Mourir une fois de trop

Filed Under (Ex-Ivrogneries, La vie ensuite, coup de gueule) by Exivrogne on 19-07-2008

dying

Dans une seule pause que ton ivresse aurait prise, j’aurais pu te parler. Une toute petite pause, toi seul aurait pu choisir de la donner. Te parler de ce réveil il y a quelques minutes, après une sieste pour calmer ce dos qui veut me lâcher, te dire le goût de la vie que contenaient les deux fraises qui m’ont filé un sourire. Te dire un enfant, pas plus grand que neuf mois, des yeux pour avaler la vie et la danser en me sautillant sur le ventre, mes doigts dans ses poings. Te dire le fils qui est venu se raconter, rien de neuf, sa mère a pas changé, tu le sais, mais te dire le fils, c’est déjà beaucoup non? Te dire le vent, quand tu fermes les yeux, quand des caresses comme des maîtresses, les vraies, celles-là même une choisie qu’on peut mener jusqu’à nos septembres. Te dire des morceaux de vraies vies, dans une pause de ta putain d’ivresse, te dire des morceaux plus grands que ceux que tu te fais ramasser, ivre mort, meurt pas ivre, pauvre con. Con qui un jour va finir par mourir une fois de trop. Con et ami parce que je t’aime.

Mettre du plomb dans l’aile d’une soif…

Filed Under (Podcast) by Exivrogne on 15-06-2008

 

Votre exivrogne de service est pas trop immunisé contre la soif, d’ailleurs jamais bien loin, si elle se présente, j’ai toujours un ange quelque part pour lui mettre du plomb dans l’aile, c’est un truc que l’homme qui m’a élevé, mon beau-père à qui je souhaite d’ailleurs une sacrée de bonne fête des pères, me faisait lire enfant, pour me faire renaître de quelques coups de salaud de mon géniteur. Plus tard on en a fait* un enregistrement audio… un “plus” contre la soif… ou pour tout le monde qui parfois a besoin d’un coup de main pour l’âme…

À écouter dans le calme!

 
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* Roland Chenail fait la voix de cette belle version.

Ah! La rationalisation petite!

Filed Under (La vie ensuite) by Exivrogne on 19-01-2008

Bon je suis passé par chez-toi petite. C’était même pas exprès, c’était en écoutant Birkin, “Quoi”, c’était presque en même temps qu’elle dit “J’aimerais que la terre cesse de tourner pour descendre!”  Tout juste après qu’elle dise “Toi t’aimerais mieux mourir que de te rendre.”  M’enfin, j’prends un détour plutôt qu’un raccourci, je suis jamais très brillant quand vient le temps de dire ce genre de truc.

Tu vois, le bout de ton billet où tu finis par admettre ton alcoolisme, il me rappelle un truc qui me laisse toujours sourire.  C’est d’ailleurs bien que ce soit aujourd’hui, je suis pas sans en avoir besoin.  Parce que quand des gens comme nous disent pour la première fois “Je suis alcoolique!”, c’est presque que comme le coming out de l’homosexualité de Daniel Pinard, on était bien les derniers à penser qu’il en restait pour pas savoir.

C’est comme ensuite, quand on tient toute sorte de conversation pour noyer le poisson, on est bien les seuls à penser qu’on en mène tout un tas dans notre barque à rationalisation!  Tu te souviens de la rationalisation petite? Je t’en parlais dans un de mes commentaires, c’est la maladie qui fait qu’on prend toute sorte de moyen pour se faire avaler à soi en même temps qu’aux autres que tout va rondement, même après un verre de rechute.

Va pas penser qu’on est les seuls à en souffrir! Rassure-toi! On est des tas! Ma mère a rationalisé chaque jour de plus qu’elle a enduré notre père qui frappait autant qu’il mentait comme il respirait jusqu’à nous étouffer.  Ma grand-mère rationalisait chaque fois qu’elle disait que ce serait bien de pas regarder juste ma consommation, parce que c’était bien la faute à mon père et sa manie d’ouvrir notre porte un peu trop tard certaines nuits.

C’est la maladie aussi de tout ceux qui disent que c’est pas leur faute, c’est pas si pire, c’aurait pu être cent fois plus odieux, c’est parce que… C’est la rationalisation, c’est la porte ouverte ensuite sur une honnêteté parallèle, qui nous pousse dans cette solitude, dans notre raisonnement qu’on croit même plus, dans notre souffrance toute inchangée au-dedans mais présentée toute maquillée au dehors. Rationaliser la rechute, c’est lui donner l’essence qui lui faut pour qu’elle dure et dure.

