Fable de vague, de rocher, de planche et de cul
Filed Under (La vie ensuite) by Exivrogne on 13-06-2008
On y trouve peut-être pas tous les ciels, mais on a la chance de mettre la main sur des ailes pour se planer.
Elle avait la voix cassée par les sanglots, pareille que les vagues qu’un rocher immobile peut briser. Elle avait toute la peine du monde, le coeur gros comme un océan, le désir aussi, comme la vague, de revenir exactement là où la masse immobile l’attendait pour lui trancher à nouveau le coeur et les reins. L’histoire se répétait, pareille que la marée, pareille que la drôle de manie qu’ont les désirs d’aller là où ils trouveront tout ce qu’il faut pour revenir en naufrage.
Elle en pleurait tellement qu’on était à se retenir de pas gueuler, gueuler comme on le fait quand on a juste envie de réveiller une âme qui, si elle ferme une seconde de plus les yeux au bonheur, pourrait bien s’endormir, jusqu’à en crever. Envie de gueuler alors, défébriler l’âme dont le coeur bat plus, sinon mal, gueuler:
Et c’est quoi cette illusion de bonheur, quand tu te prends pour autre chose que la mer, quand tu fais ta planche de bois à te remuer sur ses vagues, c’est quoi cette illusion qui te laisse que de peines encore quand ta course aux plaisirs se termine, portée par sa vague, seule échouée sur une plage le cul dans les coquillages. C’est quoi cette histoire qui fait désirer être tout, tantôt la vague, tantôt une planche, ou enragée et à le détester jusqu’à souhaiter finir en rocher pour le briser à ton tour.
On fait pas la vie comme l’amour ma grande. On la fait surtout pas pour finir comme une vague, une planche, ou pire un rocher. Y’a Sacha Guitry qui disait que le meilleur en amour, c’était de monter l’escalier. Alors que le pire pour toi est de l’entendre chaque fois la descendre, j’ai envie de te parler de la porte entre les deux, à fermer avant le coeur, à fermer avant la mort de l’âme.
Je sais ma grande, y’a si longtemps que t’as vu la mer, puis il y a les bateaux qui peuvent aller dessus, pour changer. Je sais ce serait bien d’être placée sur plus gros que ta peau pour flotter sur tout ça, on est jamais si bien que sur une grosse planche au charbon. Sinon, quand je vais mal, et c’est souvent t’inquiète, rassures-toi même pour ces fois où tu fais chier à me supposer une sagesse, sinon quand je vais mal donc, il y a un copain plus grand que moi, il me parle d’aller sur mon bateau de papier, m’arrimer un peu, par là. On y trouve peut-être pas tous les ciels, mais on a la chance de mettre la main sur des ailes pour se planer.
Reste anonyme ici la grande, les silences suffisent. Pour une fois, pars la première, retourne vers toi.

Vous le savez peut-être pas alors je vais pas prendre de chance et vous le dire tout de suite: la famille de l’alcoolique et du toxicomane est aussi malade que celui qu’elle tente ou dit tenter d’aider. Je vais aller plus loin puisque vous semblez pas vous remuer: la famille de l’alcoolique ou du toxicomane participe bien souvent à catalyser le comportement de l’alcoolique ou du toxicomane. Je vais pousser un peu, juste un peu plus loin, en vous disant que la famille de l’alcoolique ou du toxicomane a parfois besoin de la maladie de l’alcoolisme pour garder un semblant d’équilibre. Voilà? Vous êtes encore des nôtres? Alors on va s’amuser un peu.