Get a life mom!
Filed Under (La vie ensuite, Lead Story) by Exivrogne on 29-06-2008
Ce sera en bref parce qu’on a passé pas mal de temps à la course aujourd’hui! À la trouille aussi. Je vous raconte rapidement… Les derniers jours de la vie de ma grand-mère, c’est ma mère qui s’en occupait. Tant bien que mal d’ailleurs, avec la patience qui lui restait. Une patience usée d’années à partager la même maison. Plus de 15 ans à le faire, chaque jour, à vivre sa mère.
Pas n’importe quelle belle-mère d’ailleurs pour le conjoint de ma mère. Celle qui vous fait vous lever pour allumer l’air climatisée, puis l’éteindre 10 minutes après. Celle qui aussi se lève avant que vous alliez dans le frigo, pour vous demander ce que vous voulez, vous offrir 300 trucs que vous avez pas demandé mais refusant d’entendre que vous voulez simplement le beurre et que ce serait drôlement plus rapide si elle vous laissait aller le chercher.
Une grand-mère donc que j’ai entendu ma mère accuser des années de temps de lui empoisonner la vie, de l’empêcher de sortir, d’être libre, de faire sa vie de femme, de voyager, d’écouter de la musique, d’aller vivre quoi.
J’y suis allé ce week-end, je suis revenu avec la frousse. La grand-mère lors des derniers moments semblaient de plus en plus s’emparer du corps de ma mère, tournant ses qualités en ses propres défauts à elle. Mais voilà, la transformation est complétée. J’ai une mère qui, maintenant libérée de sa mère, en est devenue le portrait le plus triste, prenant même pas ses qualités, ne prenant, au passage, même pas le temps de dire merci pour la maison laissée derrière.
Une mère qui n’entend plus quand on lui parle, qui vous coupe dès les premiers mots, qui fait pareil quand son mari essaie de vous parler, qui crie plus fort que lui si le pauvre ne se tait pas quand il vous compte ses histoires, une mère qui, je l’ai réalisé avec tristesse, n’a toujours qu’utilisé sa propre mère comme excuse, pour ne pas vivre et entendre ce que les autres pouvaient lui partager.
Une mère qui vous fait partir avec cette crainte terrible de vous transformer, comme elle, en ce que j’ai vu de plus triste. À plus tard, ou même demain.