Alors quand on commence à voir le jour, on prononce “Je suis alcoolique.” Exit les négociations avec soi-même et l’autre réalité, exit les mensonges à soi au nez des autres. On se libère. Aussi libre que le gai qui cesse de tenter de se marier, remarque que sans certains d’entre eux, je serais pas au monde.  Exit les chances que l’on donne à la maladie de revenir nous chercher, gonflée des raisons qu’on peut lui inventer. Le bonheur est jamais loin ensuite, jamais certains non plus, mais authentique, pur, vrai.

Je suis passé par chez toi petite. Cet après-midi on m’a dit que trente ans c’était déjà vieux, que nos peaux étaient plus celle de ceux qui ont vingt ans, que nos formes disparaissent pour renaître plus moches.  J’ai regardé la jouvencelle qui me flanquait ça au visage, sans lui dire que je suis mort en octobre 2004, pour renaître un lendemain, autrement.  Mon nouveau coeur et l’amour dedans fait pas son âge, tant que je lui redonne pas, bien sûr, la crève de la bouteille.

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Bon demain là on va vous mettre le bulletin de nouvelle en ligne. Ce sera demain parce qu’aujourd’hui, comme je disais à la petite, le bonheur étant pas toujours certain, il semble être allé un peu ailleurs. Alors vous allez quand même pas jouer les égoïstes en me demandant en plus de faire le clown. Il serait triste.

Bonne soirée!

Filed Under (La vie ensuite) by Exivrogne on 18-01-2008

C’est important la constance, maintenir les choses que l’on a décidé de faire une première fois, garder le cap sur ce qui a donné aux gens envie de nous garder, de nous choisir, de faire en sorte que ce soit nous qui ayons le privilège d’avoir été celui qui est préféré.  Ces petites choses que l’on installe et sur lesquels les gens disent pouvoir compter, les choses que l’on croit qui sauront demeurer parce que c’est exactement ce pourquoi on a voulu cette personne en charge de ce qu’on lui a confié, c’est le genre de réflexion que je me fais sur le trône au bureau, quand j’étire le bras, pour constater que les gens qui font le ménage achète maintenant un papier rude comme l’humeur que j’ai ensuite.

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Ça a pris un certain temps à le réaliser, même que j’ai longtemps considéré cette entreprise comme très sérieuse, il y a eu tous les solgans, le fait aussi que ma maman, puis la sienne en ont fait usage, le fait que chaque fois me disait-on, le résultat était à la hauteur des attentes.  Arm & Hammer le disait lui-même, “deux fois plus de bicarbonate pour mieux absorber les odeurs”… ce matin je me suis rendu à la salle de bain, j’ai pris mon bâton désodorisant Arm & Hammer parfumé Sport… il y a deux mensonges, le premier il sent pas le sport, le deuxième, il a pas absorbé l’odeur de parfum qu’ils ont mis dedans. Arm & Hammer n’absorbe pas les odeurs.

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Suis allé dîner ce midi. D’affaires. Le serveur a échappé son cabaret. L’alcolo a pris la coupe de vin de son invité sur sa chemise, son pantalon, sa cravate, son… L’alcolo est revenu à la maison en sentant le rouge à plein nez. C’est la première fois depuis plus de 1200 dodos. C’est même pas une rechute.

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Vous souvenez-vous de l’ancien temps, les modems téléphoniques, c’étaient la préhistoire non? Personne pouvait appeler lorsque l’on était sur “l’inforoute”… maintenant c’est merveilleux, super connexion WiFi sur le portable, drette vers le routeur sans fil, Wouha… mais mon bluetooth cellulaire et main libre fait de l’interférence. Pour surfer le net, je dois fermer les deux.

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Je reçois les factures au resto ce midi, je pars avec la mienne et celle de mon client, le serveur me dit… je vous ai pas chargé la coupe de vin… la première sur vous, la deuxième avec la bibite à la surface, pas de chance… Il me raconte ça tandis que ma chemise blanche à bouton de manchette me donne l’air d’une vache rousse, que l’autre cliente me regarde, qu’il passe ma carte dans la machine… “Le montant exact m’sieur”… j’ai décidé de donner du pourboire, mon mode de vie me permet pas de me fâcher! Allez, à demain!