il dit que…

Filed Under (La vie ensuite) by Exivrogne on 03-07-2008

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Il dit qu’il se sent mieux. Il dit qu’il a pas eu soif aujourd’hui. Il dit qu’il va mieux. Je crois pas aux vocations. J’ai toujours eu l’impression qu’un curé chaste, s’il s’en trouve, va contre nature. J’ai la même impression de ce que je suis en tant qu’alcolo qui refuse de boire. C’est contre nature de ne plus avoir soif en cessant de boire. Peu de gens sont graciés, le terme élu serait à contre-indiquer pour l’égo alcoolique. Peu de gens donc ont le privilège d’être appelé à cesser de boire et d’avoir une journée à aimer la vie sans prendre une goutte. 

Cette journée-là devient un anniversaire important pour la personne. C’est la démonstration que la chose est possible. Que le bonheur est possible. C’est le plus grand miracle qui soit. L’autre miracle, c’est le mien, la chance d’avoir pu assister, en direct presque, à une formidable transformation. Deux grands prisonniers ont connu la liberté aujourd’hui, j’en ai connu un plus personnellement, et j’en reste ému et éternellement reconnaissant envers la vie de me permettre d’en être témoin.

C’est ce genre d’exemple qui me tient loin du premier verre.

Des larmes pour défense

Filed Under (Ex-Ivrogneries, La vie ensuite) by Exivrogne on 02-07-2008

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Des larmes comparables à celles que l’on verse quand on se refuse de toucher à nouveau à un amour qui brûle, qui détruit, qui anéantie.

J’ai un ami qui a soif. Pas n’importe laquelle des soifs. Une soif rude, intérieure, prenante, paralysante, insidieuse. Quand on cesse de boire, surtout les premiers jours, il est normal que cette dernière se pointe le nez, surtout quand toute votre vie, du plus loin que votre mémoire puisse vous ramener, vous buviez.

Je vous en parle parce que j’ai envie de le féliciter. Parce que vous ne savez pas la soif, pour la majorité d’entre-vous chers lecteurs. Vous ne savez pas les larmes de colère, tournée contre soi et l’amour fou de cette substance, les larmes qui demeurent à ce moment la seule arme libératrice de l’emprise de la soif.

Des larmes d’une grande signification aussi, pas seulement de la souffrance, mais de la détermination que possède quelqu’un à ne pas consommer, aujourd’hui, maintenant. Des larmes qui signifient le pacte presque contre-nature qu’un ivrogne fixe avec lui-même de ne pas aller vers son mouvement le plus naturel. Des larmes qui signifient que cette séduction douloureuse de la bouteille, bien l’ivrogne refuse de s’y rendre. Des larmes comparables à celles que l’on verse quand on se refuse de toucher à nouveau à un amour qui brûle, qui détruit, qui anéantie.

Je connais ces larmes. Des larmes de résistance, des larmes pour dire que tout ce que l’on a en soi, enfin presque tout, nous pousse vers la souffrance de refuser encore de toucher ce premier verre. Des larmes qu’on dirige à qui veut bien les prendre parce qu’autrement, on va brûler de l’intérieur, mourir debout, crever sur les genoux, ensuite. Des larmes que je vous demande de prendre pour mon pote, vous avez pas idée de son combat d’hier, vous avez même pas idée de sa réussite aujourd’hui, parce que c’est de ça qu’il est surtout question dans ce billet, de ce grand miracle qu’est mon ami lointain, sobre une journée de plus.

Votre chèque est dans la malle!

Filed Under (La vie ensuite) by Exivrogne on 27-06-2008

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Bon week-end! Comprenne qui pourra!

Mettre du plomb dans l’aile d’une soif…

Filed Under (Podcast) by Exivrogne on 15-06-2008

 

Votre exivrogne de service est pas trop immunisé contre la soif, d’ailleurs jamais bien loin, si elle se présente, j’ai toujours un ange quelque part pour lui mettre du plomb dans l’aile, c’est un truc que l’homme qui m’a élevé, mon beau-père à qui je souhaite d’ailleurs une sacrée de bonne fête des pères, me faisait lire enfant, pour me faire renaître de quelques coups de salaud de mon géniteur. Plus tard on en a fait* un enregistrement audio… un “plus” contre la soif… ou pour tout le monde qui parfois a besoin d’un coup de main pour l’âme…

À écouter dans le calme!

 
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* Roland Chenail fait la voix de cette belle version.

Les autres silences

Filed Under (La vie ensuite) by Exivrogne on 17-04-2008

honte J’hésite toujours à vous raconter des choses intimes ici. C’est pour plein de raisons d’ailleurs. J’en ai exposé une assez clairement dans ce billet, la fêlée l’avait fait beaucoup mieux que moi d’ailleurs dans celui-ci. On refera pas tout le propos, surtout que c’est pas souvent qu’on le fait pour que ça donne quelque chose.

Dans cette longue thérapie que je me suis offerte pour lutter contre l’alcoolisme, je dois bien avoir vu passer 200 personnes. Pour combler l’endroit, il en fallait 24. J’ai vu bien 10 fois tout l’environnement se refaire à neuf là-bas. Ce programme qui devait durer de 6 à 9 mois, j’y suis resté 14 pour bien consolider la chose. J’en ai même rajouté 6 en suivi pour être bien certain que je désirais vraiment m’assurer du bonheur.

Tous les échecs que j’ai rencontrés, chacun auquel j’ai pu assister tiennent sur trois points majeurs:

  • La négation;
  • Le désir sincère de ne faire que cesser de boire;
  • L’orgueil.

La majorité donc de ces échecs étaient dûs à cette incapacité de se dire. Des soifs entretenues durant des jours et des semaines, parce que non dites. Des comportements qui sentaient la rechute à des kilomètres mais qui arrivaient mal à masquer la détresse profonde du sentiment de vide que peut laisser parfois la vie sans le verre. Des mois à chercher la fuite dans tout ce qui gèle et qui saoule mais qui ne se boit pas. Taire la soif est une chose, nier son mal de vivre et sa capacité de se geler dans tout ce qui peut créer un high ne menait qu’au même endroit, en bout de ligne.

Je vais bien ne t’en fait pas. Puis le silence. L’orgueil. Pourquoi? Parce que c’est chiants parfois quand l’écoute ou l’entraide font plus compliqué qu’un croustade aux pommes. Parce que je vous disais un truc aussi, il y a quelques jours seulement je crois…

Les voix, quand elles tremblent, c’est pareil que les feuilles. Si vous attendez un peu, si vous faites un certain nombre de silences, alors les automnes de la vie vont les casser sans rien dire.

La soif elle part, elle part toujours parce que je n’y cède pas. Elle part parce que je joue pas les curés qui ont la vocation et qui passent une vie de soutane en niant la tentation. Parce que je change ma vie comme je le peux, en tentant de devenir un meilleur être humain, mais surtout en ne réussissant pas toujours, comme en ce moment, comme depuis quelques temps. Ça aussi le taire serait dangereux, c’est souvent ce qu’on aime bien d’ici d’ailleurs, cette facilité que j’ai à vous dire que je suis tellement pas si bien que vous le pensez!