Revenir à la maison

Filed Under (La vie ensuite, mariage) by Exivrogne on 09-09-2008

Je me fais plus discret ces jours-ci, ce doit être parce que je sais que vous me le pardonnerez. Puis parce que je vous aime aussi, alors tant qu’à prendre tous les mots qu’on peut choisir pour faire des bouquets à coups de fleurs d’autoroutes, faute de cueillir dans de plus beaux jardins, faute du temps pour la beauté, donc, je préfère pas trop vous faire de politesses.

Puis il y a bien le nouveau joujou sur lequel j’ai finalement jeté mon dévolu, un truc un peu plus calme que certaines de mes intentions, calmé par une offre aimable de celui qui se trouve jamais loin que le rire manque où les oreilles pour entendre ce qui me ferait le retrouver.  Alors voilà, je fais le gamin comme il dit si bien, j’en envoie un peu par ici, puis sinon, autrement, je suis à essayer de me faire le calme dans ce mariage pour lequel je m’énerve un peu ces jours-ci.

Puis il y a celle qui a dit oui, avec laquelle je sais être moche parfois, parce que c’est pas toujours si drôle que ça votre ivrogne vous saurez, ce peut-être un enculé de première quand il oublie comment il a pas encore tellement de chemin parcouru sur la drôle de voie qui mène à devenir un meilleur être humain. Alors il y a cette celle donc, que j’aime plus que tout ce que j’arrive à ressentir, cette celle à qui je reviendrai bientôt, dans ma désintoxication nécéssaire de ma vie de maintenant.

Détox de vie trop rapide, de trop de gens, de trop de sourires, de trop mains serrées, de trop de mots retenus, de trop d’acquiescements plutôt que de refus, de trop de loyauté peut-être, aussi. Revenir à cette celle donc, de qui mon coeur n’est jamais parti, pour qui mon coeur n’a jamais pris, donné, ni souhaité autre chose depuis ce premier jour de l’autre moment où elle est revenue dans ma vie.

Alors voilà, c’est rien de plus qui se passe maintenant, c’est tout juste un moment important, c’est le jour premier où on décide que cette fois il serait temps de rentrer à la maison.

À vos marques, prêt, frappez!

Filed Under (La vie ensuite) by Exivrogne on 28-08-2008

Qu’est-ce que je pourrais vous raconter sans mentir… que j’en ai un peu marre du blogue ces jours-ci, que je passe plutôt mes journées dans la cour arrière à Québec pour profiter du soleil et du son des tondeuse?  Que je me fais des feux pour le coeur, des tendresses à moi aussi, me suis tellement fait le dure avec moi-même depuis plus d’un an.

Alors tiens, on faisait ça en thérapie, ça s’appelait un “spot” qualités et défauts. Fallait trouver une qualité et un défaut (au moins une pour chaque catégorie) à la personne et lui dire. C’était aussi formateur pour celui qui les reçoit que pour celui qui a la difficile tâche d’ouvrir son coeur avec courage… Alors tiens, je vous laisse m’aider, qu’est-ce que je devrais corriger de cette vieille salope d’exivrogne que je suis. Et si vous trouvez la chose trop difficile à votre âme, plutôt que de faire le truc de l’entrevue (j’ai le défaut d’être perfectionniste, je suis trop exigeant envers moi, et autre phrase gentille), faites juste semblant de pas avoir lu ;-)  Au plaisir!

Quand maman veut rien comprendre…

Filed Under (La vie ensuite) by Exivrogne on 23-07-2008

Ma mère fait Al-Anon. C’est un mouvement pour l’entourage de l’alcoolique. C’est une thérapie pour endurer votre ivrogne. Ma maman elle a plein de responsabilités dans Al-Anon. C’est une super Al-Anon. Dans ce mouvement, on apprend entre les autres choses, l’importance de l’anonymat dans le mouvement, dans les principes du mouvement.  Hier ma maman elle a eu une excellente idée.  Elle est allée avec de la famille visiter la maison de thérapie où j’ai fait la mienne.

Ma maman n’a rien compris du mouvement.  Moi je n’ai rien compris sur “comment canaliser la colère positivement.”


Découvrez Florent Pagny!

Veiller très tard

Filed Under (Ex-Ivrogneries) by Exivrogne on 21-07-2008

Malgré les années de sobriété, il est toujours demeuré le souvenir des douleurs. La nuit de l’alcoolique est difficile à décrire. Elle s’écoute, elle se sent, elle ressemble beaucoup à cette chanson là.  Je vous raconte pas les nuits de voiture, seul avec la mort, le volume fort à vous faire battre le coeur sans quoi il oublierait de le faire. Les visages qui passent, des visages tristes. On peut pas ranger ces souvenirs là, incomplets heureusement dûs au trop bu, mais des flashes suffisants quand même pour savoir qu’on a pas aimé autant qu’on aurait pu.

 

 
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Mourir une fois de trop

Filed Under (Ex-Ivrogneries, La vie ensuite, coup de gueule) by Exivrogne on 19-07-2008

dying

Dans une seule pause que ton ivresse aurait prise, j’aurais pu te parler. Une toute petite pause, toi seul aurait pu choisir de la donner. Te parler de ce réveil il y a quelques minutes, après une sieste pour calmer ce dos qui veut me lâcher, te dire le goût de la vie que contenaient les deux fraises qui m’ont filé un sourire. Te dire un enfant, pas plus grand que neuf mois, des yeux pour avaler la vie et la danser en me sautillant sur le ventre, mes doigts dans ses poings. Te dire le fils qui est venu se raconter, rien de neuf, sa mère a pas changé, tu le sais, mais te dire le fils, c’est déjà beaucoup non? Te dire le vent, quand tu fermes les yeux, quand des caresses comme des maîtresses, les vraies, celles-là même une choisie qu’on peut mener jusqu’à nos septembres. Te dire des morceaux de vraies vies, dans une pause de ta putain d’ivresse, te dire des morceaux plus grands que ceux que tu te fais ramasser, ivre mort, meurt pas ivre, pauvre con. Con qui un jour va finir par mourir une fois de trop. Con et ami parce que je t’aime.