Ai-je déjà prié Courbet moi?

Filed Under (coup de gueule) by Exivrogne on 17-02-2008

femmeJe sais pas pourquoi la vie s’amuse à ce genre de truc, mais parfois elle me lance avec une assiduité peu commune dans une direction qui est toujours la même et de pas mal de façon.  C’est venu avec les propos de Marie-Josée dans son billet d’hier, dans lequel elle s’exprime ainsi:

Époque bénie: [...] les courbes féminines étaient valorisées (aujourd’hui, Marilyn Monroe frôlerait l’obésité!), les méchants vraiment méchants et les crimes rarement impunis.

Puis il y eut chez Jacynthe, qui préfère les petits coeurs à la cannelle au chocolat, pour le goût un peu, aussi parce que le chocolat, c’est à vous enrichir un cul, dit-elle autrement. Je compte même plus le nombre de billets qui oscillent entre l’épilation intégrale ou la deuxième couche pour l’hiver, ce serait inutile à la poursuite de ce que je tente d’exprimer ici. On s’éloignerait pas mal.

D’ailleurs si j’ai jugé utile d’écrire ce truc, c’est pour en finir avec quelques imbécillités qu’il m’a souvent été donné de croiser.  Parmi celles-ci, il y aurait que ceux qui valorisent l’opulence serait toujours des obèses qui tentent de s’affranchir tout en se résignant et que les hommes disant préférer les courbes généreuses seraient de pauvres laiderons qui ont l’art de remonter le moral de leur bien-aimée tout en étant “trop orgueilleux pour ne savoir admettre pouvoir trouver mieux [sic!].”  J’ose même pas lier le billet, ce serait vous inciter à la violence!

* * *

La première femme que j’ai vu dans ce qu’est la femme quand il fait pas trop froid devait bien tenir sur deux pages. Le magazine faisait plus dans l’image que dans le texte et étrangement, c’est la seule revue qu’on achète pour les articles alors qu’on doit constamment s’excuser pour la couverture. À cet âge déjà, le monde en était pas à sa première contradiction. À cet époque d’ailleurs, sans voir les cheveux d’une femme on avait des indices pour en deviner la couleur, alors que maintenant, du moins parait-il, elles auraient toutes les cheveux rose, pire encore, seraient chauve.

* * *

J’ai aimé les peintures de Corno parce qu’elles représentaient la femme telles que ces revues me l’avaient présentée alors enfant. Des hanches pour briser le mouvement de mes caresses qui sinon devraient regarder pour se rendre compte où elles en sont, des reins dont le mot creux n’est pas l’accident d’un parcours mais la naissance d’un cul qui peut porter, un ventre qu’on peut sentir sur le sien sans devoir presser l’autre à tous les instants, une femme de chair, de courbes, là où le plaisir doit négocier habilement les virages, là où les caresses ont tous les repères pour appeler les gestes qui attendent d’être posés.

origine J’ai aimé Corno comme j’ai aimé ce tableau.  Un tableau qui m’était arrivé sous les yeux, trop jeune encore, dans un accident de bibliothèque au temps où encore, je ne savais pas aimer les images autant que les mots qui les font. J’ai depuis admiré ceux que plusieurs ne regardaient pas même de côté. La femme était faite. Dieu avait pu la créer mais ce livre me l’avait dessiné.  J’avais d’ailleurs bien faillit casser la gueule à ce mec qui, qualifiant un amour d’un autre temps, m’avait dit:

Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois!

J’ai aimé Corno pour l’hommage qu’elle en a fait de ces courbes, ces rondeurs, bien des années plus tard, pour le prix des toiles aussi, pour me rappeler que mes goûts pour les formes étaient un luxe et qu’aimer ainsi la femme pouvait être hors de prix, non résignation.

J’ai un jour écrit dans un billet de nos débuts, à la fêlée et moi, que je remerciais les enfants de savoir sculpter les hanches que Dieu avait amorcées.  Je remercie encore les mêmes dons, avec la même admiration, qu’on glorifie le chocolat, qu’on ramène l’essence de la beauté, que les courbes cessent d’être l’ennemi à éliminer, que la beauté ne soit plus une erreur qu’on qualifie de lâcheté, terme qu’on prête aussi à ces femmes qui affirment vouloir la porter. 

Ai-je déjà pensé prier Courbet moi?

Tranches de vie de couple…

Filed Under (La vie ensuite) by Exivrogne on 30-01-2008

C’est tout petit chez-nous! Il faut savoir ça pour comprendre que si on a un réseau sans-fil pour les ordis, c’est juste parce qu’il se vendait pas de fils de 6 pouces et moins pour relier les machines.  Vraiment petit je vous dis, petit comme un espoir à Kaboul. 

Le matin je fais pas mal d’efforts pour par réveiller la Fêlée. Pas qu’elle est pas agréable le matin, juste par qu’elle l’est pas du tout si elle a aucune raison de se lever. Dans ce temps-là, donc, je sors tous les vêtements* de la chambre le soir, puis je ferme délicatement la porte le matin, comme si je lui montais la couette sous le nez.

L’est fine ma fêlée, pour être aussi aimable que moi ce matin, elle a tenté de faire pareil.  C’est petit chez-nous, petit comme les chances d’un ivrogne de s’en sortir tout seul.  Elle a fermé la porte d’un élan d’amour tel qu’il a buté sur le coin du lit et j’ai failli crever sous l’effet de la surprise. 

C’est beau se lever à deux quand on est amoureux!

* * *

Fait longtemps que je le demande, je veux kidnapper l’homme à tout faire de “Décore ta vie!”. Je nous imagine souvent ensemble, dans les parfums de testostérones, le pied droit sur le compresseur, la main gauche posée sur le gun à clou, les jouvencelles à T-Shirt bleue qui nous regardent pleine de désir et d’admiration, telles des groupies à qui on a ouvert la loge, nous le regard froid sur le pointeur laser qui nous indique la cible que seront les studs, la chorégraphie parfaitement masculine de nos corps qui exécutent le “paf!” magique qui fixe une tablette dans une chambre, question de plus jamais entendre le “Paf!” de la porte qui heurte le christ de lit dans notre chambre le matin le matin où je souhaite dormir!

* * *

C’est tout petit chez-nous, petit comme il est grand le courage de cette femme, ce genre de femme qui a sûrement quelque part envie de me dire “Ta gueule l’ivrogne, si tu savais ce que je paierais pour que mon amour me réveille!”

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*  Le mot vêtement a remplacé le mot linge que je souhaitais utiliser mais étant donné le nombre croissant de profs qui lisent ce blogue, je ne tiens pas à dire “J’ai serré mon linge” pour entendre un génie dans mes commentaires dire “Ah! Tu as rangé tes vêtements!”  Me suis déjà séparé pour moins que ça !