Riche ou célèbre?

Filed Under (La vie ensuite) by Exivrogne on 05-02-2008

Souvent pour vérifier mon humeur du jour, je me demande: riche ou célèbre? Hier matin, dans ce monde où j’aurais bien voulu passer entre vos jambes sans être vu, rester entre celle de la fêlée pour des minutes de matin, hier matin donc, j’aurais voulu n’être que riche.  Puis parfois, quand j’ai le coeur à la flotte, quand j’appelle mon fils après 9 jours de ses silences, quand il me dit qu’il est trop occupé avec son nouveau petit frère, dans ce temps-là, je me regarde ce truc, pour dès la 30ième seconde, où je choisis “célèbre”. Célèbre parce qu’on me réchaufferait le coeur, juste juste juste pour moi, dans cette chanson qu’on reprendrait en faisant exprès de me faire plaisir!

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Et le mistral gagnant

Filed Under (La vie ensuite) by Exivrogne on 02-02-2008

C’est jamais facile ce genre de lettre fils.  De toute façon tu ne la liras jamais, parce qu’elle est que pour moi et quelques centaines de voyeurs qui se traînent l’attention par ici.  C’est pas trop la mode non plus remarque. À l’endroit où je te l’écris, dans ce royaume de supers-mamans et de papas rigolos, c’est même un peu gênant. Faut que je te dise qu’ici et un peu partout où je clique, c’est un peu moche de constater combien je me sens à côté de mes pompes. Je vois tout plein de photo de ventres sur le point d’exploser, de mamans qui ont tous les mots pour leur petit dernier, de papa qui racontent leur mistral gagnant, puis il y a moi, qui a jamais eu la paternité plus simple que le bonheur, je te l’ai jamais dit, mais en dehors de tes yeux et les sueurs du coeur de la fêlée, j’ai jamais eu le bonheur facile.

Je n’ai pas crié très fort quand tu ne m’as pas choisi, j’ai appris bien avant ton âge comment regarder droit dans les yeux quand le coup portait. Baisser les yeux aurait fait plus mal que la blessure. Je t’ai laissé choisir d’aller voir le père-noël plutôt que de venir nous vivre, t’ai laissé appeler tes copains quand j’étais prêt à te construire un rêve en légos, t’ai laissé aller dévaliser les magasins avec mamie quand j’avais envie qu’on joue les mecs, t’ai laissé me mentir quand je savais qu’au fond, tu allais faire ton bagage malgré ta promesse de revenir.

J’ai pas hurlé quand j’ai compris que nos vies étaient différentes. Pas hurler pour chialer, je sais même pas t’engueuler. À quoi bon te raconter que les choses valent pas le papier qui les emballe, qu’elles sont aussi fragile que ça aussi, que ça vaut pas les 20 heures de merde pour le soulagement de les acheter.  Puis t’es comme ton père de toute façon, droit comme un homme devant sa mère, prêt à fendre la terre pour lui en sortir un espoir. Je vais faire différent du mien, quand t’auras réussi, le nez sur ton but, je vais te dire combien je suis fier de toi.

J’aimerais aimer le hockey! Autant que j’aurais aimé aimer la chasse pour passer une seconde dans les bras de ton arrière-grand-père, je me suis tellement détesté de pas être foutu de décrocher un poisson d’une ligne, à chaque fois me suis maudit les yeux dans les godasses, y’a que quand je m’en prend à moi que je baisse les yeux.  Ton grand-père pêchait comme pas un, mes frères aussi, moi je dessinais, chez-nous les artistes on leur promettait les demis sous-sol, je suis tellement content que tu sois nul en dessin, comme ça au moins, tu risques pas comme moi de réussir dans ma profession.

Puis ton beau-père et toi vous êtes craquants. Il a l’instinct du fils. Il trouve ce que je sais pas, a les mots qu’il faut, il s’amuse même par terre, là où j’ai passé la moitié de ma vie.  C’est pas de l’ironie, c’est même du fond du coeur, il est ce que je te souhaitais de mieux, ta mère a toujours su te donner ce genre de trucs.  Je suis nul à trouver ce qu’il faut, et toi pour trouver les moments. Je te fais tout plein de pages blanches dans l’agenda de ma vie et je les tourne souvent sans y avoir rien écrit.

Je compte plus les trucs que j’ai tassé dans l’espoir de toi. C’est fou ce qu’un alcolo fait pour éradiquer la honte. J’ai mis tous les nez rouges qu’un clown peut mettre pour t’arracher un sourire. J’ai fait tous les kilomètres à reculon pour que tu saches que je t’aime. Maintenant je me fais vieux. Toi t’y crois pas. Tu sais, quand on a vider les mares de cognacs sur lesquelles j’ai ramé ma brosse, on a deux an pour le prix d’une. Chaque année je perds un collègue alcolo, même sobre on arrive pas à mourir de vieillesse. On l’a bien cherché dirait ta mère. Le dernier pote c’est Pierre, il avait presque pas 50 ans.

