Filed Under (La vie ensuite) by Exivrogne on 25-08-2008
Elle eut l’amour franc. Elle n’avait même pas tenté d’esquiver leur regard. Son mari assista impuissant à la scène, pénible tellement qu’il ne chercha pas un instant de réconfort complice ou de tristesse dans les yeux de ma conjointe. Sa femme avançait, le bras et l’amour devant, offrant ce qu’elle avait de plus cher à cet autre homme, cet exivrogne qu’on achète peut-être pas sous l’amour, mais pour une poignée de framboises, c’était tous les autrements.
- Faut que je t’aime! qu’elle lui dit, cette femme de l’autre, son ami.
Il fixa le pot contenant le précieux nectar, tous les fruits des autres passions rouges coeurs sonnés, les yeux figés sur les saveurs à en oublier la main qui tend.
- Tu te ramasses un pot de Häagen Dazs vanille, puis tu sais quoi faire.
Elle sut parler à son coeur.
Mots clés Technorati :
choses cochonnes et autres péchés,
bonheur d’occasion,
voir un ami pleurer,
bonheur de mammouth,
délice de patio,
l’amour le vrai,
j’en ai même pas donné une bouchée à épouse,
je pense que je suis mort,
mais c’était aux framboises,
c’est mieux que mourir par balle,
Häagen-Dazs

Dans une seule pause que ton ivresse aurait prise, j’aurais pu te parler. Une toute petite pause, toi seul aurait pu choisir de la donner. Te parler de ce réveil il y a quelques minutes, après une sieste pour calmer ce dos qui veut me lâcher, te dire le goût de la vie que contenaient les deux fraises qui m’ont filé un sourire. Te dire un enfant, pas plus grand que neuf mois, des yeux pour avaler la vie et la danser en me sautillant sur le ventre, mes doigts dans ses poings. Te dire le fils qui est venu se raconter, rien de neuf, sa mère a pas changé, tu le sais, mais te dire le fils, c’est déjà beaucoup non? Te dire le vent, quand tu fermes les yeux, quand des caresses comme des maîtresses, les vraies, celles-là même une choisie qu’on peut mener jusqu’à nos septembres. Te dire des morceaux de vraies vies, dans une pause de ta putain d’ivresse, te dire des morceaux plus grands que ceux que tu te fais ramasser, ivre mort, meurt pas ivre, pauvre con. Con qui un jour va finir par mourir une fois de trop. Con et ami parce que je t’aime.
Filed Under (La vie ensuite) by Exivrogne on 28-05-2008
Je me souviens, c’était en 2004 fils. C’était écrit ceci:
"Papa, je veux que tu arrêtes de boire pour toujours parce que j’ai besoin de te voir"
Bon c’était pas écrire pour toi, à ce drôle d’âge où on dessine les lettres. J’ai plus jamais touché un verre. C’était notre pacte. Je me souviens juste être tombé sur le plancher, les genoux brisés par la douleur de cette toute petite lettre, du papier construction pour démolir ce qui restait d’un ivrogne. J’ai plus jamais touché un verre, je veux plus jamais pleurer des mots semblables.
Ça doit bien faire 10 jours qu’on ne s’est pas appelés. T’imagine, toi et moi, deux mâles cons à jouer à qui va appeler l’autre. On est pas rendus à ton adolescence. Un ivrogne à sec c’est un peu ça mon fils. Ça boit pas mais ça peut faire con. T’imagine à cette crise des 14 ans, quand tu me diras: "Tu te saoulais la gueule quand j’étais enfant!". Alors je te dirai que, orgeuilleux et plein de peine, comme les mâles à chier qui savent pas la dire: "Et toi, t’avais écrit que t’avais besoin de me voir!" C’est peut-être là qu’on découvrira ce qu’on ne sait plus, nous pleurer.
Jours depuis la dernière insomnie: 0
Humeur matinale: On verra bien!
Humeur du jour: Trouver le courage de dire c’est assez!
Niveau de stress: Post-opératoire
Moral: À la liberté!!!!