Ivrogne à la chaîne.
Filed Under (Ex-Ivrogneries, La vie ensuite) by Exivrogne on 03-01-2009
Je vous ai déjà parlé de ma mémoire. Elle est un peu triste ma mémoire. Si vous vous en souvenez pas, ce sera presque me faire plaisir. Avouez, être malheureux d’un truc, c’est jamais aussi confortable que lorsqu’on y est à plusieurs. Mais bon, c’est de ma mémoire qu’il est question, alors on va pas commencer encore une fois l’année en s’étalant sur tout un tas de trucs qui nous éloignent de l’essentiel.
Tiens prenez ces derniers mois. On pourrait presque parler d’années que ce serait pas mentir, alors voilà, ces derniers temps, je me fais la relecture de tout un tas de trucs que j’ai pourtant lu des dizaines de fois, juste que bien rond. C’est pareil que certains films d’ailleurs. Vous le savez pas et c’est pas votre faute mais il y a plein de films que je pourrais jurer avoir vu. Puis je réalise la triste vérité, me faut vous la raconter.
Quand je me faisais des bonheurs éthyliques, je finissais par tomber de sommeil, n’importe où, surtout là où c’est gênant ou emmerdant, mais ça c’est une autre histoire. Alors voilà, c’était souvent devant la télé, ivre mort, dans des moments où la notion du temps n’a plus rien à voir avec la vie, tout ce qui compte est la bouteille, la vider pour se remplir, jusqu’à dormir, partir, mourir pour quelques heures. On se bien con quand on arrive pas à réussir sa vie, imaginez sa mort.
Pour vous dire que je me réveillais à un certain moment, à n’importe quelle heure, puis un film jouait, une série, n’importe lequel navet qu’on peut servir à un ivrogne, c’est pas important. Puis voilà, je prenais le film là où il se trouvait, comme la bouteille à mes pieds, puis je recommençais le même truc jusqu’à dormir.
Pour vous dire qu’il y a plein de trucs comme ça que j’ai vu, pour ensuite dormir, n’importe où, par n’importe quel bout. Puis qu’il m’arrive souvent, aujourd’hui, depuis longtemps en fait, d’ouvrir la télé, d’écouter un truc, pour me rendre compte que cette moitié-là je l’ai entrevue. Puis je me mets à chercher, quel appartement, quelle maison, quelle pièce, quelle tristesse souvent, puis ça revient jamais.
Ben c’est comme pour les livres. Alors je les repasse depuis un moment, me faudrait bien d’ailleurs vous en reparler. Peut-être demain.
