De politique éditoriale et autres trucs…
Filed Under (La vie ensuite) by Exivrogne on 20-01-2008
On en discutait hier la fêlée et moi, et puisque c’est de votre faute, aussi bien vous le dire tout de suite! J’ai longuement senti le besoin de vous écrire ce truc aujourd’hui, parce que vous venez souvent ici, parce que vous êtes tous différents, parce que vous venez pour tout un paquet de raisons et c’est bien comme ça.
D’ailleurs, c’est pas mal aussi de ma faute si vous avez des raisons de vous pointer le bout du nez. C’est selon les sujets, selon vos envies, puisque parfois vous semblez trouver un peu chaussure à votre pied, vous revenez faire votre tour.
La politique éditoriale, c’est-à-dire comment j’ai envie de tenir la place, a jamais été une question que j’ai senti le besoin de soulever. Mais voilà, les temps changent et vous aussi! Vous êtes plusieurs centaines chaque jour, parfois plus de 1500 à venir mettre votre nez dans mes affaires, c’est jamais une fréquentation régulière bien entendu, on fait de drôles d’amants! Puis comme dans une famille, il y a les préférés, ceux pour qui j’ai une affection particulière. Ceux qui me laissent des commentaires et que je m’inquiète d’eux s’ils ne le font pas, je m’inquiète sinon de les avoir emmerdé par mes écrits, ce qui est presque mieux que le premier des deux cas.
Mais voilà, je me suis attaché à pas mal d’entre vous. Vous venez chez-moi prendre le premier café, j’endure vos chats, vos chiens, vos femmes, vos maris, vos enfants, je m’inquiète pour votre santé, votre consommation d’alcool, vos raves, le premier baiser de votre adolescente, la secrétaire qui raccole votre mari, je m’inquiète de vous, je me suis pris au jeu. Je vous croise pendant que je suis chez-vous et que vous êtes chez-moi, on se manque d’une seconde de pixels en se laissant des commentaires chez l’autre, on a une relation exigeante, on se dit presque tout, sinon c’est par respect qu’on préfère se taire.
Mais voilà, je suis ce que je suis, à force de venir fouiner ma vie, vous voyez bien à quoi je carbure. Je vous parle d’amour, du mien, d’une femme qui refait chaque jour mon monde, de toutes les météos, mais qui est mon système solaire et ma gravité à la fois. Je vous parle de mes enfants, qui pourraient me craindre ou m’en vouloir pour des hiers d’absence et qui chaque jour me montre le sens de l’amour et du pardon, je vous parle de ma peur, peur de tout, de rien, de la honte, de la mort, de la souffrance, d’entendre ma fille dire -t’es pas mon père!- ou mon fils dire que je le suis plus. Ma peur de boire à nouveau, un jour, ma peur de mourir, donc.
Je fais de drôle de phrases, je suis un écrivain de gouttières. Quand on est itinérant de la plume, on amuse parfois et on attire un peu l’attention, les clochards reçoivent de drôle de regard, pareil pour les sans-mot. Mais d’abord je suis, je suis ensuite alcoolique, je suis ensuite un mari, ensuite un père, ensuite et parfois dans le désordre, un alcoolique en rétablissement qui tend la main à celui qui souffre encore. Ensuite je suis un employé, avant ou après les rêves.
Il se peut que vous passiez par ici en ne comprenant pas que toute ce qui précède, c’est là les règles de la place. Que malgré toute la vie 3d qu’on aime à vous présenter, on peut aussi s’en faire une image de tendresse, qui est jamais loin derrière. Comprenez alors que je ne fais pas un blogue à critique sociale ou politique, ce serait à la fois injuste et malhonnête des deux côtés, je vous jure. Ne m’amenez pas ailleurs que sur ces trucs qui chaque jour me sauvent la vie, et si vous tentez le contraire, vous surprenez pas que je commente plus vos billets de rave, de spectacles à se défoncer l’âme et le côlon, de haine d’un système, de condamnation de l’espoir, d’histoires de cul, ce sera que je suis un peu trop occupé avec la tendresse, celle que j’éprouve notamment pour mes amis de ma bloguoliste qui ont un coeur à partager…
