mots, je sais faire le mal élevé, je sais aller dans tous les sens et oublier la commission.  Un jour j’ai lu cette toute petite phrase: “Dis-lui toi que je l’aime!” Me souviens plus si, à part pour elle, j’ai dérogé de ce principe que j’ai aimé adopter. Pour monsieur Dion, c’est pareil.

Dans un billet gentil, il dit ceci:

Y a des gens qui sont bourrés de talent sur la blogosphère. Vraiment. Certains à couper le souffle. Y a des gens chez qui les mots déboulent en cascade d’eau fraîche et en gerbes de fleurs heureuses. Je pense entre autre à l’alcolo qui possède un talent littéraire fou! Mais je le lis très peu. Pourquoi? Parce que ses billets sont vraiment trop longs. C’est pas drôle d’être prolifique à ce point.

À une autre époque, il avait aussi écrit ceci:

Dans cette sphère où l’on marche souvent sur des oeufs et où l’on doit faire attention à ce que l’on écrit afin de ne pas écorcher la sensibilité de tous et chacun, il est réjouissant de croiser des acteurs de la blogosphère qui ne se prennent pas au sérieux.

Merci Pat! Et parce que ce soir, c’est la dérogation majeure à ma règle d’or de laisser se manifester mon appréciation par les mots des autres, je te file cette citation de Maurice Rheims que Mistral paraphrase dans Vamp:

La force des mots est pour l’homme plus prégnante que l’exactitude des faits car c’est en eux que loge la vérité de l’être parlant.

Mistral dit dans la même veine :

La rétention du verbe est aussi jouissive que celle de l’excrément, c’est le versant anal de la parole.

Bon, on a congédié un président de conseil d’administration pour ce genre de plaisir avoué au premier degré, dans une station de radio de la télévision dont il dirigeait le C.A., mais c’est une autre histoire.  C’est encore trop de mots pour te dire que t’es le premier à avoir vu juste… ou l’avoir écrit, “ne se prennent pas au sérieux!”

* * *

C’est qu’il a raison le Pat, vous savez! Comme Mistral et Rheims aussi. Tout tient dans le retenir, tout tient dans la façon de le laisser aller, tout tient aussi, surtout, à ne pas se faire fier de la longueur de ce qu’on voit sous nos fesses mais bien de ce qui s’en dégage pendant que nous lisons, calmement assis!  Allez, à demain! Vous voyez, je reviens, comme dirait l’autre, je vais bien ne t’en fais pas!

Un peu pour Véro, beaucoup pour la démocratie!

Filed Under (La vie ensuite, Vos bêtises!) by Exivrogne on 25-02-2008

sad_man Allez, je vous mets sur la touche, la réflexion vient un peu de ce mec, Russell Jacoby, il s’intéresse à la survie des intellectuels. Je vous indique aussi qu’il observe l’évolution de leur milieu de vie, du climat qui maintiendrait l’intellectuel en santé, lui assurant un réseau social propice à sa production et sa reproduction. Dans l’édition du journal Le Devoir aujourd’hui, en plus de parler du monsieur Jacoby, on se disait qu’il fallait bien aussi revenir au net. C’est ainsi qu’on achève donc le texte:

Certes, «Internet donne à quiconque aujourd’hui une sorte de chaire électronique». Les phénomènes comme les blogues, s’ils peuvent, dans un pays totalitaire, servir la liberté, ne font, dans les pays où il y a liberté d’expression, «qu’ajouter à la cacophonie». Tout le monde s’exprime, personne n’écoute. «Aujourd’hui, tout le monde est blogueur, mais où sont les lecteurs?» Dans les salons du livre, bientôt, c’est le lecteur qui sera assis derrière sa table et ce sont les auteurs qui feront la queue pour le rencontrer, ironise-t-il en référence à un dessin récent du New Yorker.

Pourquoi je vous amène ce truc ce soir? C’est pour un commentaire que je laissais à Véro de Bordeaux récemment, un commentaire où je lui affirmais qu’un ivrogne qui cesse de boire, ça doit continuer à payer la facture, cette facture c’est souvent le mépris qui va avec la condition de l’alcolo, sa maladie qui est jamais loin derrière la drôle d’idée que s’en font les gens. Tu te souviens Véro? Tiens, je te montre une de mes factures, en vidéo! Pourquoi je parle de démocratie? Parce qu’on a fait bien des efforts chez-nous pour démocratiser le net, on a réussi.