On a dit non au Westfalia, à la maison en acadie, à la vie sans les boîtes de trucs, puis à la vie avec tous les trucs que tu aimes, puis chaque fois, le téléphone ne sonne plus pour douze dodos, dès que t’as passé la porte de nos deux jours.  L’ami d’un ami a fait un ACV aujourd’hui, c’est la vie qui en peut plus et qui vous explose à la tronche. Il a tenu le coup alors il sait plus parler, il marche plus tant qu’à faire. Puis il y a un ami mon patron qui m’a dit, “quand ce sera fini pour vous monsieur ici avec nous, je pourrais vous suggérer Kujuak, bien sûr si votre femme, vos enfants… j’ai vu le westfalia, la maison en acadie, me suis demandé si je voulais dire non encore cette fois, là où encore, près ou loin, tu ne me suivrais pas de toute façon. Là où, près ou loin, il me serait de toute façon inutile de quémander de toi.

 

No comment!

Filed Under (La vie ensuite) by Exivrogne on 26-01-2008

-  Papa, finalement, après-midi, je vais aller magasiner avec Mamy…

- …

Ah! La rationalisation petite!

Filed Under (La vie ensuite) by Exivrogne on 19-01-2008

Bon je suis passé par chez-toi petite. C’était même pas exprès, c’était en écoutant Birkin, “Quoi”, c’était presque en même temps qu’elle dit “J’aimerais que la terre cesse de tourner pour descendre!”  Tout juste après qu’elle dise “Toi t’aimerais mieux mourir que de te rendre.”  M’enfin, j’prends un détour plutôt qu’un raccourci, je suis jamais très brillant quand vient le temps de dire ce genre de truc.

Tu vois, le bout de ton billet où tu finis par admettre ton alcoolisme, il me rappelle un truc qui me laisse toujours sourire.  C’est d’ailleurs bien que ce soit aujourd’hui, je suis pas sans en avoir besoin.  Parce que quand des gens comme nous disent pour la première fois “Je suis alcoolique!”, c’est presque que comme le coming out de l’homosexualité de Daniel Pinard, on était bien les derniers à penser qu’il en restait pour pas savoir.

C’est comme ensuite, quand on tient toute sorte de conversation pour noyer le poisson, on est bien les seuls à penser qu’on en mène tout un tas dans notre barque à rationalisation!  Tu te souviens de la rationalisation petite? Je t’en parlais dans un de mes commentaires, c’est la maladie qui fait qu’on prend toute sorte de moyen pour se faire avaler à soi en même temps qu’aux autres que tout va rondement, même après un verre de rechute.

Va pas penser qu’on est les seuls à en souffrir! Rassure-toi! On est des tas! Ma mère a rationalisé chaque jour de plus qu’elle a enduré notre père qui frappait autant qu’il mentait comme il respirait jusqu’à nous étouffer.  Ma grand-mère rationalisait chaque fois qu’elle disait que ce serait bien de pas regarder juste ma consommation, parce que c’était bien la faute à mon père et sa manie d’ouvrir notre porte un peu trop tard certaines nuits.

C’est la maladie aussi de tout ceux qui disent que c’est pas leur faute, c’est pas si pire, c’aurait pu être cent fois plus odieux, c’est parce que… C’est la rationalisation, c’est la porte ouverte ensuite sur une honnêteté parallèle, qui nous pousse dans cette solitude, dans notre raisonnement qu’on croit même plus, dans notre souffrance toute inchangée au-dedans mais présentée toute maquillée au dehors. Rationaliser la rechute, c’est lui donner l’essence qui lui faut pour qu’elle dure et dure.

Alors quand on commence à voir le jour, on prononce “Je suis alcoolique.” Exit les négociations avec soi-même et l’autre réalité, exit les mensonges à soi au nez des autres. On se libère. Aussi libre que le gai qui cesse de tenter de se marier, remarque que sans certains d’entre eux, je serais pas au monde.  Exit les chances que l’on donne à la maladie de revenir nous chercher, gonflée des raisons qu’on peut lui inventer. Le bonheur est jamais loin ensuite, jamais certains non plus, mais authentique, pur, vrai.

Je suis passé par chez toi petite. Cet après-midi on m’a dit que trente ans c’était déjà vieux, que nos peaux étaient plus celle de ceux qui ont vingt ans, que nos formes disparaissent pour renaître plus moches.  J’ai regardé la jouvencelle qui me flanquait ça au visage, sans lui dire que je suis mort en octobre 2004, pour renaître un lendemain, autrement.  Mon nouveau coeur et l’amour dedans fait pas son âge, tant que je lui redonne pas, bien sûr, la crève de la bouteille.

* * *

Bon demain là on va vous mettre le bulletin de nouvelle en ligne. Ce sera demain parce qu’aujourd’hui, comme je disais à la petite, le bonheur étant pas toujours certain, il semble être allé un peu ailleurs. Alors vous allez quand même pas jouer les égoïstes en me demandant en plus de faire le clown. Il serait triste.

Je vous ai parlé de novembre…

Filed Under (Ex-Ivrogneries) by Exivrogne on 20-11-2007

Je vous ai parlé de novembre, vous avez même pas voulu comprendre, heureusement certains font des chansons.  À demain! 

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